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Achetons des actions tous en chœur…
8 JANV

Achetons des actions tous en chœur…

8-1-2019
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Rédigé le 8-1-2019 10:01
Publié le 8-1-2019 10:01
Après une fin d’année plutôt en berne, Mister Market a eu droit vendredi à trois cadeaux de Noël tardifs, sans doute tombés du traîneau ou égarés par la poste.

Sommaire

  • Un record de plus
  • Jérôme Powell donne un coup de boost aux marchés boursiers
  • Combien de temps le rally actuel va-t-il durer ?
  • L'impact négatif de la géopolitique entraînera-t-il une récession ?
  • En attendant les paroles de Jerome Powell
Pour commencer, le rapport américain sur l’emploi s’est révélé impressionnant, contrastant avec la longue série de statistiques économiques décevantes qui avait précédé. Ensuite, les Chinois ont manifesté leur volonté d’endiguer le ralentissement économique et de relancer la machine sans tarder. Et ils ont joint d’emblée le geste à la parole en revoyant à la baisse le niveau du "reserve requirement" (la quantité de capital que les banques doivent détenir en contrepartie des prêts qu’elles octroient). Or, un "reserve requirement" inférieur signifie la possibilité d’accorder davantage de prêts.

Jérôme Powell donne un coup de boost aux marchés boursiers

Pris séparément, ces deux événements auraient déjà suffi à faire la une n’importe quel autre jour, mais Jerome Powell n’est pas demeuré en reste : revêtant ses plus belles allures de colombe, il a juré fidélité aux taureaux en indiquant que rien ne pourrait lui faire procéder à de nouveaux relèvements des taux si la situation venait à se détériorer pour l’économie et les bourses.

Sans compter qu’au besoin, rien ne l’empêche d’interrompre l’allègement du bilan toujours colossal des Etats-Unis. Bref, il n’a pas explicitement dit "achetons des actions tous en chœur", mais il s’en est fallu de peu. Et de toute façon, c’est ce que les investisseurs ont fait en masse vendredi.

Un record de plus

Hier, il était donc important d’observer la réaction des marchés après l’allégresse de vendredi et, surtout, après un week-end de réflexion. Et leur réaction à tête reposée était des plus satisfaisantes. Pleins d’entrain, les marchés des actions asiatiques et américains ont repris leur progression. Les petites capitalisations boursières du Russell2000 se sont dans ce contexte montrées particulièrement performantes, signant au total des quatre premières sessions de l’année une hausse de 4,3%, la plus marquée depuis 1988 pour un début d’année.

Mais nous sommes entretemps habitués à ce genre de records, que ce soit à la hausse ou à la baisse. Nous vivons en effet une époque exceptionnelle en termes de volatilité. L’Europe n’a pas eu autant de chance, mais force est de constater que l’euro s’est nettement raffermi par rapport à l’USD, poursuivant le mouvement amorcé dans le sillage des propos de Jerome Powell. Car moins de relèvements des taux, cela signifie un USD plus faible. De quoi offrir une bouffée d’oxygène au reste du monde, et en particulier aux marchés émergents…

Combien de temps le rally actuel va-t-il durer ?

Le plus important est évidemment la suite des événements. Nous assistons en ce moment à un vigoureux rally partant d’une situation résolument survendue, un rally qui pourrait avoir de longues jambes – pour reprendre assez littéralement l’expression anglaise. N’oublions pas, en effet, que le durcissement de la politique monétaire a été l’année dernière – en marge de toutes les incertitudes géopolitiques, mais sans doute bien plus – le coupable par excellence de la pression subie durant toute l’année, et en particulier après l’été, par les marchés des actions.

Si les Américains et les Chinois se mettent à présent à injecter ensemble des liquidités sur les marchés, l’effet sur les bourses pourrait être des plus favorables. Surtout si en plus, les deux protagonistes sont disposés à trouver un terrain d’entente sur le plan économique.

L'impact négatif de la géopolitique entraînera-t-il une récession ?

Car les problèmes géopolitiques, eux, sont loin d’être résolus. Autrement dit, c’est l’impact négatif de l’incertitude géopolitique ambiante qui a obligé Jerome Powell à faire ce geste en faveur des marchés. D’ailleurs, il ne faudrait évidemment pas en oublier le Brexit et le "government shutdown". La grande question reste donc entière : combien de temps tout cela va-t-il durer et quelle sera l’ampleur des retombées sur l’économie ? Et nous dirigeons-nous irrémédiablement vers une récession ?

Le retour de la Federal Reserve dans le camp des taureaux, avec ses plus belles allures de colombe, ne signifie pas que les taureaux soient certains de leur victoire. A ce stade, tout ce dont nous pouvons nous targuer est un rally partant de niveaux nettement survendus. Et nous savons que les journées d’irrésistible ascension comme vendredi sont typiques des marchés baissiers (des 25 dernières progressions journalières les plus marquées, 21 sont survenues dans le contexte d’un marché baissier et les 4 autres durant une période marquée par une correction de 10%).

Tout nouveau marché haussier commence par une vigoureuse envolée partant d’une situation survendue, mais les envolées partant d’une situation survendue ne se soldent pas toutes par un nouveau marché haussier. Le préjudice subi par les graphiques à long terme reste considérable et ils mettront du temps à s’en remettre. La prudence reste donc de mise, en dépit de l’enthousiasme et de la bonne volonté sans doute inépuisable de Monsieur Powell…

En attendant les paroles de Jerome Powell

Dans les prochains jours, nous guetterons les nouvelles sur les 3 grands fronts géopolitiques (le Brexit, les négociations commerciales et le "shutdown" des administrations américaines), sans oublier mercredi la publication du procès-verbal de la dernière réunion de la Federal Reserve et – plus important encore – un discours de Jerome Powell devant une assemblée d’économistes à Washington. Mister Market espère sans doute de toutes ses forces que rien ne vienne affaiblir les propos musclés qu’il a tenus vendredi, car les marchés accuseraient alors un inévitable recul.

Chose promise, chose due. Et nous savons que les taureaux sont insatiables… combien de temps leur faudra-t-il avant de se mettre à exiger des abaissements des taux et un assouplissement quantitatif ? Rappelons pour terminer que nous nous dirigeons lentement mais sûrement vers le début de la nouvelle saison des résultats et – surtout – des prévisions des entreprises.

Chiffres clés du 07/01/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3340,78 0,72% 3,00%
Europe: Stoxx Europe 600 342,88 -0,15% 1,55%
USA: S&P 500 2549,69 0,70% 1,71%
Japon: Nikkei 20038,97 2,44% 0,12%
Chine: Shangai Composite 2533,09 0,72% 1,57%
Hongkong: Hang Seng 25835,70 0,82% -0,04%
Euro/dollar 1,15 0,46% 0,26%
Brent pétrole 58,49 2,78% 10,07%
Or 1288,24 0,41% 0,54%
Taux belge à 10 ans 0,78
Taux allemand à 10 ans 0,22
Taux américain à 10 ans 2,68

Source : Thomson Reuters IBES

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