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Les ours se rebiffent
26 NOV

Les ours se rebiffent

26-11-2018
Marc Eeckhout – Strategist & Real Estate Analyst
Marc Eeckhout
Marc Eeckhout Strategist & Real Estate Analyst Profil
Rédigé le 26-11-2018 10:21
Publié le 26-11-2018 10:21
En dépit d’une légère progression des bourses vendredi, la semaine dernière a une nouvelle fois été très douloureuse pour les investisseurs en actions.

Sommaire

  • Rallye de fin d’année ou repli de fin d’année?
  • Entêtement italien
  • La proposition de Brexit approuvée par l’Europe
  • Un sérieux revers pour le prix du pétrole
  • Sommet du G10 en fin de semaine
Pour ainsi dire tous les indices ont fini la semaine profondément dans le rouge. La perte la plus marquée était à déplorer à Wall Street: entre 3 et 4% en à peine trois sessions et demie. Les pays émergents ont une nouvelle fois essuyé des revers, tandis que l’Europe et le Japon sont dans une certaine mesure parvenus à limiter les dégâts. Les taux d’intérêt ont baissé et l’euro a perdu du terrain par rapport au dollar. Le pétrole a été la principale victime et a chuté de plus de 10%.

Rallye de fin d’année ou repli de fin d’année?

La qualité des indices de consommation montre que l’économie américaine reste performante alors que l’Europe, le Japon et les pays émergents rencontrent davantage de difficultés. Wall Street commence à peiner, elle aussi. Après avoir surperformé le reste des bourses au cours des trois premiers trimestres de l’année, certains indices américains sont désormais en proie à une correction. On remarquera surtout à cet égard le repli des valeurs technologiques, d’ordinaire si populaires. La liste des indices et secteurs affichant un rendement négatif depuis le début de l’année ne cesse de s’allonger…

Les moteurs qui ont fait grimper les bourses pendant des années – la politique monétaire accommodante, la croissance économique en plein essor et les résultats impressionnants des entreprises – semblent s’essouffler depuis un certain temps. L’inquiétude au sujet du conflit commercial, la crainte d’un ralentissement de l’économie mondiale, les problèmes européens comme le budget italien et le Brexit et les perspectives bénéficiaires en déclin des entreprises ont pris le dessus. Au lieu de se demander si nous connaîtrons encore un rallye de fin d’année, les investisseurs s’interrogent de plus en plus sur les proportions que pourrait prendre le repli de fin d’année. La résolution de quelques dossiers problématiques, l’annonce d’un durcissement de la politique monétaire par l’une ou l’autre banque centrale ou encore la situation excessivement survendue des bourses pourrait suffire à initier une remontée.

Entêtement italien

En dépit des insistances répétées de la Commission européenne, le gouvernement italien persiste et signe dans son refus d’adapter son projet de budget pour 2019 (qui repose sur un déficit de 2,4%). Rome reste d’avis que les perspectives de croissance avancées par l’Europe sont trop pessimistes. L’entêtement des partis du gouvernement italien leur vaut les faveurs d’une grande part de leur électorat, ce qui pourra leur être très utile lors des élections européennes qui se tiendront en mai 2019. 

Dans l’intervalle, la Commission européenne a activé la première étape de la procédure de sanction (EDP = excessive deficit procedures). Un rapprochement entre Rome et l’Europe ne semble pourtant pas encore tout à fait exclu, les deux parties paraissant même disposées à entamer des négociations. Nous pensons que la situation pourrait dans un premier temps encore se détériorer avant qu’une solution ne soit trouvée, éventuellement sous la pression des taux d’intérêt en hausse.

La proposition de Brexit approuvée par l’Europe

Ce week-end, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 Etats membres européens ont approuvé lors d’un sommet l’accord réglant la séparation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Les inquiétudes de l’Espagne au sujet de Gibraltar n’ont finalement pas mis de bâtons dans les roues. Le plus difficile est cependant encore à venir: la ratification des modalités de la séparation par le parlement britannique. La première ministre May, qui a obtenu à grand peine l’accord de son gouvernement et a survécu à une attaque des partisans d’un Brexit dur, se prépare donc à une nouvelle épreuve.

Lentement mais sûrement, nous nous dirigeons vers une phase décisive. Cela dit, le parlement n’a pas beaucoup le choix: soit il accepte l’accord mis au point par Theresa May, soit il se dirige vers un Brexit sans accord et ouvre ainsi la porte à de nombreux scénarios plus inquiétants les uns que les autres. A n’en pas douter, la fin de l’année nous réserve encore des rebondissements à Londres.
 

Un sérieux revers pour le prix du pétrole

Le prix du baril de pétrole brut s’est déjà montré très volatil cette année. Après le record qui avait succédé à un repli antérieur, il a amorcé depuis lors une douloureuse chute. La semaine écoulée a été désastreuse, se soldant par une perte de plus de 10% qui a fait retomber le prix du pétrole à son niveau le plus bas en plus d’un an: 58$ pour le Brent et 50$ pour le WTI. Un effondrement que l’on attribuera aux réserves américaines de pétrole brut, en hausse pour la neuvième semaine consécutive, à la crainte d’un ralentissement mondial de la croissance qui pourrait freiner la demande de pétrole et à l’Arabie Saoudite qui a accédé à la demande du président Trump et produit désormais davantage de pétrole afin de comprimer le prix. Le prochain événement crucial sera la réunion de l’OPEP qui se tiendra le 6 décembre à Vienne, lors de laquelle les pays producteurs de pétrole feront part de leurs intentions de production pour les mois à venir. Nous ne serions pas étonnés de voir l’OPEP opter pour une réduction de la production et ouvrir ainsi la voie à une remontée du prix du pétrole. La crainte d’une demande sensiblement inférieure en 2019 nous semble dans ce contexte exagérée.

Sommet du G10 en fin de semaine

Un événement crucial cette semaine sera le sommet du G10, qui sera marqué par la rencontre du président américain et du président chinois, et par la discussion qu’ils ne manqueront pas d’avoir au sujet du conflit commercial qui les oppose. Cette rencontre est pour ainsi dire la dernière chance pour les protagonistes d’amorcer un rapprochement dans l’espoir d’une solution ultérieure. Sans cela, il est probable que les Etats-Unis portent en janvier 2019 les taxes à l’importation sur 200 milliards USD de biens chinois de 10% à 25% et aggravent ainsi encore le conflit commercial – ce qui risque de porter un nouveau coup à l’économie mondiale et aux indices de confiance, sans parler de la pression que cela pourrait induire pour les marchés financiers.

Chiffres clés du 19/11/2018 au 23/11/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3441,43 -2,50% -13,49%
Europe: Stoxx Europe 600 353,977 -1,04% -9,05%
USA: S&P 500 2632,56 -3,79% -1,54%
Japon: Nikkei 21646,55 -0,16% -4,91%
Chine: Shangai Composite 2579,48 -3,72% -22,00%
Hongkong: Hang Seng 25927,68 -0,98% -13,34%
Euro/dollar 1,1344 -0,44% -5,53%
Brent pétrole 58,92 -12,31% -11,54%
Or 1223,22 0,19% -6,16%
Taux belge à 10 ans 0,80
Taux allemand à 10 ans 0,34
Taux américain à 10 ans 3,05

Source : Thomson Reuters IBES
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