Menu
Priority Banking
Private Banking
Wealth Management
La banque d'un monde qui change
Logique des marchés
Actualité Suivre Suivre la catégorie
23 FÉVR

Logique des marchés

23-2-2021
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Philippe Gijsels Chief Strategy Officer
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 23-2-2021 10:24
Publié le 23-2-2021 10:24
Hier, les marchés sont restés fidèles à la logique adoptée il y a déjà quelques semaines.
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer

Sommaire

  • La vaccination est lente mais un revirement s’amorce
  • Une nouvelle réalité économique arrive
  • Remontée de l’inflation suite à la hausse des prix des matières premières
  • Taux plus élevés = rotation sectorielle ?
  • Comment gérer cette situation en notre qualité d’investisseurs ?
Heureusement, il apparaît de plus en plus clairement – mais ne crions pas victoire trop vite – que nous parvenons lentement mais sûrement à maîtriser la pandémie.

La vaccination est lente mais un revirement s’amorce

Comme nous l’avons déjà dit, la première phase d’un exercice logistique d’envergure comme celui qui nous occupe déçoit toujours par sa lenteur exaspérante. Mais il vient un moment où le revirement s’amorce. Après un rude apprentissage, l’arrivage des vaccins provenant de plusieurs producteurs s’amplifie, la logistique s’améliore et soudain, le mouvement s’accélère.

Nous avons le sentiment que nous ne sommes plus très loin de ce moment, et à certains endroits, le processus est plus rapide. Au Royaume-Uni, par exemple, la campagne de vaccination progresse bien et l’on commence déjà à envisager des stratégies de sortie pour les mois à venir. Cela signifie qu’en été, ou tout de suite après, le monde devrait se présenter sous de bien meilleurs auspices. Autrement dit, nous nous rapprochons de plus en plus de la lumière qui pointe au bout du tunnel.

Une nouvelle réalité économique arrive

Or, les marchés financiers sont des mécanismes qui anticipent. Dès lors, les prix des différents actifs tiennent de plus en plus compte de cette nouvelle réalité économique à mesure que sa probabilité augmente. Nous sommes toujours partis du principe que la reprise pourrait se révéler très vigoureuse. Des capitaux substantiels se sont accumulés sur la touche, et l’envie de les activer est à l’avenant. Le terme économique désignant ce phénomène est "pent-up demand". A ce stade, et sans vouloir nous engager à une date fixe, nous attendons ce revirement pour le début du troisième trimestre, un troisième trimestre qui pourrait donc se caractériser par une croissance économique particulièrement puissante.

Remontée de l’inflation suite à la hausse des prix des matières premières

Cela signifie aussi que les bénéfices des entreprises pourraient augmenter dans des proportions spectaculaires, mais aussi que l’on peut s’attendre à assister avec un certain retard à une remontée de l’inflation – en raison de l’accélération de la croissance mais aussi du fait de l’envolée des prix de pour ainsi dire toutes les matières premières de la planète. On y verra le résultat de l’augmentation de la demande et, pour une part, de l’anticipation sur ce scénario, mais la pénurie de l’offre constitue peut-être un facteur encore plus influent. Le complexe des matières premières a connu pendant des années une situation de sous-investissement, et à présent que la demande reprend et est appelée à augmenter encore davantage, amplifier l’offre rapidement n’a rien d’une évidence. Autrement dit, les matières premières sont en ce moment surachetées, même si elles sont susceptibles de renfermer encore un potentiel non négligeable.

Taux plus élevés = rotation sectorielle ?

La perspective d’une accélération de la croissance et d’une hausse des prix des matières premières se traduit par une augmentation des prévisions d’inflation et, partant, par une remontée des taux d’intérêt à long terme. Cette progression tout de même relativement marquée du taux à 10 ans – aux Etats-Unis, et dans une moindre mesure en Europe – a un impact énorme sur les autres classes d’actifs. Sur les marchés des actions, il en résulte une certaine pression sur les actifs s’assortissant de ce que l’on appelle une duration longue, autrement dit les actifs à long terme. Il s’agit d’actions dont les bénéfices se situent pour une grande part dans un avenir lointain, comme les valeurs du complexe technologique et les actions des entreprises biotechnologiques.

