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Répits géopolitiques, divergence économique
9 SEPT

Répits géopolitiques, divergence économique

9-9-2019
Xavier Timmermans – Investment Strategist
Rédigé le 9-9-2019 09:15
Publié le 9-9-2019 09:15
La semaine a été riche en surprises économiques et politiques.

Sommaire

  • Statistiques divergentes
  • Le rythme des créations d’emplois ralenti
  • Géopolitique : trois répits temporaires ?
  • Au programme cette semaine : la BCE
Une faiblesse plus forte qu’attendu du secteur manufacturier américain a été suivie par un fort rebond du secteur des services. Le rapport de l’emploi a été plus faible que prévu. A cela s’ajoute la saga du Brexit qui a connu des rebondissements dignes des drames Shakespeariens. Sur la semaine, le Stoxx Europe 600 a gagné 2% et le S&P500 1,8%. Les rendements des obligations du Trésor US à 10 ans sont remontés à 1,56%.

Statistiques divergentes

Le secteur manufacturier continue de souffrir de la guerre commerciale tandis que la consommation et les services en général se portent bien. L’inquiétude quant à une récession s’est accentuée en début de semaine à l’annonce d’une baisse de l’indice ISM manufacturier plus forte que prévue à 49,1 soit en-dessous du niveau de 50 qui marque la séparation entre croissance et contraction. Mais Jeudi, l’ISM non-manufacturier est remonté de 53,7 en juillet à 56,4 en août. Un grand soulagement du côté croissance provoquant un fort recul des obligations qui étaient positionnées pour des chiffres beaucoup plus mauvais.

Rappelons qu’en 2018 le secteur non-manufacturier ne représentait que 11% du PIB américain et 8% de la force de travail. Le secteur des services étant proche de 70%. Il y a clairement une divergence entre les deux, en d’autres mots pas (encore) de contagion du ralentissement de l’industrie et pas de risque de récession imminente.

Le rythme des créations d’emplois ralenti

Vendredi, l’enthousiasme de la veille a été refroidi par un rapport de l’emploi en-dessous des attentes. 130 000 emplois ont été créés en août contre 159 000 en juillet. Les deux mois précédents ont été révisés à la baisse. Avec un taux de chômage à 3,7%, le marché du travail américain se montre résilient mais n’est pas immunisé contre la détérioration du climat des affaires. Le ralentissement des créations d’emploi est assez généralisé dans tous les secteurs.
Sur un an, les salaires ont progressé de 3,2%. Cela reste bon pour la consommation et rassurant pour l’inflation car cette progression ne s’accélère pas depuis des mois.

Géopolitique : trois répits temporaires ?

La bonne tenue des actions cette semaine s’explique aussi par une accalmie quant aux inquiétudes géopolitiques : en Italie on assiste à la formation d’un nouveau gouvernement moins anti-européen que le précédent, en Grande Bretagne après les multiples revers de Boris Johnson, on s’oriente vers un nouveau report du Brexit en janvier avec ou sans élections, et américains et chinois ont annoncé une reprise des négociations à hauts niveaux en octobre.

Malheureusement, il ne s’agit au mieux que de répits temporaires. La nouvelle coalition au pouvoir en Italie semble extrêmement fragile. Aucun progrès n’a été réalisé sur les modalités du Brexit et s’il y a des nouvelles élections, l’incertitude restera totale.

Et du côté des négociations américano-chinoises, la récente escalade des tarifs douaniers ne devrait pas aider un retour de la confiance. Il y a très peu d’espoir d’avoir un accord rapide.
A voir l’évolution étonnamment positive des bourses en fin de semaine, ces répits semblent suffisants que pour pousser les investisseurs à remettre du cash au travail.

Au programme cette semaine : la BCE

La résilience des actions s’explique aussi par les espoirs de politiques monétaires encore plus accommodantes. La banque centrale chinoise a déjà ouvert le bal en baissant vendredi le taux des réserves obligatoires que doivent détenir les banques (au plus bas depuis 2007). Cela va permettre aux banques d’octroyer plus de crédits. La baisse est plus importante que celles de janvier et de mai.

Ce jeudi 12, ce sera le tour de la BCE. Le taux appliqué aux dépôts bancaires pourrait passer de -0,40% à -0,50%. Mais les spéculations concernant une reprise des rachats d’obligations pourraient bien être déçues car plusieurs gouverneurs se sont exprimés contre.

La semaine prochaine, le 18/9 la Fed devrait elle aussi abaisser le taux des Fed Funds de 0,25%. Une baisse de 0,50% semble exclue vu la vigueur de la consommation.
Les discours accompagnateurs seront importants pour jauger l’adéquation des attentes actuelles et guider les anticipations des investisseurs.

Chiffres clés du 02/092019 au 06/09/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3617,11 1,30% 11,51%
Europe: Stoxx Europe 600 387,143 2,02% 14,66%
USA: S&P500 2978,71 1,79% 18,82%
Japon: Nikkei 21199,57 2,39% 5,92%
Chine: Shangai Composite 2999,6 3,93% 20,28%
Hongkong: Hang Seng 26690,76 3,76% 3,27%
Euro/dollar 1,10475 0,32% -3,36%
Brent pétrole 60,76 0,46% 14,34%
Or 1520,8 -0,56% 18,69%
Taux belge à 10 ans -0,29
Taux allemand à 10 ans -0,63
Taux américain à 10 ans 1,55
Source : Refinitiv Datastream

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Xavier Timmermans Investment Strategist
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