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Le stress de Wall Street continue
24 DÉC

Le stress de Wall Street continue

24-12-2018
Xavier Timmermans – Investment Strategist
Rédigé le 24-12-2018 09:55
Publié le 24-12-2018 09:55
Les actions ont connu leur plus mauvais mois de décembre depuis 1931.

Sommaire

  • La peur d'une hausse de taux excessive
  • De nouveaux soucis politiques
  • Le risque d'une prophétie auto-réalisante
  • Assistera-t-on à un retour de la confiance en 2019 après le pessimisme extrême actuel des marchés ?
A la crainte d’une hausse excessive des taux de la Fed s’est ajoutée la menace de Trump de ne pas augmenter le plafond de la dette et de mettre une partie du gouvernement en chômage technique s’il n’obtenait pas le budget pour la construction de son mur à la frontière mexicaine. Vendredi, la volatilité et les volumes de transactions ont été très élevés du fait de l’échéance simultanée des contrats « futures » et des options. Sur la semaine, le S&P 500 a perdu 7,1%, le Stoxx Europe 600  a baissé de 3,0% et le MSCI World All Countries de 1,5%. Les rendements des obligations du Trésor US à 10 ans ont baissé à 2,79%. Le dollar s’est légèrement affaibli sur la semaine.

La peur d’une hausse de taux excessive

Mercredi, la banque centrale américaine a relevé de 0,25% la fourchette des taux des Fed funds, la portant à 2,25%-2,50%. Les opérateurs du marché ont été déçus car ils attendaient un message plus fort quant à une pause, voire la fin de la hausse des taux. La Fed prévoit encore 2 hausses de taux en 2019 au lieu de 3.

Jerome Powell a déclaré que la politique monétaire n’était pas sur un chemin déterminé à l’avance. Mais en parlant de la réduction de la taille du bilan de la Fed, il s’est dit satisfait de son programme de réduction de maximum 50 milliards par mois en disant que celui-ci était sur « pilote automatique ». Cette contradiction a profondément déplu aux marchés. D’un côté, la Fed dit que la hausse ou non des taux dépendra de chiffres économiques mais de l’autre, qu’il n’en est pas de même avec le retrait de liquidité du resserrement quantitatif.
La réaction négative des bourses s’explique par la crainte que la hausse des taux et le retrait de liquidité ne ralentisse l’économie et ne la pousse en récession.

De nouveaux soucis politiques

A la peur d’une erreur de politique monétaire de la Fed, d’un effondrement du commerce international dû aux tarifs douaniers et d’un ralentissement de l’économie mondiale se sont ajoutés de nouveaux soucis politiques : le président Trump refuse de relever le plafond de la dette tant que les démocrates n’acceptent pas de mettre au budget 5 milliards pour son mur à la frontière mexicaine. La conséquence est la fermeture depuis vendredi soir de 9 départements fédéraux et de nombreuses agences gouvernementales. Comme si cela ne suffisait pas, la démission du Secrétaire d’Etat à la Défense fait craindre une politique étrangère encore plus erratique.

Le risque d’une prophétie auto-réalisante

Le message de la Fed est que l’économie américaine reste très vigoureuse et qu’elle peut supporter la hausse des taux. Le problème est que les marchés ne la croient plus.
La réduction de l’écart entre les taux à 10 et 2 ans nous dit que le marché obligataire table sur le ralentissement de l’économie. Le raisonnement est que la Fed serait finalement obligée de baisser à nouveau ses taux courts lors de la récession qui pourrait s’annoncer et qu’il conviendrait dès lors de déjà se positionner sur les obligations à long terme qui devraient profiter de cette baisse.

La violente chute des actions est elle aussi attribuée en partie à cette crainte de récession.
Mais si les chefs d’entreprises et les consommateurs, choqués par la baisse des actions, se mettent à épargner au lieu d’investir et de consommer, une récession devient alors inévitable.

Il est donc impératif que la banque centrale corrige son erreur de communication. Vendredi, les actions américaines avaient commencé à remonter suite à un commentaire dans ce sens d’un des gouverneurs de la Fed. Mais malheureusement, les opérateurs se sont ensuite focalisés sur le risque de fermeture (« shutdown ») du gouvernement, fermeture depuis lors effective.

Assistera-t-on à un retour de la confiance en 2019 après le pessimisme extrême actuel des marchés ?

Il reste 4 séances boursières avant la fin de l’année, dont 2 écourtées. Les marchés seront très peu liquides, ce qui peut exagérer les mouvements, notamment s’il y a encore des ventes forcées.

Seul réconfort, les indicateurs de sentiment sont tombés dans la zone “pessimisme excessif” qui, historiquement, ont été de bons signaux de retournement. Les niveaux techniques de survente des marchés atteignent des niveaux extrêmes qui, dans le passé, ont marqué des points bas ou des départs de rallyes de contre-tendance.

L’histoire boursière nous apprend que les dégringolades boursières qui ne s’accompagnent pas de récession se récupèrent vite. Mais pour cela il faudrait un rapide retour de la confiance pour éviter tout impact sur l’économie réelle. Les résultats de l’année 2018 publiés à partir de mi-janvier devraient remettre les choses en perspectives. Un accord commercial Etats-Unis/Chine avant le nouvel an chinois (le 5 février) pourrait être un catalyseur.

Ce lundi, il sera intéressant de voir si les marchés asiatiques suivent la dernière chute de Wall Street ou s’ils trouvent quelque réconfort dans les mesures annoncées par les autorités chinoises : une baisse significative des taxes et une politique monétaire plus accommodante.

Que tout cela ne vous empêche pas de passer un joyeux Noël !

Chiffres clés du 17/12/2018 au 21/12/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3240,98 -4,23% -18,52%
Europe: Stoxx Europe 600 336,672 -3,04% -13,49%
USA: S&P 500 2416,62 -7,05% -9,61%
Japon: Nikkei 20166,19 -5,65% -11,42%
Chine: Shangai Composite 2516,25 -2,99% -23,92%
Hongkong: Hang Seng 25753,42 -1,31% -13,92%
Euro/dollar 1,14135 1,03% -4,95%
Brent pétrole 54,16 -10,14% -18,69%
Or 1259,93 1,71% -3,34%
Taux belge à 10 ans 0,77
Taux allemand à 10 ans 0,25
Taux américain à 10 ans 2,79
Source : Thomson Reuters IBES

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