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Un accord historique
18 OCT

Un accord historique

18-10-2019
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Rédigé le 18-10-2019 09:03
Publié le 18-10-2019 09:03
Après environ trois ans de déboires en comparaison desquels le supplice de Tantale prend des allures de promenade de santé, voilà que la saga du Brexit semble soudain en passe de se résoudre.
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Sommaire

  • Différences entre les accords de Johnson et de May
  • Quoi qu’il en soit, il reste un obstacle crucial à franchir
  • DBP (difficult but possible)
  • Qu’adviendra-t-il en cas d’échec ?
  • Les marchés gagnants dans tous les cas ?
Hier, un nouvel accord historique a été conclu entre l’Europe et le Royaume-Uni.

Différences entre les accords de Johnson et de May

Cela dit, en quoi cet accord historique de Boris Johnson diffère-t-il de celui de Theresa May ? Nombre d’éléments, pour ne pas dire la plupart, restent identiques. L’accord prévoit toujours une période de transition, le Royaume-Uni doit toujours payer une "indemnité de divorce" et les citoyens européens résidant au Royaume-Uni conserveront leurs droits. La seule différence, non négligeable vu les discussions interminables auxquelles ce point a donné lieu, se situe dans la question de la fameuse frontière.

Selon le nouvel accord, l’Irlande du Nord continuerait évidemment à faire partie du Royaume-Uni sur le plan administratif, mais resterait dans le même temps incluse dans l’union douanière européenne. Quant à la véritable frontière entre cette union douanière et le Royaume-Uni, elle se situerait en mer d’Irlande. Il a été convenu que l’on tenterait de limiter le plus possible les contrôles et d’en exonérer un certain nombre de marchandises (à convenir entre le Royaume-Uni et l’Union européenne). Dans l’espoir de convaincre l’Irlande du Nord, il a aussi été convenu que cette situation serait évaluée au bout de 4 ans. Une évaluation qui pourra se solder soit par une prolongation de cette solution, soit par son abandon, auquel cas une période de transition de deux ans est prévue pour laisser au Royaume-Uni et à l’Irlande le temps de trouver une alternative pour garder la frontière ouverte.

Quoi qu’il en soit, il reste un obstacle crucial à franchir

Toute la question reste évidemment de savoir si Boris Johnson parviendra à faire ratifier son accord avec l’Europe par le parlement britannique, sachant que ce dernier a rejeté ces dernières années toutes les propositions qui lui ont été soumises, y compris celles de Theresa May. Et comme nous en avons fait l’expérience à chaque fois, prédire l’issue d’un vote au Royaume-Uni n’a rien d’une évidence.

Voici en tout cas le défi que Boris Johnson doit à présent relever: en marge des voix dont il est pour ainsi dire certain, il devra encore parvenir à rallier à sa cause 61 voix sur un potentiel total d’environ 85 (il ne doit par exemple pas compter sur le soutien des nationalistes écossais). Parmi ces 85 voix, 10 appartiennent au DUP, le parti unioniste démocrate nord-irlandais, qui veut que l’Irlande du Nord soit traitée comme le reste du Royaume-Uni et qui n’est donc pas d’emblée favorable à l’accord. Mais il va de soi que des efforts seront consentis pour convaincre cette fraction.

Boris Johnson espère en outre pouvoir récupérer les voix de certains des Conservateurs qui avaient à l’époque voté contre l’accord de Theresa May. Enfin – et c’est du succès de cette entreprise que dépendra dans une large mesure l’issue du vote lui-même –, il lui faudra aussi parvenir à convaincre quelques membres du parti travailliste, qui se trouve dans l’opposition. Si d’une part les travaillistes sont d’avis que la volonté du peuple (le résultat du référendum) doit être respectée, Boris Johnson tentera d’autre part de les séduire en leur promettant d’œuvrer à une amélioration des droits des ouvriers et à un durcissement des normes environnementales.

DBP (difficult but possible)

L’aventure reste naturellement périlleuse vu que nombre de parlementaires sont opposés au Brexit et espèrent qu’en votant contre l’accord, ils parviendront à provoquer un nouveau référendum et, potentiellement, un abandon du Brexit. De son côté, l’Europe a déjà laissé entendre par la voix de Jean-Claude Juncker que cet accord était à prendre ou à laisser, dans l’espoir de ramener la discussion à un choix entre deux solutions : soit l’accord de Boris Johnson, soit un Brexit "dur". Or, cette dernière option n’obtiendra assurément jamais une majorité. Si nous additionnons tous ces éléments, nous en arrivons à la conclusion suivante : DBP (difficult but possible).

Qu’adviendra-t-il en cas d’échec ?

Si le parlement rejette l’accord samedi, nous serons de retour à la case départ. Et dans ce cas, il restera deux options : soit l’organisation d’un nouveau référendum (une idée à laquelle Boris Johnson est farouchement opposé), soit – et c’est là le scénario le plus probable – de nouvelles élections. Dans un tel scénario, l’Europe serait tout de même disposée à accorder un nouveau report. Quant aux nouvelles élections, elles seraient alors un référendum déguisé sur l’accord de Boris Johnson. Et il n’est pas impossible que ce dernier parvienne à ce moment à conquérir une majorité suffisante que pour faire tout de même ratifier son accord par la suite. Dans l’hypothèse où le parti travailliste viendrait à remporter ces élections, ce qui est moins probable à en juger par les sondages actuels, on pourrait assister à un nouveau référendum et à un abandon du Brexit.

Les marchés gagnants dans tous les cas ?

Le meilleur scénario pour les marchés actions serait celui d’un vote favorable samedi, puisqu’il mettrait enfin un terme à l’incertitude induite par le Brexit. Dans ce cas, en combinaison avec le mini-accord décroché par Donald Trump la semaine dernière, Mister Market serait débarrassé des deux boulets qu’il traînait depuis longtemps, et nous pourrions connaître quelques mois d’optimisme d’ici la fin d’année, voire d’ici les élections américaines de l’année prochaine. Après avoir été si longtemps retenu en otage par les événements géopolitiques, le marché pourrait alors reporter son attention sur les fondamentaux, comme l’économie mondiale et l’évolution des résultats des entreprises. Et l’espoir d’une amélioration future pourrait même le rendre disposé à s’accommoder à court terme de statistiques un peu moins engageantes.

Cela dit, même un vote de rejet ne déclenchera pas nécessairement une catastrophe. Le marché se montrerait bien évidemment déçu, et la volatilité reprendrait de plus belle, mais même dans cette hypothèse, un Brexit "dur" reste relativement improbable. Rendez-vous samedi pour ce que nous espérons être la fin de cette Odyssée qui dure à présent depuis trop longtemps…

Chiffres clés du 17/10/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3776,41 0,41% 16,43%
Europe: Stoxx Europe 600 393,09 -0,09% 16,42%
USA: S&P500 2997,95 0,28% 19,59%
Japon: Nikkei 22451,86 -0,09% 12,18%
Chine: Shangai Composite 2977,33 -0,05% 19,38%
Hongkong: Hang Seng 26848,49 0,69% 3,88%
Euro/dollar 1,11 0,59% -2,76%
Brent pétrole 59,00 -0,54% 11,03%
Or 1491,48 0,36% 16,40%
Taux belge à 10 ans -0,11
Taux allemand à 10 ans -0,40
Taux américain à 10 ans 1,76
Source : Refinitiv Datastream

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