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Tech wreck
20 NOV

Tech wreck

20-11-2018
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Philippe Gijsels
Philippe Gijsels Chief Strategy Officer Profil
Rédigé le 20-11-2018 09:52
Publié le 20-11-2018 09:52
La nouvelle semaine a mal commencé pour les bourses du monde, une fois de plus à cause du secteur technologique.

Sommaire

  • L'image technique se détériore
  • Mister Market et l'économie ne sont pas du même avis
  • Un accord entre les Etats-Unis et la Chine à l'horizon ?
  • Les Banques centrales continueront-elles à injecter des liquidités ?
  • Espoir d’une fumée blanche en provenance de la Maison Blanche, de Downing Street ou de Rome
Les FANGs, qui jusqu’à la fin de l’été propulsaient les marchés d’un sommet à l’autre et animaient pour une grande part la vigueur des indices américains, ont dans l’intervalle dû concéder pour ainsi dire la totalité de leurs gains engrangés depuis le début de l’année. Les semi-conducteurs et la biotechnologie sont de plus en plus prisonniers d’une tendance baissière, et plus un jour ne passe sans que l’un ou l’autre géant technologique ne doive essuyer un nouveau revers. Car telle est depuis quelque temps la nouvelle réalité du marché.

L’image technique se détériore

Les bonnes nouvelles sont encore à peine récompensées, mais le moindre faux pas est impitoyablement sanctionné d’une chute qui atteint voire dépasse souvent les 10%. Et comme nous l’avons déjà indiqué à plusieurs reprises, l’image technique à long terme se détériore de plus en plus sous l’effet de ce climat. A court et moyen terme, la situation résolument survendue des marchés ne fait certes qu’augmenter la probabilité d’un vigoureux rally, mais les dommages à long terme causés aux graphiques mettront longtemps à s’estomper.

Mister Market et l’économie ne sont pas du même avis

Dans l’intervalle, les statistiques économiques qui nous parviennent restent plus que satisfaisantes. Autrement dit, le fossé entre ce que Mister Market nous raconte et la réalité économique actuelle ne fait que se creuser davantage. A un moment donné, pourtant, ces deux paramètres devront converger, soit sous la forme d’une détérioration abrupte des chiffres de l’économie et des entreprises, soit à travers une remontée du marché. Ce dilemme est et reste l’enjeu pour 2019.

Un accord entre les Etats-Unis et la Chine à l’horizon ?

A court terme, notre attention va toujours à la rencontre prévue entre Donald Trump et le président Xi à l’occasion du sommet du G-20 en Argentine. Un accord sur ce front, même partiel et même du bout des lèvres, serait le meilleur moyen d’initier un rally de fin d’année. Le marché a déjà été à plusieurs reprises clair sur ce point, comme en témoigne son impressionnant rebond de la fin de la semaine dernière, lorsque Donald Trump avait laissé entendre qu’il pourrait renoncer à de nouvelles sanctions contre la Chine. Mais la querelle qui a opposé durant le week-end le vice-président Pence à ces mêmes Chinois était peut-être la principale cause de l’effondrement d’hier.

Les acteurs du marché commencent à craindre un sérieux bouleversement des chaînes d’approvisionnement mondiales, et la dépêche tombée hier après-bourse, selon laquelle Apple réduirait certains de ses achats auprès de sous-traitants chinois, n’était pas de nature à apaiser ces craintes – loin de là. Quant au recul marqué accusé par le Bitcoin, il constitue peut-être lui aussi un signe que la confiance aveugle en tout ce qui a trait de près ou de loin à la technologie commence à s’effriter.

Les Banques centrales continueront-elles à injecter des liquidités ?

En marge d’un accord – ou quelque chose de ressemblant – entre la Chine et les Etats-Unis, des nouvelles soudain plus encourageantes en provenance du front du Brexit ou du budget italien pourraient également redonner du courage aux taureaux. Si par contre la baisse se poursuit, voire s’accélère, les marchés se tourneront à nouveau peu à peu vers les banquiers centraux dans l’espoir d’un petit coup de pouce revêtant la forme de nouvelles injections de liquidités. Mario Draghi a pour sa part déjà laissé entendre la semaine dernière que le premier relèvement des taux européen de mémoire d’homme, prévu normalement pour après l’été, n’a rien d’une certitude. Autrement dit, si les marchés, l’inflation et/ou la croissance se mettent à décevoir, il pourrait tout aussi bien ne pas avoir lieu.

Espoir d’une fumée blanche en provenance de la Maison Blanche, de Downing Street ou de Rome

Ces derniers temps, la banque centrale américaine se montrait un peu plus "faucon", indiquant que la volatilité du marché est encore loin d’être suffisante à ce stade que pour justifier qu’elle change son fusil d’épaule en termes de stratégie monétaire. Mais si les actions s’obstinent à baisser, et a fortiori si l’économie réelle commence à s’en ressentir, elle pourrait elle aussi changer de ton. Car après celui de Greenspan, de Bernanke et de Yellen, il y a sans aucun doute un Powell Put quelque part sur le marché, mais probablement à un "strike price" – le niveau auquel le marché devra retomber avant que la Fed n’intervienne – nettement inférieur. Quoi qu’il en soit, personne n’a la moindre idée du niveau exact dont il s’agit, de sorte qu’il est peut-être préférable, pour l’heure, d’espérer que de la fumée blanche s’échappe bientôt de la Maison Blanche, du 10 Downing Street ou de l’une ou l’autre cheminée d’Italie…

Chiffres clés du 19/11/2018

Index Clôture +/- Depuis début 2018
Belgique: Bel-20 3503,40 -0,75% -11,93%
Europe: Stoxx Europe 600 355,11 -0,73% -8,75%
USA: S&P 500 2690,73 -1,66% 0,64%
Japon: Nikkei 21821,16 0,65% -4,15%
Chine: Shangai Composite 2703,51 0,91% -18,25%
Hongkong: Hang Seng 26372,00 0,72% -11,86%
Euro/dollar 1,15 0,52% -4,62%
Brent pétrole 66,19 -1,49% -0,63%
Or 1222,79 0,15% -6,19%
Taux belge à 10 ans 0,84
Taux allemand à 10 ans 0,38
Taux américain à 10 ans 3,06
Source : Thomson Reuters IBES
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