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Apple met les bourses sous pression
4 JANV

Apple met les bourses sous pression

4-1-2019
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Rédigé le 4-1-2019 10:44
Publié le 4-1-2019 10:44
La crainte de chiffres économiques encore plus décevants règne, mais la question est de savoir dans quelle mesure les mauvaises nouvelles sont déjà dans les cours.

Sommaire

  • L’impact du ralentissement de la croissance chinoise se fait sentir
  • De quel côté doit-on s’attendre à une éventuelle amélioration du sentiment ?
  • Où se situe l’opportunité d’achat ? 

Les marchés-actions ont connu hier une journée difficile après l’avertissement lancé par Apple au sujet du chiffre d’affaires (le premier depuis 2002) et la déception cuisante créée par l’ISM aux Etats-Unis. L’avertissement sur bénéfices de Delta Airlines (encore un transporteur, après Fedex) est venu s’ajouter aux mauvaises nouvelles, de sorte qu’il n’est pas illogique que les investisseurs commencent à sérieusement redouter un ralentissement de l’économie mondiale.

L’impact du ralentissement de la croissance chinoise se fait sentir

L’avertissement d’Apple était d’ailleurs principalement dû à la déception créée par les ventes chinoises, ce qui cadre "bien" avec la faiblesse de l’indice de confiance des directeurs d’achat publié plus tôt cette semaine pour la deuxième plus grande économie au monde. Sans surprise, la dépêche d’Apple a non seulement fait sombrer plusieurs sous-traitants du secteur des puces électroniques, parmi lesquels de nombreux producteurs de semi-conducteurs, mais elle a aussi amené tous les analystes du monde à se demander quelles entreprises pourraient éventuellement encore souffrir d’un ralentissement de la croissance chinoise. Et la liste est longue…

Volatilité importante

Aux Etats-Unis, le repli était de l’ordre de trois pour cent, ce qui soutient notre théorie d’un environnement très volatil dans lequel des fluctuations de 3 à 5% – à la hausse comme à la baisse – sont devenues davantage la règle que l’exception. Il est difficile de déterminer avec précision l’ampleur de l’impact des ventes informatiques et des algorithmes sur cette volatilité accrue, mais nous soupçonnons que ce facteur joue tout de même un rôle non négligeable. Cette nuit, nous avons d’ailleurs assisté également à un effondrement éclair au pays des devises, où l’USD a perdu en quelques minutes 4% par rapport au yen (une valeur refuge traditionnelle). Les chutes abruptes et éphémères de ce type sont malheureusement appelées à se multiplier dans pour ainsi dire toutes les classes d’actifs, de sorte que l’on peut se demander si quelqu’un croit encore dans l’intervalle à la théorie de l'efficience des marchés…

Le marché semble (encore) avoir raison

Nous avons déjà épinglé la divergence marquée entre la réalité économique (toujours positive) et le marché, dont l’image technique est carrément déplorable et qui prévoit un sérieux ralentissement de la croissance et même une récession. Et comme nous le disions, ces deux visions du monde vont à un moment devoir converger progressivement. Malheureusement, l’évolution des dernières semaines nous porte de plus en plus à croire que Mister Market a raison et que le ralentissement s’accentue bel et bien.

Mais dans quelle mesure les mauvaises nouvelles économiques sont-elles déjà prises en compte dans les cours ?

Tout dépendra donc de l’ampleur du ralentissement et de la mesure dans laquelle le marché en tient déjà compte. Cette évaluation est un exercice délicat, mais nous avons le sentiment que le marché table déjà pour les Etats-Unis sur un ralentissement marqué, mais pas encore sur une récession. Dans les pays émergents et en Europe, les valorisations sont encore nettement inférieures, ce qui signifie que les cours y tiennent compte de davantage d’évolutions négatives à venir. Cela dit, nous savons par expérience que si le marché américain s’enfonce, les autres bourses du monde n’échapperont sans doute pas à la tendance.

Et de quel côté doit-on s’attendre à une éventuelle amélioration du sentiment ?

Pour tout de même faire preuve d’un minimum d’optimisme en ce début d’année – ou du moins essayer. Une solution à l’un des trois boulets géopolitiques que Mister Market traîne avec lui (le Brexit, le conflit commercial et le "government shutdown") serait bien sûr la bienvenue. Pour le Brexit, tous les scénarios restent possibles. La première solution à intervenir sera probablement la réouverture des administrations publiques américaines, encore que les Démocrates et les Républicains ne semblent pas vraiment pressés d’œuvrer à un compromis. Or, chaque jour qui passe affecte un peu plus la confiance. 

Il en va de même des conflits commerciaux. Donald Trump s’évertue toujours à promettre sur Twitter le plus grand accord de tous les temps, mais contrairement au premier semestre de l’année dernière, les investisseurs ne se contentent plus de paroles – ils veulent du concret. Et dans ce contexte, il ne faut pas oublier que contrairement à la fin de l’été, les marchés et l’économie des Etats-Unis trahissent désormais bel et bien des signes de faiblesse. Le président américain est donc dans une position moins avantageuse pour négocier, et les Chinois en sont sans doute conscients. 

Nous devrons par ailleurs bien évidemment surveiller les statistiques économiques, et un rapport sur l’emploi encourageant pourrait à cet égard apaiser aujourd’hui la crainte d’un ralentissement de la croissance. Et il ne faudrait pas en oublier les incontournables banques centrales. L’année dernière, les injections de liquidités ont été réduites (surtout par la Fed), ce qui a eu des retombées sur pour ainsi dire toutes les classes d’actifs. Si la situation continue à évoluer comme elle le fait aujourd’hui, la probabilité de nouveaux relèvements des taux s’amenuisera de plus en plus. Voilà qui ne pourrait que redonner du cœur à l’ouvrage aux marchés avides de liquidités.

Où se situe l’opportunité d’achat? A suivre…

Une dépêche qui a failli être totalement éclipsée par toutes les mauvaises nouvelles est celle selon laquelle Bristol Myers aurait l’intention de racheter l’entreprise biotechnologique Celgene. La preuve que nous ne sommes pas les seuls à entrevoir du potentiel à long terme dans la biotechnologie. Cependant, comme pour nombre de secteurs et thèmes prometteurs à long terme, l’image technique reste négative et il faudra encore patienter avant de voir se profiler une meilleure opportunité d’achat. Telle est d’ailleurs la question clé que nous devrons nous poser dans les prochains mois: où se situe cette fameuse opportunité d’achat ?

Chiffres clés du 03/01/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3221,50 -0,05% -0,68%
Europe: Stoxx Europe 600 333,92 -0,97% -1,10%
USA: S&P 500 2447,89 -2,48% -2,35%
Japon: Nikkei 20014,77 0,00% 0,00%
Chine: Shangai Composite 2464,36 -0,04% -1,18%
Hongkong: Hang Seng 25064,36 -0,26% -3,02%
Euro/dollar 1,14 0,33% -0,35%
Brent pétrole 54,88 -1,45% 3,27%
Or 1289,10 0,16% 0,61%
Taux belge à 10 ans 0,71
Taux allemand à 10 ans 0,15
Taux américain à 10 ans 2,55
Source : Thomson Reuters IBES

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