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L’histoire de deux marchés haussiers épiques
11 JUIN

L’histoire de deux marchés haussiers épiques

11-6-2019
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Rédigé le 11-6-2019 09:05
Publié le 11-6-2019 09:05
Nous venons une nouvelle fois de vivre l’une de ces semaines mouvementées où les événements géopolitiques et les banques centrales monopolisent toute l’attention.

Sommaire

  • Quand les mauvaises nouvelles deviennent positives
  • Deux marchés haussiers…
  • ...avec des signaux contradictoires
  • Le Brexit sous les projecteurs
L’aspect le plus crucial résidait à n’en pas douter dans les commentaires des banques centrales, et avant tout de la Federal Reserve. Jerome Powell a déclaré aux marchés que la Fed était entièrement disposée à submerger le monde d’une nouvelle vague de liquidités si cela s’avérait nécessaire (c’est-à-dire en cas de ralentissement de l’économie et/ou de repli des bourses).

Quand les mauvaises nouvelles deviennent positives

Même son de cloche de l’autre côté de l’Atlantique, où Mario Draghi dispose il est vrai de moins de munitions monétaires mais devrait à l’en croire tout de même encore trouver de quoi nous servir une nouvelle portion de "whatever it takes". Aussi longtemps que les banques centrales ont la possibilité de recourir à l’assouplissement quantitatif en achetant des obligations d’Etat, d’entreprises ou somme toute n’importe quels titres, les taux d’intérêt nuls à court terme ne posent aucun problème. Et dans un tel contexte, les mauvaises nouvelles d’ordre économique comme celles que nous réservait vendredi le rapport américain sur l’emploi revêtent soudain des allures positives. Autant dire que la semaine a été particulièrement faste pour les marchés actions, dont le raisonnement est fort simple : les banques centrales feront bien ce qu’il faut pour soutenir le marché, donc on ne risque rien…

Deux marchés haussiers…

Nous sommes en présence des deux marchés haussiers les plus épiques de l’histoire. Ou du moins, de deux marchés haussiers revêtant des proportions presque mythiques. Le taureau qui galvanise les bourses américaines est présent sur la scène depuis la fin de la crise de 2008-2009 et a décuplé les forces des principaux indices d’actions du monde. Une performance impressionnante, certes, mais qui ne fait que piètre figure en comparaison de celle du taureau qui règne au pays des obligations. Celui-là a pris possession du marché en 1982 et a fait chuter les taux d’intérêt à des niveaux que personne ne jugeait possibles. Difficile de dire dans quelle mesure la baisse des taux a contribué à la hausse des marchés actions, mais cette influence a tout de même dû être considérable. Et somme toute, chacun de ces deux taureaux nous conte une histoire différente.

...avec des signaux contradictoires

Le taureau des obligations, dont les propos sont corroborés par les statistiques économiques et par les signaux provenant du marché du cuivre, nous indique que l’économie ralentit. Mais si l’on se base uniquement sur le marché actions, et en particulier sur l’évolution que l’on pouvait observer la semaine dernière, on pourrait croire que l’économie mondiale tourne à plein régime. Cela dit, il ne faut pas perdre de vue la relation entre les deux : la faiblesse des taux d’intérêt incite en effet les investisseurs à se tourner vers d’autres actifs, dans un monde où détenir des liquidités est de moins en moins une option.

 La prévision la plus plausible serait que l’un des deux taureaux, et peut-être les deux en même temps, vont à un moment donné devoir jeter l’éponge. Mais ces marchés haussiers durent depuis tellement longtemps qu’il est difficile d’évaluer le timing. Si l’économie mondiale reprend, les taux d’intérêt pourraient timidement repartir à la hausse – mais qui oserait encore parier sur ce scénario ? D’autant qu’un tel contexte pourrait aussi profiter aux actions. Mais d’un autre côté, une normalisation trop soudaine et trop vigoureuse des taux d’intérêt pourrait également faire du tort aux marchés actions. De toute façon, l’époque que nous vivons est exceptionnelle, sans parler du contexte géopolitique où l’incertitude est devenue la nouvelle norme. L’été pourrait bien se révéler volatil…

Le Brexit sous les projecteurs

La semaine qui s’ouvre aujourd’hui sera marquée par la publication de plusieurs statistiques économiques cruciales : la production industrielle et les ventes au détail en Chine vendredi, et l’indice des prix à la consommation américain mercredi. Entretemps, nous aurons aussi droit à des commentaires de Mario Draghi, et il sera comme toujours intéressant de voir s’il en dira un peu plus au sujet d’une éventuelle nouvelle vague d’assouplissement. Cela pourra également avoir un effet sur le différentiel EUR/USD, qui stagne depuis un certain temps. Jeudi, enfin, nous aurons peut-être de quoi nous faire une idée plus précise de qui succédera à Theresa May, ce qui attirera inévitablement à nouveau l’attention sur la saga du Brexit. May you live in interesting times…

Chiffres clés du 3/06/2019 au 10/06/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3483,96 0,77% 7,41%
Europe: Stoxx Europe 600 378,27 0,21% 12,03%
USA: S&P500 2886,73 0,47% 15,15%
Japon: Nikkei 21134,42 1,20% 5,59%
Chine: Shangai Composite 2852,13 0,86% 14,36%
Hongkong: Hang Seng 27578,64 2,27% 6,70%
Euro/dollar 1,13 -0,20% -1,02%
Brent pétrole 63,16 0,41% 18,86%
Or 1329,04 -1,25% 3,72%
Taux belge à 10 ans 0,21
Taux allemand à 10 ans -0,26
Taux américain à 10 ans 2,14
Source : Thomson Reuters IBES

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