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La saga du Brexit se poursuit
15 NOV

La saga du Brexit se poursuit

15-11-2018
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Philippe Gijsels
Philippe Gijsels Chief Strategy Officer Profil
Rédigé le 15-11-2018 10:32
Publié le 15-11-2018 10:32
Hier, le gouvernement britannique a soutenu l'accord sur le Brexit. Et maintenant ?

Sommaire

  • Un pas important, mais le plus difficile reste encore à venir
  • L'accord sur le Brexit ne rend pas les marchés euphoriques
  • Le prix du pétrole à nouveau à la hausse
Après de très longues négociations, un accord a enfin été couché sur papier : un document de pas moins de 500 pages auquel tant l’Europe que le Royaume-Uni devraient pouvoir se rallier, même si ce n’est pas de gaieté de cœur. Autrement dit, c’est à présent au tour des négociateurs des deux camps de convaincre leur élite politique qu’il s’agit là d’un compromis équitable, et peut-être même du seul moyen d’aller de l’avant. Pour l’Europe, cela ne devrait en principe pas poser problème. Les sentiments outre-Manche sont par contre plus mitigés.

Un pas important, mais le plus difficile reste encore à venir

Theresa May a en tout cas eu besoin de nombreuses heures, hier, pour convaincre son gouvernement de soutenir l’accord. Un soutien qui, si l’on en croit les récits qui nous sont parvenus de cette après-midi d’ores et déjà historique, n’était ni unanime ni dénué de réserves, et qui a fait couler beaucoup de larmes. Et tant mieux, d’un côté, car qui dit larmes, dit passion. Et il est toujours possible de trouver un bon accord avec des protagonistes animés de passion. Au risque que l’émotion prenne le pas sur la raison, et en l’occurrence que quelques membres du gouvernement présentent encore leur démission, ce qui ne ferait que compliquer les choses…
Car soyons clairs : un pas a bel et bien été franchi. Mais le plus difficile – faire ratifier l’accord par le parlement britannique – reste à venir.

Madame May a besoin pour ce faire de 320 voix. Autrement dit, même si elle parvient à convaincre tous les membres de son parti conservateur, y compris les plus radicaux – ce qui est loin d’être une certitude –, il lui en manquera toujours 5. Toute la question est donc de savoir si elle parviendra à recueillir ces voix manquantes auprès des autres partis. Il y a de grandes chances que nous nous retrouvions dans une situation où chaque parlementaire, indépendamment de son appartenance politique, devra laisser parler sa propre conviction et voter pour ou contre l’accord. Bref : l’issue est toujours très incertaine.

L’accord sur le Brexit ne rend pas les marchés euphoriques

Et c’est aussi ce que nous montre la réaction du marché. Dans un premier temps, l’annonce de ‘l’accord’ a fait grimper les marchés-actions et la livre sterling. Mais lorsqu'il est devenu clair pour Mister Market que l'entreprise n'avait gagné qu'une bataille et pas encore la guerre, ces gains ont fondu comme neige au soleil.

Aux Etats-Unis également, les marchés-actions ont battu en retraite après la remise en question, par une poignée de Démocrates influents, du nouvel accord commercial conclu avec le Canada et le Mexique. A cela s’ajoutent encore les tensions entre les Etats-Unis et la Chine, sans oublier celles qui opposent l’Italie et la Commission européenne.

Pour permettre au rally de fin d’année de s’amorcer, il faudra des solutions dans ces dossiers épineux – ou du moins des tentatives en ce sens. Les hauts faits d’hier, si héroïques et dramatiques qu’ils aient été, n’ont donc pas suffi. Theresa n’est pas encore au bout de sa quête…

Le prix du pétrole à nouveau à la hausse

Pour terminer sur une note positive, nous vous parlerons du prix du pétrole, qui est reparti à la hausse hier pour la première fois en pas moins de 13 sessions. Malheureusement, même avec la meilleure volonté du monde, on ne saurait y voir davantage qu’une timide remontée partant d’une situation résolument survendue. De plus, nous ne sommes pas encore parvenus à déterminer avec certitude si le recul des dernières semaines est à attribuer à des effets purement techniques, à une augmentation de l’offre ou à un repli de la demande (lequel pourrait le cas échéant être révélateur d’un ralentissement de l’économie mondiale), ou encore à une combinaison des trois.

Autrement dit, notre quête en tant qu’analystes – faire la lumière sur ce qui anime l’environnement complexe de l’économie et des marchés – n’est pas encore près d’aboutir non plus…

Chiffres clés du 14/11/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3538,83 -0,28% -11,04%
Europe: Stoxx Europe 600 362,27 -0,60% -6,91%
USA: S&P 500 2701,58 -0,76% 1,05%
Japon: Nikkei 21846,48 0,16% -4,03%
Chine: Shangai Composite 2632,24 -0,85% -20,41%
Hongkong: Hang Seng 25654,43 -0,54% -14,25%
Euro/dollar 1,13 0,24% -5,83%
Brent pétrole 66,53 -0,52% -0,12%
Or 1201,80 -0,20% -7,80%
Taux belge à 10 ans 0,84
Taux allemand à 10 ans 0,40
Taux américain à 10 ans 3,12
Source : Thomson Reuters IBES
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Philippe Gijsels Chief Strategy Officer