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Le Brexit fait des victimes
16 NOV

Le Brexit fait des victimes

16-11-2018
Marc Eeckhout – Strategist & Real Estate Analyst
Marc Eeckhout
Marc Eeckhout Strategist & Real Estate Analyst Profil
Rédigé le 16-11-2018 09:37
Publié le 16-11-2018 09:37
Les bourses européennes ont vécu hier au rythme des péripéties du Brexit à Londres, accusant en fin de journée des pertes oscillant entre 0,4% et 1%.

Sommaire

  • La chance a vite tourné…
  • Une bonne discussion peut parfois faire des miracles
Les plus lourds revers ont été essuyés par les actions exposées à l’économie britannique. Anxieux, les investisseurs se sont rabattus sur les emprunts d’Etat des pays centraux et l’or. L’atmosphère était par contre plus détendue à Wall Street, où des rumeurs au sujet d’un potentiel rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine dans la perspective du prochain sommet du G20 ont permis aux indices d’actions américains de repartir à la hausse pour la première fois en 6 jours.

Les marchés asiatiques n’ont pas fait preuve du même enthousiasme et ont connu une clôture en berne. En Europe, le regain des tensions au sujet du budget italien et du Brexit a en peu de temps fait chuter l’euro de 1,15 à 1,13 par rapport au dollar. Le prix du pétrole a augmenté en prévision que l’OPEP réduise sa production et que les réserves pétrolières aient diminué.

La chance a vite tourné…

La première ministre britannique Theresa May était encore assez confiante mercredi soir, surtout après l’approbation par son gouvernement – il est vrai au terme d’un débat plutôt houleux – de la proposition avancée par l’Europe et la Grande-Bretagne pour le Brexit. Le préaccord, qui prévoit une organisation transitoire du marché intérieur jusqu’à la fin 2020, devrait revêtir la forme d’un accord officiel d’ici le 25 novembre.

Hier, cependant, la situation a soudain pris une tournure tout à fait différente. Le négociateur britannique du Brexit, Dominic Raab, a claqué la porte, 5 ministres ont présenté leur démission et Theresa May elle-même risque de faire l’objet d’une motion de méfiance. En cause, l’indignation au sujet du préaccord, inacceptable aux yeux de nombre de parties prenantes.

Un coup dur pour Theresa May, qui s’est néanmoins montrée inflexible hier. Son objectif est de faire approuver "son accord" par tous les moyens, même si la probabilité que le parlement britannique donne son feu vert est vraiment minime. La suite des événements est difficile à prévoir. Presque toutes les pistes sont ouvertes : un accord in extremis, un scénario "no deal", un nouveau référendum, la démission de Theresa May, voire celle de tout le gouvernement suivie de l’organisation de nouvelles élections. La date butoir du 29 mars 2019, qui approche à grands pas, ne fait qu’ajouter du piment…

La confiance des marchés financiers en l’aboutissement des négociations sur le Brexit en a pris un sérieux coup. Les actions britanniques exposées à l’économie intérieure du pays et la livre sterling se sont effondrées hier. En début de semaine, on avait déjà appris que la pondération des actions britanniques dans les fonds mondiaux affichait son niveau le plus bas en 20 ans. L’indice britannique FTSE 100, dont la plupart des entreprises réalisent leur chiffre d’affaires en dehors de la Grande-Bretagne, est par contre resté stable.

Une bonne discussion peut parfois faire des miracles

Tant les Etats-Unis que la Chine semblent décidés à adopter une attitude constructive dans leurs relations mutuelles lors du sommet du G20 qui se tiendra le 30 novembre. Les négociateurs des deux parties préparent le terrain depuis un certain temps, et le président Trump aurait eu au début du mois un entretien téléphonique prometteur avec son homologue chinois, le président Xi.

Le fossé qui sépare les deux grandes puissances est encore trop profond pour espérer une solution au conflit commercial, mais on peut néanmoins voir dans ces efforts l’amorce d’un rapprochement. Un élément crucial pour le conflit qui oppose actuellement les deux pays est l’intention des Etats-Unis d’introduire à partir de janvier 2019 des taxes à l’importation plus élevées (de 10% à 25%) sur des biens en provenance de Chine, à concurrence de plus de 200 milliards USD. Dans un tel cas de figure, les représailles de la Chine ne se feraient pas attendre et pourraient à leur tour provoquer de nouvelles mesures des Etats-Unis, cette fois pour un montant de 267 milliards USD.

Il semblerait toutefois que les deux parties commencent à réaliser que leur comportement belliqueux ne fait pas vraiment avancer les choses et qu’il vaudrait mieux entamer un dialogue entre adultes. A présent que les élections intermédiaires ne constituent plus un enjeu, le président Trump pourrait se permettre de se montrer moins intransigeant. L’annonce d’un report des mesures envisagées pourrait être un bon début…

Chiffres clés du 15/11/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3526,18 -0,36% -11,36%
Europe: Stoxx Europe 600 358,43 -1,06% -7,90%
USA: S&P 500 2730,20 1,06% 2,12%
Japon: Nikkei 21803,62 -0,20% -4,22%
Chine: Shangai Composite 2668,17 1,37% -19,32%
Hongkong: Hang Seng 26103,34 1,75% -12,75%
Euro/dollar 1,13 0,10% -5,74%
Brent pétrole 67,16 0,95% 0,83%
Or 1213,32 0,96% -6,92%
Taux belge à 10 ans 0,80
Taux allemand à 10 ans 0,36
Taux américain à 10 ans 3,12
Source : Thomson Reuters IBES
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