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Les mauvaises nouvelles sont-elles bonnes?
7 OCT

Les mauvaises nouvelles sont-elles bonnes?

7-10-2019
Xavier Timmermans – Investment Strategist
Rédigé le 7-10-2019 09:57
Publié le 7-10-2019 09:57
Après deux jours de fortes baisses, les actions sont remontées en fin de semaine.

Sommaire

  • Confirmation du ralentissement de l’économie
  • Le rapport américain sur l’emploi
  • Réactions des marchés
  • Tensions géopolitiques
  • Nos conclusions
Les baisses de mardi et mercredi ont été provoquées par la détérioration du secteur manufacturier et par de nouvelles tensions géopolitiques. Jeudi et vendredi, les chiffres du secteur des services et ceux de l’emploi américain ont été eux aussi en-deçà des attentes mais, de façon surprenante, les actions se sont redressées au point que le S&P500 a quasi récupéré toutes ses pertes. Sur la semaine le S&P500 a cédé 0,33% tandis que le Stoxx Europe 600 a perdu 2,95%. Les rendements obligataires ont baissé et l’or s’est redressé.

Confirmation du ralentissement de l’économie

L’indice ISM manufacturier de septembre (enquête auprès des directeurs d’achats) est tombé à 47,8, soit moins que 50 qui indique un ralentissement. Les États-Unis n’échappent donc pas au ralentissement mondial de l’industrie. Pour la zone euro, l’indice PMI manufacturier a baissé à 45,7 et en Allemagne à 41,7, c’est-à-dire carrément en zone de récession. Deux jours plus tard, jeudi, l’indice ISM des services a lui aussi baissé plus que prévu, passant de 56,4 à 52,6. Il reste toutefois au-dessus de 50, ce qui indique que la consommation continue de croître mais la décélération est inquiétante.

Le rapport américain sur l’emploi

En septembre, 136 000 emplois ont été créés, en retrait par rapport aux 145 000 qui étaient attendus par les économistes. Mais les chiffres des deux mois précédents ont été revus à la hausse de 45000, ce qui porte la moyenne des 3 derniers mois à 157 000, comparés à 163000 pour les 6 premiers mois de l’année. Les créations d’emplois restent donc fortes même si leur croissance ralentit.
Le taux de chômage a baissé de 3,7% à 3,5% mais la croissance des salaires sur un an a baissé de 3,2% à 2,9%.

Réactions des marchés

Les opérateurs du marché en déduisent que tout cela renforce les arguments en faveur d’une baisse plus importante des taux de la Fed car il n’y a pas d’inflation salariale et les risques de ralentissement généralisé sont sérieux. Les prix des contrats à terme sur taux indiquent que la probabilité d’une baisse des taux en octobre est maintenant de 77% contre 40% il y a une semaine.
Cela explique pourquoi les actions ont rebondi en fin de semaine malgré des chiffres plus faibles que prévu.

Tensions géopolitiques

L’Organisation Mondiale du Commerce a donné au président Trump son feu vert pour imposer jusqu’à 7,5 milliards de dollars de droits de douanes sur l’Union européenne, en représailles aux subsides illégaux reçus par Airbus. L’administration américaine a immédiatement annoncé les nouveaux tarifs douaniers affectant les avions et les spiritueux européens.
Boris Johnson a transmis ce mercredi son plan pour le Brexit à l’Union européenne avec sa solution pour l’Irlande du Nord. La première réaction de l’Union européenne et de l’Irlande en particulier ne semble pas favorable mais les discussions ne sont pas rompues.
Ces deux éléments expliquent la moins bonne performance des actions européennes.

Nos conclusions

Les investisseurs ont raison de s’inquiéter de l’extension du ralentissement de la croissance économique. Est-elle inévitable ? Pas nécessairement. Tout dépendra de la réaction des autorités politiques. Les banques centrales font leur part du travail mais les politiques monétaires à elles seules ne suffiront pas, d’autant que leur efficacité tend à diminuer.
Pour faire remonter la confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs, il en faudrait plus, à commencer par un arrêt ou au moins une pause dans le conflit commercial américano-chinois. Si, à côté des politiques monétaires accommodantes, on a des politiques budgétaires et fiscales plus expansionnistes en Europe, en Chine et aux États-Unis, cela peut faire la différence.

Les prochains jours seront importants, avec les négociations américano-chinoises de haut niveau jeudi et vendredi. En début de semaine, nous aurons les chiffres de la production industrielle en Allemagne et en Chine. Mercredi, nous aurons le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed et jeudi, celui de la BCE. Aux États-Unis, nous aurons les chiffres de l’inflation jeudi et l’indice de la confiance des consommateurs vendredi.

La capacité des bourses à surmonter les mauvaises nouvelles nous pousse à conclure qu’il ne faut pas être trop peu investi en actions, tout en restant prudent étant donné les risques.

Chiffres clés du 30/09/2019 au 04/10/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3610,64 -2,73% 11,31%
Europe: Stoxx Europe 600 380,22 -2,95% 12,61%
USA: S&P500 2952,01 -0,33% 17,76%
Japon: Nikkei 21410,20 -2,14% 6,97%
Chine: Shangai Composite 2905,19 -0,92% 16,49%
Hongkong: Hang Seng 25821,03 -0,52% -0,10%
Euro/dollar 1,10 0,29% -3,95%
Brent pétrole 58,51 -6,20% 10,11%
Or 1507,51 1,05% 17,65%
Taux belge à 10 ans -0,25
Taux allemand à 10 ans -0,59
Taux américain à 10 ans 1,51
Source : Refinitiv Datastream

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Xavier Timmermans Investment Strategist
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