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Divergence entre l'Europe et les Etats-Unis
9 NOV

Divergence entre l'Europe et les Etats-Unis

9-11-2018
Marc Eeckhout – Strategist & Real Estate Analyst
Marc Eeckhout
Marc Eeckhout Strategist & Real Estate Analyst Profil
Rédigé le 9-11-2018 09:58
Publié le 9-11-2018 09:58
A présent que les deux principaux rendez-vous de la semaine ont eu lieu, les marchés financiers guettent des catalyseurs positifs qui leur permettraient d'initier le rallye de fin d'année tant espéré.

Sommaire

  • La Fed fait ce que l'on attendait d'elle
  • Dans de nombreux domaines, le mouvement de rattrapage attendu de l'Europe n'aura pas lieu
  • Que faire si l'environnement des taux d'intérêt bas persiste en Europe ?
Toutefois, après l’abrupte correction d’octobre, nous pouvons déjà nous estimer heureux que les bourses ne se soient pas à nouveau effondrées hier. Les bourses européennes sont parvenues à consolider les gains de la veille, tandis que Wall Street et les marchés asiatiques ont eu moins de chance et ont clôturé la session sur de légères pertes.

La Fed fait ce que l’on attendait d’elle

A l’occasion de la réunion qu’elle organise toutes les six semaines pour délibérer des taux d’intérêt, la banque centrale américaine a décidé de maintenir comme prévu le taux directeur à son niveau actuel de 2-2,25%. Dans la déclaration qui accompagnait la décision, le président de l’institution, Jerome Powell, a laissé entendre qu’il serait presque à coup sûr procédé cette année encore à un quatrième relèvement des taux, suivi de quelques autres en 2019. Le durcissement de la politique monétaire tiendra soigneusement compte de la santé toujours resplendissante de l’économie américaine. En dépit de l’étroitesse du marché de l’emploi, la création de nouveaux postes se poursuit à un rythme soutenu et les dépenses de consommation ont le vent en poupe.

Dans de nombreux domaines, le mouvement de rattrapage attendu de l’Europe n’aura pas lieu

Nombre d’observateurs crient depuis des années à qui veut l’entendre que l’Europe va amorcer un mouvement de rattrapage par rapport aux Etats-Unis. Des arguments qui sont volontiers invoqués pour vanter les actions européennes sont leurs valorisations attrayantes et la croissance mondiale à laquelle elles peuvent se raccrocher. Cet engouement pourrait se renforcer en cas d’issue positive, quelle qu’elle soit, du dossier du budget italien et des négociations sur le Brexit. Un scénario qui n’est certes pas impossible, mais qui n’est pas une évidence pour autant. Rappelons aussi – même si les marchés n’y pensent pas encore – que l’année prochaine sera marquée par les élections européennes.

L’économie devrait pouvoir apporter elle aussi sa contribution à une telle évolution positive, et c’est manifestement là que le bât blesse. La Commission européenne a publié hier ses prévisions économiques au sujet de la zone euro pour cette année, 2019 et 2020. Et il n’y a pas de quoi pavoiser. Tant la croissance économique (qui passera de 2,1% cette année à 1,9% en 2019 et 1,7% en 2020) que l’inflation (actuellement 1,8% pour cette année et l’année prochaine et 1,6% en 2020) sont promises à un nouveau recul dans les années à venir. Nous sommes curieux de l’approche qu’adoptera la Banque centrale européenne. Pour l’instant, elle s’attèle à l’abandon progressif de son programme d’achat d’obligations, et fait en outre miroiter aux marchés la possibilité d’un premier relèvement des taux après l’été de 2019. Reste à voir à combien de relèvements elle pourra encore procéder ensuite. Avec des perspectives aussi timorées en termes de croissance économique et d’inflation, il semble exclu que le taux directeur européen remonte un jour à 4%, de mémoire d’homme son niveau moyen.

Que faire si l’environnement des taux d'intérêt bas persiste en Europe ?

Les investisseurs risquent de devoir encore très longtemps se contenter de taux d’intérêt extrêmement bas sur leurs chers comptes d’épargne et comptes à terme. Il pourrait être intéressant pour eux d’investir une partie des liquidités qu’ils ont amassées dans des sous-classes d’actifs moins connues comme les actions immobilières. La bourse belge leur offre en tout cas un vaste choix parmi toute une série d’entreprises – souvent de taille modeste – actives dans divers segments de ce marché comme la logistique, les bureaux, l’immobilier commercial, les logements pour étudiants et l’immobilier résidentiel. En plus de distribuer au moins 80% de leur bénéfice, la plupart de ces entreprises peuvent se targuer d’investissements judicieux et de bénéfices en hausse, dans une large mesure financés par des capitaux empruntés. Cette dernière caractéristique les rend relativement sensibles aux relèvements des taux, bien que la majeure partie des dettes fassent l’objet de couvertures. Si la faiblesse des taux d’intérêt persiste, elle pourrait soutenir ces actions des sociétés immobilières réglementées.

Chiffres clés du 08/11/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3552,23 -0,27% -10,70%
Europe: Stoxx Europe 600 367,08 0,19% -5,68%
USA: S&P 500 2806,83 -0,25% 4,98%
Japon: Nikkei 22486,92 1,82% -1,22%
Chine: Shangai Composite 2635,63 -0,22% -20,31%
Hongkong: Hang Seng 26227,72 0,31% -12,34%
Euro/dollar 1,14 -0,39% -4,84%
Brent pétrole 71,44 -0,21% 7,25%
Or 1224,24 -0,28% -6,08%
Taux belge à 10 ans 0,86
Taux allemand à 10 ans 0,46
Taux américain à 10 ans 3,23
Source : Thomson Reuters IBES
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