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Les marchés des actions toujours aux prises avec des obstacles
6 DÉC

Les marchés des actions toujours aux prises avec des obstacles

6-12-2018
Marc Eeckhout – Strategist & Real Estate Analyst
Marc Eeckhout
Marc Eeckhout Strategist & Real Estate Analyst Profil
Rédigé le 6-12-2018 11:18
Publié le 6-12-2018 11:18
Toujours aucune trace d’un rally de fin d’année sur les marchés actions: le sursaut de lundi n’a été que de courte durée.

Sommaire

  • L’économie américaine est toujours en pleine croissance, mais…
  • Les résultats contrastés du Livre Beige
  • Fin du cycle économique
  • La balle dans le camp de l’OPEP
Aussi bien mardi que hier, les marchés ont à nouveau plongé dans le rouge. L’indice global des actions européennes a perdu 1,2% sous l’effet des doutes qui planent sur la trêve conclue ce week-end dans le cadre de la guerre commerciale opposant les Etats-Unis et la Chine, sans oublier l’aplanissement de plus en plus marqué de la courbe des taux américaine. Dans le passé, cette dernière évolution a souvent été le signe avant-coureur d’une récession économique. 

On relevait cependant cette fois une exception à la chute des bourses, à savoir l’indice italien FTSE MIB qui a profité d’une dépêche selon laquelle le gouvernement italien semble dans une certaine mesure disposé à ajuster son exercice budgétaire qui lui a valu les foudres de l’Europe. La bourse de Wall Street est restée fermée en mémoire de l’ancien président défunt George H.W. Bush. Dans la perspective de la réunion de l’OPEP, le prix du pétrole a grimpé d’un pour cent et demi, tandis que l’or est resté stable. Cette nuit, les marchés asiatiques ont plongé dans le rouge à la nouvelle de l’arrestation, par les autorités canadiennes à la demande des Etats-Unis, du CFO d’Huawei.

L’économie américaine est toujours en pleine croissance, mais…

Pour ainsi dire tout le monde s’accorde à dire que l’économie américaine connaît cette année un rythme de croissance soutenu. Pour une grande part, elle le doit au plan fiscal du président Trump, mais force est de constater que les effets de ce dernier commencent à s’estomper. Les taxes à l’importation n’arrangent rien et affectent à certains égards l’économie.

Les résultats contrastés du Livre Beige

C’est ce que confirme également le Beige Book qui a été publié hier. Ce rapport, qui paraît 8 fois par an et reflète la conjoncture économique des 12 districts fédéraux, indique une évolution toujours globalement favorable. Toutefois, la croissance est désormais limitée dans certaines régions, et même déjà en déclin dans d’autres. D’autres effets secondaires sont le durcissement de la politique monétaire et la pénurie de main-d’œuvre.

Fin du cycle économique

Il est clair que le cycle économique touche à sa fin, mais il est difficile de prévoir combien de temps cette dernière phase perdurera. L’aplanissement de plus en plus marqué de la courbe des taux ne fait qu’ajouter aux doutes. Dans le passé, une courbe inversée s’est en effet souvent révélée être le signe avant-coureur d’une récession. D’aucuns objectent qu’il pourrait en être autrement cette fois-ci vu que les taux d’intérêt ont été ces dernières années maintenus à un niveau artificiellement bas par la politique monétaire exceptionnellement expansive.

A présent que les Républicains ont perdu leur majorité à la Chambre, un nouveau plan fiscal semble plutôt improbable. On peut toutefois s’attendre à l’une ou l’autre forme d’incitant, par exemple à travers un programme d’infrastructure qui bénéficierait du soutien à la fois des Démocrates et des Républicains. Les deux camps sont tenus de collaborer, au risque pour le parti "récalcitrant" de servir de bouc émissaire lors des élections présidentielles de 2020 dans l’hypothèse où la conjoncture économique en prendrait vraiment un coup d’ici là.

La balle dans le camp de l’OPEP

C’est aujourd’hui que s’ouvrira l’assemblée semestrielle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Cette réunion dure deux jours et est toujours dépeinte comme très importante, mais encore plus dans le contexte actuel vu la récente correction du prix du pétrole. La plupart des observateurs s’attendent à ce que l’OPEP et son partenaire pétrolier qu’est la Russie décident de réduire la production à raison de 1 million, voire 1,3 million de barils par jour. Cette intervention devrait permettre de porter à nouveau le prix du pétrole à un niveau acceptable pour ces parties. 

Le recul accusé dernièrement était le résultat d’un repli de la demande sous l’effet du ralentissement de l’économie mondiale, combiné à une offre excédentaire. Comme dans d’autres dossiers cuisants, le président Trump joue ici aussi un rôle. Ces derniers mois, il avait demandé à l’Arabie Saoudite de maintenir un niveau de production élevé de manière à garder le contrôle de la hausse du prix de l’or noir et à compenser l’effet des sanctions à l’encontre de l’Iran. Une réduction trop énergique de la production ne fera pas plaisir à Donald Trump puisqu’une remontée du prix du pétrole risque d’avoir des retombées sur la consommation américaine jusqu’ici prospère. Nous nous attendons à ce qu’une réduction de la production fasse repartir le prix du pétrole en direction de 70 dollars.

Chiffres clés du 05/12/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3442,56 -1,16% -13,46%
Europe: Stoxx Europe 600 354,27 -1,16% -8,97%
USA: S&P 500 2700,06 0,00% 0,99%
Japon: Nikkei 21919,33 -0,53% -3,71%
Chine: Shangai Composite 2649,81 -0,61% -19,88%
Hongkong: Hang Seng 26819,68 -1,62% -10,36%
Euro/dollar 1,13 -0,09% -5,55%
Brent pétrole 62,45 0,61% -6,25%
Or 1237,77 -0,05% -5,04%
Taux belge à 10 ans 0,75
Taux allemand à 10 ans 0,27
Taux américain à 10 ans 2,92

Source : Thomson Reuters IBES
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