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La pression à la vente persiste
18 DÉC

La pression à la vente persiste

18-12-2018
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Rédigé le 18-12-2018 10:05
Publié le 18-12-2018 10:05
Le mois et l’année ne sont pas encore terminés, mais une clôture aux environs des niveaux actuels scellerait pour Wall Street le plus mauvais mois de décembre depuis 1931.

Sommaire

  • L'image technique se détériore de jour en jour
  • L’incertitude quant au Brexit persiste
  • Eviter un « shutdown » donnera-t-il de l'oxygène aux marchés ?
  • Le dilemme de Jerome Powell et de la Fed
  • La réalité économique s'adaptera-t-elle aux marchés en 2019 ou vice versa ?
Une date qui fait retentir des signaux d’alarme que nous préférerions ne pas entendre. Les investisseurs semblent avoir totalement perdu confiance. Même sans mauvaises nouvelles additionnelles, les bourses du monde entier ont accusé hier un nouveau recul. Le Nasdaq, encore invincible à la fin de l’été, a subi des revers impitoyables et plonge à présent dans le rouge au total de l’année, rejoignant donc tous les autres indices américains. Les plus petites capitalisations du Russell2000 connaissent officiellement un marché baissier et le S&P500 affichait à la clôture son niveau le plus bas en 14 mois.

L’image technique se détériore de jour en jour

Voilà qui détériore de jour en jour le scénario technique à long terme, du moins pour autant que ce soit encore possible. Remédier au préjudice technique subi ne sera pas une mince affaire, d’autant que chaque jour, de nouvelles actions et de nouveaux groupes viennent s’ajouter à la longue liste de graphiques dont l’image technique s’est dégradée. Ces derniers jours, nous voyons même quelques actions et groupes plus défensifs rejoindre ces anges déchus. De plus, la seule bourse encore (nettement) dans le vert, le Brésil (grâce à l’issue des élections jugée favorable par le marché), commence également à laisser entrevoir quelques signes de faiblesse. Quant à la chute du détaillant en ligne Asos, elle apporte une nouvelle preuve que Mister Market a pour l’instant tendance à dégainer d’abord et à ne poser des questions qu’ensuite, sanctionnant impitoyablement la moindre déception en termes de résultats.

L’incertitude quant au Brexit persiste

Mais d’où devrait venir le pouvoir d’achat qui permettrait de finir l’année sur une note un tant soit peu positive ? De ce côté-là, il n’y a pas grand-chose à attendre du Brexit dans les jours à venir. Le leader du Labour, Jeremy Corbyn, guette sa chance de faire tomber Theresa May à travers un vote de méfiance, même si rien ne lui garantit pour l’instant que la fraction des Conservateurs ayant voté contre la première ministre dans leur cuisine "interne" feront de même si cela induit de se joindre au Labour. Même compte tenu de leur mécontentement, peut-être s’agit-il là d’un pas qu’ils ne sont pas disposés à franchir. Dans l’intervalle, Theresa May a indiqué qu’elle n’était pas disposée à retenir l’option d’un nouveau référendum. Elle poursuit obstinément ses efforts pour faire ratifier son accord, mais ne parvient jusqu’ici pas à réunir le soutien nécessaire. Il y a de grandes chances désormais que le problème soit reporté à l’année prochaine, autrement dit que l’incertitude nous poursuive encore pendant les fêtes et au-delà.

Eviter un « shutdown » donnera-t-il de l’oxygène aux marchés ?

Reste à espérer un accord commercial de la part des Etats-Unis, me direz-vous. Mais il serait sans doute illusoire, pour l’heure, d’espérer davantage que quelques tweets annonçant le plus fantastique accord de tous les temps. Nous pensons toutefois encore être en droit d’espérer que l’on parviendra à éviter un "shutdown" de l’Etat dû au désaccord au sujet de la construction du mur à la frontière avec le Mexique (autrement dit, à l’impossibilité de trouver un accord quant à l’augmentation du plafond de la dette des Etats-Unis). Faute de mieux, Mister Market pourrait en effet y voir une bonne nouvelle.

Le dilemme de Jerome Powell et de la Fed

Et puis, il nous reste les incontournables banques centrales. Mercredi, nous saurons si la Fed relèvera bel et bien le taux directeur de 25 points de base comme le prévoit le consensus. Et – plus important encore – nous découvrirons les commentaires de Jerome Powell. En jouant les colombes et en laissant entendre que les relèvements des taux touchent à leur fin, il pourrait redonner du courage aux taureaux. Donald Trump a pour sa part rappelé hier qu’il serait à son avis insensé de relever les taux vu la faiblesse actuelle de l’inflation et la vigueur du dollar. Mais pour le président de la Fed, qui tient bien évidemment à son indépendance, se rallier à la volonté du président des Etats-Unis n’est peut-être pas la meilleure option dans le contexte actuel. Pourtant, le marché a besoin de liquidités pour vivre, et à ce titre, une éventuelle promesse et l’actuelle situation résolument survendue offrent sans doute aux taureaux les meilleures chances de se refaire une santé avant d’affronter Janus…

La réalité économique s’adaptera-t-elle aux marchés en 2019 ou vice versa ?

Pour l’année prochaine, l’enjeu consistera toujours à voir si la réalité économique s’adaptera au marché (ce qui n’augurerait rien de bon vu sa prestation médiocre et la rupture des tendances), ou si les statistiques économiques et les résultats des entreprises parviendront au contraire à se maintenir et obligeront le marché à s’adapter en repartant à la hausse. Autant dire que les défis ne nous seront pas épargnés en 2019 non plus…

Chiffres clés du 17/12/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3331,26 -1,57% -16,26%
Europe: Stoxx Europe 600 343,26 -1,14% -11,80%
USA: S&P 500 2545,94 -2,08% -4,78%
Japon: Nikkei 21506,88 0,62% -5,53%
Chine: Shangai Composite 2597,97 0,16% -21,44%
Hongkong: Hang Seng 26087,98 -0,03% -12,81%
Euro/dollar 1,13 0,35% -5,59%
Brent pétrole 59,68 -0,98% -10,40%
Or 1242,59 0,31% -4,67%
Taux belge à 10 ans 0,76
Taux allemand à 10 ans 0,26
Taux américain à 10 ans 2,86

Source : Thomson Reuters IBES

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