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La réaction initiale de Mister Market
8 NOV

La réaction initiale de Mister Market

8-11-2018
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Philippe Gijsels
Philippe Gijsels Chief Strategy Officer Profil
Rédigé le 8-11-2018 09:59
Publié le 8-11-2018 09:59
Mister Market n'a pas marqué d'hésitation après les résultats des élections américaines et était avide de reprendre ses emplettes, Amérique en tête.

Sommaire

  • Qui cherche trouve
  • Rally de fin d’année en vue ?
  • La boule de cristal des marchés
Hier, nous nous demandions comment Mister Market réagirait à l’issue des élections américaines, qui était celle attendue (le Sénat pour les Républicains et la Chambre des représentants pour les Démocrates). En l’absence de surprises, tout était possible. Et jusqu’ici, force est d’admettre qu’il choisit de voir le verre à moitié plein, avec en prime, à en juger par la progression tout de même assez spectaculaire du marché américain, un zeste d’optimisme. Les marchés-actions européens, qui avaient déjà relativement bien commencé la session, ont encore laissé entrevoir une accélération en voyant les indices américains grimper allègrement. Ce sont cependant ces derniers qui ont engrangé les gains journaliers les plus importants, de 2% ou plus, partout.

Qui cherche trouve

Or, toute évolution, à la hausse ou à la baisse, peut s’expliquer d’une manière ou d’une autre. Les marchés sont soulagés que les Démocrates, majoritaires dans seulement une des deux chambres, ne soient pas en mesure d’annuler les réductions d’impôts de Donald Trump. Mais ils sont soulagés aussi que Donald Trump, précisément parce qu’il a perdu le contrôle de la Chambre, ne puisse pas introduire de nouvelles réductions d’impôts qui feraient augmenter la dette et donc progresser les taux d’intérêt. Autrement dit, le statu quo qui s’installe du fait du résultat des élections intermédiaires tombe très bien.

Les actions du secteur pharmaceutique ont profité de la perspective que Donald Trump éprouvera désormais plus de difficultés à sabrer dans les prix des médicaments, et par la même occasion dans les bénéfices des géants pharmaceutiques.

Toutes ces explications se valent, mais somme toute, Mister Market aurait parfaitement pu réagir différemment, auquel cas nous aurions écrit que les investisseurs s’inquiétaient du "gridlock" qu’ils viennent au contraire d’accueillir à bras ouverts.

En réalité, le marché voulait décoller de ses niveaux résolument survendus, et l’issue des élections intermédiaires lui en a donné une bonne raison. D’ailleurs, les marchés ont de la mémoire. Depuis 1950, le marché-actions américain a grimpé d’en moyenne 10,7% dans le sillage d’élections intermédiaires, indépendamment du vainqueur, entre son plancher d’octobre et la fin de l’année. Cela a été le cas également les deux dernières fois, en 2010 et en 2014. Les investisseurs qui croient au scénario d’un rally de fin d’année ont donc d’ores et déjà l’histoire des marchés de leur côté, ce qui n’est pas rien.

Rally de fin d’année en vue ?

En marge des effets saisonniers favorables (en particulier après des élections intermédiaires) et de la situation survendue du marché après le mois d’octobre déplorable, d’autres catalyseurs pourraient engendrer un rebond. Les entreprises américaines, en particulier, rachètent joyeusement des actions propres, ce qui pourrait contribuer à soutenir les cours (traditionnellement, il n’y a pas de rachats d’actions propres pendant la saison des résultats).

Et puis, il y a les facteurs géopolitiques. L’affaire du budget italien reste un dossier délicat, mais on ne saurait exclure l’éventualité que l’un ou l’autre compromis soit trouvé. Idem pour le Brexit et le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis. Là aussi, un accord sur un ou plusieurs points épineux pourrait tomber du ciel à l’approche de Noël, et il n’en faudrait pas davantage aux taureaux pour pousser un nouveau sprint.

La boule de cristal des marchés

A un peu plus long terme – et nous pensons surtout à 2019 –, la grande question reste cependant de savoir à quel moment l’économie américaine sombrera dans une récession. En 2019, la base de comparaison des résultats deviendra en effet nettement plus difficile puisque nous nous référerons à l’année record qu’a été 2018. Sans compter que la Fed pourrait encore relever les taux d’intérêt… Un contexte pour le moins difficile pour les marchés, ce qui ne veut évidemment pas dire qu’une poursuite de la hausse soit exclue.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : l’image technique à long terme ne se présente pas trop bien pour la plupart des marchés-actions du monde. La faiblesse d’octobre a considérablement aggravé les choses, même pour le marché le plus vigoureux – celui des Etats-Unis. Il faudra du temps pour rétablir la situation, et ce ne sera pas évident.

A plus long terme, le principe reste le même : soit les fondamentaux (les bénéfices des entreprises et les statistiques économiques) demeurent positifs, auquel cas le marché haussier devrait se poursuivre, soit les marchés-actions chutent, mais alors les fondamentaux sous-jacents devront eux aussi commencer à se détériorer sérieusement. A un moment donné, les deux éléments (les fondamentaux et l’évolution des marchés) qui en ce moment suivent chacun leur propre voie devront bien converger. D’ailleurs, il faut plus qu’une réaction initiale pour vraiment lire dans l’âme de Mister Market et deviner ses intentions...

Chiffres clés du 07/11/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3561,87 1,82% -10,46%
Europe: Stoxx Europe 600 366,39 1,06% -5,86%
USA: S&P 500 2813,89 2,12% 5,25%
Japon: Nikkei 22085,80 -0,28% -2,98%
Chine: Shangai Composite 2641,34 -0,68% -20,13%
Hongkong: Hang Seng 26147,69 0,10% -12,61%
Euro/dollar 1,15 0,47% -4,47%
Brent pétrole 71,59 -0,14% 7,48%
Or 1227,65 -0,02% -5,82%
Taux belge à 10 ans 0,84
Taux allemand à 10 ans 0,45
Taux américain à 10 ans 3,21
Source : Thomson Reuters IBES
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