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La hausse des taux engendre une rotation sectorielle
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10 JANV

La hausse des taux engendre une rotation sectorielle

10-1-2022
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
Patrick Casselman Senior Equity Specialist
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Rédigé le 10-1-2022 10:57
Publié le 10-1-2022 10:57
Bien que la nouvelle année boursière ait commencé fort lors des 2 premiers jours de négociation, les marchés-actions ont clôturé la première semaine de l’année dans le rouge.
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Sommaire

  • Rotation sectorielle
  • Le marché de l’emploi américain tendu
  • Hausse des taux
  • Et cette semaine : Omicron et l’Ukraine

Rotation sectorielle

L’inflation élevée et la Fed aux airs de faucon ont fait grimper les taux obligataires, ce qui a entraîné une correction, concernant en particulier la bourse américaine et les valeurs de croissance. Pour le Stoxx Europe 600 (-0,3%) et le Dow Jones (-0,1%), les pertes sont encore restées limitées, mais le S&P500 a chuté de 1,9% et le Nasdaq même de 4,5%. Les secteurs ont par ailleurs évolué de façon très disparate. Les secteurs de croissance comme la technologie, les médias et les biotechs ont été victimes de prises de bénéfices, à l‘instar des secteurs sensibles aux taux traditionnels comme les entreprises de services publics et l’immobilier.

Mais nous avons en revanche observé une progression importante des actions financières (qui profitent précisément de la hausse des taux) et des secteurs cycliques affichant toujours une faible valorisation tels que l’industrie automobile, l’énergie et les matériaux. Ces deux derniers secteurs ont profité de la nouvelle hausse des prix du pétrole et des matières premières. Il est vrai que l’OPEP+ a décidé de relever sa production par étapes, comme on s’y attendait. Mais il est entretemps apparu que tous les pays de l’OPEP n’étaient pas capables de produire les quotas qui leur ont été attribués en raison de problèmes de production notamment au Nigeria et en Libye.

Nous avons déjà connu plusieurs épisodes de rotation sectorielle de ce type, des actions de croissance vers les actions de valeur, en 2021, mais sur l’ensemble de l’année les valeurs de croissance avaient tout de même enregistré une meilleure performance. Cependant après l’ascension quelque peu exagérée de nombreux géants de la technologie et la perspective d’une hausse des taux, la rotation des actions de croissance vers les actions de valeur en 2022 pourrait bien être prédominante. Les évolutions boursières durant la première semaine d’une nouvelle année ont souvent une valeur quelque peu prédictive pour l’ensemble de l’année.

Le marché de l’emploi américain tendu

Pour le deuxième mois d’affilée, la création d’emplois aux Etats-Unis est restée en-deçà des attentes. En décembre, seuls 199.000 emplois ont été créés au lieu des 400.000 attendus, et venant de 249.000 en novembre. Il semble que l’effet de réouverture s’estompe peu à peu et que la création d’emplois mensuelle retombe au niveau que nous considérions comme une croissance normale et saine avant la pandémie: environ 200.000 emplois par mois. Malgré tout, comme les mois derniers, le taux de chômage a diminué plus que prévu, de 4,2% à 3,9% (et venant de 6,7% voilà un an). Cette chute rapide pour atteindre un taux de chômage historiquement bas indique un resserrement du marché de l’emploi. Dont attestent aussi les salaires, qui ont augmenté de 4,7% en glissement annuel. Cette inflation salariale croissante va renforcer la Fed dans ses projets visant à raidir la politique monétaire.

Hausse des taux

Un des défis que nous avions prédits pour 2022 est déjà à l’ordre du jour: la hausse des taux. Le taux américain à dix ans a en effet progressé d’1,5% à 1,8% la semaine passée et approche ainsi de nouveau le pic intermédiaire de mars de l’an dernier. En Europe aussi, les taux obligataires ont tous progressé. Il semble que le taux allemand à dix ans va prochainement quitter le territoire négatif, où il stagne depuis 3 ans.

Outre la publication d’un indicateur d’inflation à nouveau plus élevé qu’attendu, de 5% pour la zone euro (un record), les marchés ont surtout été effrayés par le rapport de la dernière réunion de la Fed. Il en ressort que les taux pourraient être relevés un peu plus vite que prévu. Il n’est pas à exclure que la Fed procède déjà à un premier relèvement en mars, et qu’il y ait au total 4 relèvements de taux cette année au lieu des 3 actuellement prévus. Il est aussi déjà question d'une diminution du bilan gigantesque de la Fed. Ces 2 dernières années (depuis l’apparition de la pandémie), ce dernier a largement doublé pour atteindre près de 10 billions de dollars. Nous ne nous attendons pas à ce que la banque centrale prenne le contre-pied et se mette désormais à vendre des obligations sur le marché. Mais elle ne remplacera peut-être plus les obligations arrivant à échéance, ce qui engendrera une contraction passive du bilan.

Nous avons déjà trouvé remarquable que les taux obligataires n’aient pas augmenté plus fortement l'an dernier, à la lumière de la hausse de l’inflation, d’une croissance économique convenable et de la perspective que la Fed mette bientôt un terme aux rachats d’obligations. Avec la forte augmentation des taux de la semaine dernière, la tendance pour 2022 est amorcée.

Et cette semaine : Omicron et l’Ukraine

Il s’agira cette semaine de surveiller l’évolution du variant Omicron. Nous attendons un pic du nombre de contaminations dans le monde. Toutefois, comme les hospitalisations sont moindres proportionnellement, nous considérons jusqu’à présent que le secteur des soins pourra supporter cette forte vague sans confinements drastiques.

Cette semaine aura également lieu la concertation diplomatique sur les tensions à propos de l’Ukraine. Une concertation est prévue entre la Russie et les Etats-Unis, entre l’Ukraine et l’OTAN, ainsi qu’entre pays européens dans le giron de l’OSCE. Après la chute de l’Union soviétique et le pacte de Varsovie de 1991, la Russie a vu fondre considérablement sa sphère d'influence en Europe de l’Est. Et Poutine voit clairement d'un très mauvais œil que l’Ukraine (où vivent d’ailleurs 40% de Russes ethniques) tombe aux mains de l’OTAN. Un conflit militaire n’est par conséquent pas totalement à exclure et aurait un impact important sur l’évolution économique et boursière en 2022. Quoi qu’il en soit, le désamorçage d’une querelle entre voisins a plus de chance avec une concertation diplomatique.

Chiffres clés du 03/01/2022 au 07/01/2022

Index Clôture +/- Depuis début 2022
Belgique: Bel-20 4306,37 -0,09% -0,09%
Europe: Stoxx Europe 600 486,25 -0,32% -0,32%
USA: S&P500 4677,03 -1,87% -1,87%
Japon: Nikkei 28478,56 -1,09% -1,09%
Chine: Shangai Composite 3579,54 -1,66% -1,66%
Hongkong: Hang Seng 23493,38 0,41% 0,41%
Euro/dollar 1,13 -0,21% -0,21%
Brent pétrole 82,04 4,64% 4,64%
Or 1791,65 -1,69% -1,69%
Taux belge à 10 ans 0,28
Taux allemand à 10 ans -0,03
Taux américain à 10 ans 1,77
Source : Refinitiv Datastream

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