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Le temps presse
11 FÉVR

Le temps presse

11-2-2019
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
Rédigé le 11-2-2019 09:38
Publié le 11-2-2019 09:38
Milieu de la semaine dernière, les bourses ont signé leur record annuel, mais la correction qui a suivi a empêché d’aligner une sixième semaine consécutive en hausse.

Sommaire

  • Des actes, pas des paroles
  • Le Brexit et la menace d’un nouveau shutdown
  • Perspectives de croissance revues à la baisse
  • Les dirigeants d’entreprise très prudents pour 2019
  • Profiter de la volatilité
Entre leur record à la baisse de Noël et mercredi dernier, le S&P500 est remonté de +16% et le Stoxx 600 européen de +11%. Les deux indices se sont ainsi rapprochés de leur moyenne à 200 jours, mais sans parvenir à la franchir. Les bourses américaines ont clôturé la semaine à un niveau inchangé et les bourses européennes légèrement dans le rouge.

La révision à la baisse des prévisions de croissance et la fuite vers les valeurs refuges ont fait baisser encore les taux d’intérêt des obligations. Sur les marchés des matières premières, le prix du minerai de fer s’est envolé après que la rupture du barrage minier de Vale a obligé plusieurs mines brésiliennes à suspendre leurs activités. Le prix du cobalt est par contre en chute libre depuis sa progression exagérée de l’an dernier, et ce en dépit de la demande croissante émanant des producteurs de voitures électriques.

Des actes, pas des paroles

La vigoureuse remontée boursière à laquelle nous avons assisté depuis Noël était surtout à attribuer à la volte-face de la Fed et à l’espoir qu’une solution serait trouvée aux problèmes géopolitiques. La Fed a dans l’intervalle confirmé son message de colombe, mais le temps commence à presser pour le conflit commercial et le Brexit.

Les tweets réguliers du président Trump au sujet de l’évolution favorable des négociations avec la Chine ont été suivis d’un silence suspect durant la semaine du Nouvel An chinois. Donald Trump a laissé entendre qu’un accord global ne pourrait être conclu qu’à l’occasion d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping. Cependant, aucune date n’a encore été fixée pour cette rencontre alors qu’il ne reste que 3 semaines d’ici début mars, le moment fatidique où les taxes à l’importation américaines vont être portées de 10% à 25% sur toute une série de produits chinois.

Une prolongation du cessez-le-feu fait en revanche partie des possibilités. Une délégation américaine doit se rendre en Chine cette semaine, reste à voir s’il en résultera des nouvelles plus concrètes. Par ailleurs, rien ne dit qu’un accord avec la Chine mettra un terme aux conflits commerciaux, vu que Donald Trump pourrait alors davantage viser l’Europe. Rappelons en effet qu’il menace toujours d’augmenter sensiblement les droits à l’importation sur les voitures européennes…

Le Brexit et la menace d’un nouveau shutdown

Quant à l’autre sujet politique brûlant qui nous occupe, le Brexit, force est d’admettre qu’aucune solution n’est encore en vue. Theresa May est venue à Bruxelles pour renégocier l’accord, mais sans succès. La semaine qui vient sera décisive puisque le parlement britannique se prononcera les 13 et 14 février sur une série d’alternatives ou une adaptation au "backstop" irlandais.

Le risque d’un Brexit "dur" le 29 mars a d’ores et déjà augmenté. Dans un tel scénario, l’introduction de taxes à l’importation et de contrôles douaniers de part et d’autre entraverait sérieusement les échanges avec l’Europe.

La semaine sera cruciale aux Etats-Unis également, car sans un accord entre le président Trump et les Démocrates au sujet de la sécurité aux frontières et de son financement, un nouveau "government shutdown" risque de paralyser les services publics dès le 15 février.

Perspectives de croissance revues à la baisse

La remontée boursière des dernières semaines contrastait avec les nouvelles pour la plupart peu engageantes publiées sur le front macroéconomique. La Commission européenne a notamment ramené ses perspectives de croissance pour 2019 de 1,9% à 1,3%. En particulier pour l’Italie et l’Allemagne, la Commission ne nourrit plus de grandes attentes à l’égard de la croissance. La faiblesse des indicateurs de confiance (PMI, IFO) et la contraction de la production industrielle en Allemagne pointent également dans cette direction.

Les dirigeants d’entreprise très prudents pour 2019

Aux Etats-Unis, les résultats trimestriels publiés étaient généralement supérieurs aux prévisions. 60% des entreprises ont dépassé les attentes, principalement dans les secteurs de la technologie, des soins de santé et de la consommation. Bien que moins spectaculaire que lors des trimestres précédents (+25% à l’époque, en partie grâce à l’effet fiscal), la croissance bénéficiaire moyenne était toujours méritoire au quatrième trimestre, affichant +13%. Nombre de dirigeants d’entreprise ont néanmoins revu leurs attentes à la baisse pour 2019.

En Europe, la situation est moins brillante. Jusqu’ici, 46% seulement des entreprises ont dépassé les attentes, tandis que 38% ont créé la déception. La croissance bénéficiaire moyenne de +2% rapportée pour le quatrième trimestre est inférieure aux prévisions et fait retomber le taux pour la totalité de 2018 à seulement +5% alors que les analystes tablaient sur +9% il y a un an.

Les résultats supérieurs aux attentes nous venaient surtout des secteurs de l’énergie, de la technologie, du luxe et de l’industrie pharmaceutique, tandis que la plupart des déceptions se situaient dans le secteur financier et l’industrie. Nombre de dirigeants d’entreprise ont revu leurs prévisions de bénéfices à la baisse pour 2019 en raison de la faiblesse de l’industrie automobile et de l’incertitude qui plane sur l’issue des conflits commerciaux et du Brexit.

Compte tenu de ces prévisions prudentes, les analystes ont d’ores et déjà revu substantiellement à la baisse leurs attentes moyennes à l’égard de la croissance bénéficiaire pour 2019, les ramenant de +9% à +7% en dépit de l’influence favorable du repli du différentiel EUR/USD et des prix des matières premières.

Profiter de la volatilité

Après la belle remontée et vu le contexte toujours truffé de défis, il peut être judicieux d’alléger çà et là les positions en actions afin de profiter de nouvelles opportunités d’achat lors de la prochaine correction.

Chiffres clés du 04/02/2019 au 08/02/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3473,73 -0,97% 7,09%
Europe: Stoxx Europe 600 358,068 -0,46% 6,05%
USA: S&P 500 2707,88 0,05% 8,02%
Japon: Nikkei 20333,17 -2,19% 1,59%
Chine: Shangai Composite 2618,23 0,00% 4,99%
Hongkong: Hang Seng 27946,32 0,06% 8,13%
Euro/dollar 1,1328 -1,22% -0,91%
Brent pétrole 61,38 -1,25% 15,51%
Or 1314,26 -0,28% 2,57%
Taux belge à 10 ans 0,69
Taux allemand à 10 ans 0,09
Taux américain à 10 ans 2,63
Source : Thomson Reuters IBES

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