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En quête de lumière
21 DÉC

En quête de lumière

21-12-2018
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Rédigé le 21-12-2018 10:10
Publié le 21-12-2018 10:10
Noël est la fête de la lumière, des illuminations. Or, la lumière a récemment déserté les marchés financiers.

Sommaire

  • Nouveaux problèmes géopolitiques
  • Les marchés américains plongent 
  • Pourquoi l'Europe et les marchés émergents font-ils relativement mieux que les États-Unis ?
  • Ecart persistant entre réalité économique et tableau technique négatif
  • L’or se reprend
L’un après l’autre, les indices mondiaux sombrent dans un marché baissier – c’est ainsi que l’on qualifie un repli de 20% ou plus – et chaque jour, quelques groupes, secteurs ou actions individuelles franchissent à la baisse leurs seuils de résistance. Comme nous l’indiquons depuis tout un temps, l’image technique actuelle est carrément déplorable, et il pourrait difficilement en être autrement vu le recul accusé.

Nouveaux problèmes géopolitiques

De plus, les problèmes géopolitiques se multiplient. A présent que nous nous étions habitués à la saga du Brexit et aux conflits commerciaux, voilà que les forces américaines se retirent soudain de Syrie. C’est là que tout le monde se demande si l’Afghanistan doit s’attendre à subir le même sort. Et la question suivante qui s’impose logiquement à l’esprit est bien sûr de savoir si la volatilité à l’échelle du monde est appelée à augmenter dans des proportions significatives dès lors que l’Amérique n’est plus disposée à jouer les polices internationales. Et, dans l’affirmative, si cela fera baisser la valorisation générale des marchés des actions…

Les marchés américains plongent

D’une manière ou d’une autre, la volatilité géopolitique semble toujours découler d’un tweet de Donald Trump – exception faite du Brexit et du budget italien. Le tweet sur la Syrie en est un, comme nous le disions, mais un autre tweet bien plus important posté vers cinq heures (heure belge) est sans doute celui qui a sérieusement secoué les marchés américains hier. Le président y déclare qu’il n’a pas l’intention de renoncer à la construction du mur à la frontière mexicaine et que s’il le faut, il ne reculera pas devant un "shutdown". 

Force est de constater que les indices américains, après avoir fait preuve d’une grande vigueur jusqu’à la fin de l’été, déplorent en ce moment non seulement des baisses substantielles tant en termes absolus que relatifs, mais sont aussi désormais à la traîne par rapport à l’Europe et surtout aux marchés émergents.

Pourquoi l'Europe et les marchés émergents font-ils relativement mieux que les États-Unis ?

Un constat que l’on peut certes attribuer au ras-le-bol des investisseurs devant la volatilité politique et les tweets qui fusent de toutes parts, mais aussi, à n’en pas douter, à la légère dépréciation de l’USD. A la fin de l’été, lorsque le dollar régnait encore en maître et se délectait à l’avance des nombreux relèvements des taux que l’avenir lui promettait, il privait littéralement l’économie mondiale de son oxygène. Les pays émergents, qui se financent pour une grande part (obligatoirement) en dollars, ont essuyé à l’époque de sérieux revers. 

Mais à l’inverse, l’affaiblissement que le dollar laisse entrevoir à présent allège pour eux la pression, ce qui explique l’amélioration de leur performance relative. Et ce détail n’est pas sans importance. Aussi longtemps que les actifs américains et l’économie des Etats-Unis étaient en pleine forme, Donald Trump n’avait pas vraiment de raison de changer son fusil d’épaule et de se mettre réellement en quête de solutions, par exemple pour le conflit commercial avec la Chine. Mais cette raison vient peut-être de faire son apparition…

Ecart persistant entre réalité économique et tableau technique négatif

Il n’est pas sans importance non plus de faire remarquer que le dollar et les marchés-actions ont pour l’instant une interprétation différente des commentaires de Jerome Powell qui a, mercredi, ramené la prévision pour l’année prochaine de 3 à seulement 2 relèvements des taux d’intérêt. Les marchés-actions ont jugé cette promesse insuffisante vu le recul marqué accusé dans l’intervalle, mais au pays des devises, on se dit que si moins de relèvements des taux sont opérés, le dollar en prendra forcément un coup. Voilà donc une nouvelle brèche qui s’ouvre pour engloutir quelques lois ancestrales du marché. 

Quoi qu’il en soit, la principale fracture reste celle entre la réalité économique – qui reste relativement favorable – et l’image technique négative qui présage d’autres malheurs. Dans l’intervalle, ce pessimisme s’exprime aussi de plus en plus à travers les valorisations des marchés-actions. Le S&P500 affiche ainsi notamment dès à présent un rapport cours-bénéfice prospectif de 14,2, le plus bas en 5 ans. Et comme nous l’avons déjà dit, la réalité économique et le marché devront bien converger à un moment donné. 

A ce titre, la saison des résultats du quatrième trimestre, qui débutera à la mi-janvier, sera d’une importance cruciale. Car si les résultats sont bons, le repli des valorisations commencera à avoir un effet stimulant. Par contre, si les résultats créent la déception, la valorisation prendra d’emblée des allures nettement plus défavorables.

L’or se reprend

Cependant, les bonnes vieilles lois refont surface de temps en temps: ces dernières semaines, le prix de l’or reprend du poil de la bête, tant en USD qu’en euros, ce qui signifie que le métal jaune joue manifestement à nouveau son rôle de valeur refuge. And never forget, there is always a bull market somewhere…

Chiffres clés du 20/12/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3247,47 -2,39% -18,36%
Europe: Stoxx Europe 600 336,58 -1,45% -13,52%
USA: S&P 500 2467,42 -1,58% -7,71%
Japon: Nikkei 20392,58 -2,84% -10,42%
Chine: Shangai Composite 2536,27 -0,52% -23,31%
Hongkong: Hang Seng 25623,53 -0,94% -14,36%
Euro/dollar 1,14 -0,05% -4,93%
Brent pétrole 54,92 -4,65% -17,55%
Or 1258,05 0,17% -3,48%
Taux belge à 10 ans 0,75
Taux allemand à 10 ans 0,23
Taux américain à 10 ans 2,79
Source : Thomson Reuters IBES

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