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Le rally de fin d'année est-il amorcé?
5 NOV

Le rally de fin d'année est-il amorcé?

5-11-2018
Marc Eeckhout – Strategist & Real Estate Analyst
Marc Eeckhout
Marc Eeckhout Strategist & Real Estate Analyst Profil
Rédigé le 5-11-2018 10:13
Publié le 5-11-2018 10:13
Il serait dangereux de répondre sans réserve par l'affirmative à cette question. Mais avec des gains de 2 à 5% les marchés-actions ont signés la semaine dernière de belles performances.

Sommaire

  • Des paramètres économiques mitigés
  • Elections intermédiaires américaines
  • Pas de nouveau relèvement des taux aux Etats-Unis
Les marchés-actions ont ainsi refermé un mois d’octobre des plus déplorables et marqué un début prometteur pour le mois de novembre. Le rebond des actions est pour une part dû à leur situation jusqu’alors survendue, ainsi qu’à un tweet dans lequel le président américain faisait part de son intention de conclure un accord commercial avec la Chine. Nous savons cependant tous que Donald Trump peut rapidement changer de ton dans ses tweets et imprimer ainsi une direction soudain tout à fait différente aux marchés financiers. Un tel revirement a d’ailleurs déjà été observé en Asie cette nuit. Quant aux taux d’intérêt, ils ont légèrement progressé la semaine dernière sous l’effet notamment de la vigueur du marché de l’emploi américain. Le rapport entre l’euro et le dollar est resté stable, l’or a perdu un peu de terrain et le pétrole a essuyé de nouvelles pertes.

Des paramètres économiques mitigés

La semaine dernière nous a donné une nouvelle occasion de constater l’écart de performance entre l’économie américaine et le reste du monde. Alors que la croissance économique rapportée dans la zone euro pour le troisième trimestre a créé la déception, au même titre que les PMI chinois, les statistiques du marché de l’emploi américain étaient cette fois encore révélatrices du régime toujours soutenu du moteur économique des Etats-Unis.

Des nouvelles cruciales nous venaient aussi du Brésil, où le leader controversé d’extrême-droite Jair Bolsonaro vient d’accéder à la présidence. Jair Bolsonaro souhaite réformer en profondeur l’économie du pays, un projet qui a suscité ces dernières semaines un grand enthousiasme de la part des marchés financiers.

L’agence de notation S&P a quant à elle fait un geste encourageant en faveur de l’Italie. Contrairement à Moody’s, S&P a laissé la note de solvabilité de l’Italie inchangée à ‘BBB’ et s’est contentée de ramener les perspectives de stables à négatives. Dans les jours et les semaines à venir, nous pouvons à nouveau nous attendre à des discussions acharnées entre l’Europe et le nouveau gouvernement italien au sujet du budget pour 2019 et les années suivantes.

Elections intermédiaires américaines

Le grand jour arrive : demain, le président Donald Trump et sa politique passeront leur premier test électoral digne de ce nom. Le 6 novembre, les Américains se rendent aux urnes pour élire une nouvelle Chambre des Représentants (435 membres) et renouveler un tiers des mandats du Sénat (35 membres sur les 100). 36 Etats organisent en outre un scrutin pour l’élection d’un nouveau gouverneur. Les Républicains détiennent aujourd’hui la majorité tant à la Chambre qu’au Sénat, avec respectivement 240 et 51 élus.

De récents sondages laissent à penser que les Démocrates pourraient parvenir à s’emparer de la Chambre des Représentants, mais pas de la majorité au Sénat. Il est déjà arrivé à plusieurs reprises dans le passé qu’un président en place perde la majorité au sein de l’une des deux assemblées, et l’on sait qu’une telle défaite a pour effet de limiter le pouvoir du président en place dans le domaine de la politique intérieure. Les premiers conflits pourraient déjà se manifester dans le cadre de l’approbation du budget annuel, une procédure qui a déjà à plusieurs reprises débouché sur une fermeture des services publics ("shutdown") et la détermination d’un nouveau plafond de la dette.

On peut aussi s’attendre à une nouvelle montée des tensions au sujet de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections américaines et du rôle joué dans ce contexte par Donald Trump ou son entourage. La politique internationale devrait par contre rester inchangée vu que le président conservera en la matière des pouvoirs étendus. Autrement dit, l’issue des élections intermédiaires n’exercera aucune influence directe sur le conflit commercial.
Ces élections s’annoncent en tout cas différentes pour ce qui est du taux de participation, traditionnellement très bas et probablement élevé demain du fait de la mobilisation des jeunes et des femmes, qui pourrait être un signe du mécontentement qui règne au sein de ces groupes de la population.

Les thèmes les plus évoqués à l’approche des élections intermédiaires étaient la vigueur de l’économie américaine, le lancement d’une deuxième vague de réductions d’impôts qui se soldera à moyen terme par un déficit budgétaire catastrophique, la poursuite du démantèlement de l’assurance soins de santé Obamacare et la stratégie "America First".

Une majorité différente à la Chambre et au Sénat est susceptible de créer davantage de tensions et donc de volatilité sur les marchés financiers. Cependant, le passé nous apprend qu’une telle situation ne s’assortit pas nécessairement de conséquences dramatiques. Des études indiquent que depuis 1990, les actions américaines ont grimpé en moyenne de 14% durant les six mois suivant les élections intermédiaires.

Cette année aussi, les bourses américaines mènent la danse. En dépit d’un mois d’octobre difficile, leurs rendements depuis le début de l’année dépassent de loin ceux des autres régions dominantes. La vigueur de l’économie et la performance impressionnante des entreprises américaines sont les principaux catalyseurs de cette évolution. Il convient néanmoins de surveiller Donald Trump, qui a déjà à plusieurs reprises, depuis le début de son mandat, imprimé l’une ou l’autre direction aux marchés financiers. Et souvent au moyen d’un simple tweet…

Pas de nouveau relèvement des taux aux Etats-Unis

La banque centrale américaine (la Fed) se réunira à nouveau ce jeudi, mais cette fois, il ne faut pas s’attendre à un nouveau relèvement des taux ni à une modification des perspectives économiques. Il est probable que le président Powell voudra préparer les marchés au quatrième relèvement des taux de l’année, qui sera selon les prévisions opéré lors de la réunion de décembre.

De nouvelles perspectives économiques sont également attendues en Europe ce jeudi, tandis que la Chine nous réserve cette semaine toute une série de nouvelles statistiques.

Chiffres clés du 29/10/2018 au 02/11/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3521,93 4,40% -11,46%
Europe: Stoxx Europe 600 364,076 3,33% -6,45%
USA: S&P 500 2723,06 2,42% 1,85%
Japon: Nikkei 22243,66 5,00% -2,29%
Chine: Shangai Composite 2676,48 2,99% -19,07%
Hongkong: Hang Seng 26486,35 7,16% -11,47%
Euro/dollar 1,13785 0,07% -5,24%
Brent pétrole 72,78 -5,54% 9,26%
Or 1231,35 -0,84% -5,53%
Taux belge à 10 ans 0,82
Taux allemand à 10 ans 0,44
Taux américain à 10 ans 3,21
Source : Thomson Reuters IBES
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