Hier, le Nasdaq a reculé de 2,5%. Dans la foulée, le S&P500 – qui se compose lui aussi d’une quantité non négligeable de valeurs technologiques – a dû céder du terrain pour la 5e session d’affilée. Le Dow Jones, au sein duquel les actions cycliques (qui profitent de la reprise de la croissance) et les valeurs financières (qui tirent avantage du raidissement de la courbe des taux) sont davantage représentées, est pour sa part parvenu à engranger quelques gains. Les pertes sont restées limitées également pour les indices européens, qui s’assortissent généralement d’une duration plus courte et sont souvent des actions de valeur. Toute cette rotation est soutenue aussi par l’idée que les actions qui se sont montrées très performantes dans le contexte de la pandémie, comme celles des producteurs de jeux vidéo et des entreprises misant sur le segment des activités en ligne – autrement dit, les valeurs technologiques – vont à présent connaître un ralentissement tandis que les entreprises qui ont beaucoup souffert de la crise du coronavirus, comme celles de l’industrie voyagiste, pourraient reprendre du poil de la bête. Sans compter que le premier groupe que nous venons d’évoquer a fait l’objet d’importantes spéculations, qui s’estompent à présent peu à peu…

Comment gérer cette situation en notre qualité d’investisseurs ?

L’évolution que laisse entrevoir le marché est logique et pourrait se poursuivre pendant un certain temps encore. La consolidation/correction est donc susceptible d’aller encore plus loin et de s’assortir d’un glissement des actions de croissance vers les actions de valeur. Jusqu’ici, les capitaux ont surtout tendance à passer d’un groupe à l’autre sans jamais quitter le marché, ce qui est une bonne nouvelle.

D’un autre côté, les taux d’intérêt sont évidemment un élément essentiel également. A quel rythme vont-ils augmenter, et jusqu’où ? Nous partons du principe que les banques centrales feront tout pour empêcher une remontée excessive des taux d’intérêt vu qu’un tel scénario pourrait compromettre la viabilité de l’endettement et éventuellement nuire à la reprise économique naissante. Ces derniers jours, nous avons d’ores et déjà entendu Christine Lagarde, la présidente de la BCE, indiquer que les taux d’intérêt feraient l’objet d’une surveillance rapprochée. Quant à la Fed, sa tolérance a des limites également. Si les discours n’aident pas, des actions suivront, sous la forme d’achats additionnels d’obligations d’Etat dans une tentative d’exercer une pression à la baisse sur les taux d’intérêt.

Nous sommes donc d’avis que nous continuerons pendant tout un temps encore à vivre dans un monde fait de taux d’intérêt réels bas, voire négatifs. Autrement dit, un monde qui fera la part belle aux actifs réels. Dans les jours et les semaines à venir, nous nous attendons à ce que l’incertitude qui plane sur les taux d’intérêt se traduise par un regain de volatilité – mais alors l’un de ceux susceptibles d’offrir des opportunités d’achat. N’oublions pas non plus qu’une normalisation de la situation sous l’effet de la maîtrise de la pandémie, suivie d’une reprise de l’économie mondiale, est somme toute le scénario que tout le monde attendait. Les marchés ont parfois des réactions étranges, mais la logique n’est jamais loin…

Chiffres clés du 22/02/2021

Index Clôture +/- Depuis début 2021
Belgique: Bel-20 3837,49 1,59% 5,97%
Europe: Stoxx Europe 600 414,88 0,53% 3,97%
USA: S&P500 3906,71 -0,19% 4,01%
Japon: Nikkei 30017,92 -0,72% 9,38%
Chine: Shangai Composite 3696,17 0,57% 6,42%
Hongkong: Hang Seng 30644,73 0,16% 12,54%
Euro/dollar 1,21 0,45% -0,89%
Brent pétrole 62,94 -1,64% 21,30%
Or 1785,19 0,40% -5,93%
Taux belge à 10 ans 0,01
Taux allemand à 10 ans -0,31
Taux américain à 10 ans 1,35
Source : Refinitiv Datastream

Cette lecture vous a-t-elle plu?

Retrouvez d’autres articles au travers de nos Newsletters quotidiennes et hebdomadaires

Je m’abonne

Votre expert

Philippe Gijsels Chief Strategy Officer
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Restez au courant des dernières analyses en matière d'investissement

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire