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Une semaine volatile
12 AOÛT

Une semaine volatile

12-8-2019
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
Rédigé le 12-8-2019 09:00
Publié le 12-8-2019 09:00
La semaine s’était ouverte sur un accès de panique après la dévaluation monétaire opérée par la Chine.

Sommaire

  • Les investisseurs à la recherche d'un moyen d'investir leurs liquidités
  • Coup de semonce chinois
  • Les matières premières industrielles plongent, mais les métaux précieux ont le vent en poupe
  • Records à la baisse pour les taux obligataires
  • Les banques sous pression
  • Que nous réserve l’avenir ?
Cependant, après une correction comparable à celle du mois de mai, les chasseurs de bonnes affaires sont parvenus à faire s’amorcer une remontée partielle.

La correction du mois d’août s’est également poursuivie la semaine dernière. Le Stoxx Europe 600 a une nouvelle fois perdu -1,7% et le S&P500 a chuté de 0,5%. Ce recul modéré de la bourse américaine sur une base hebdomadaire masque cependant une énorme volatilité journalière. Après avoir plongé de 3% le lundi, l’indice est parvenu à rattraper une grande partie de cette perte le jeudi.

Les investisseurs à la recherche d'un moyen d'investir leurs liquidités

Pourtant, après les nouvelles taxes à l’importation annoncées par Donald Trump et la riposte de la Chine à travers une dévaluation de sa devise, aucun catalyseur positif n’expliquait vraiment cette remontée. Si ce n’est que les taux d’intérêt en baisse ou négatifs font que d’importantes quantités de liquidités sont en quête de placements. Dans cette optique, la correction boursière de 6% par rapport à la fin juillet était déjà suffisante pour inciter certains investisseurs à de nouveaux achats. Le marché a fondé ses espoirs dans la prévision que la banque centrale chinoise ne laisserait pas le yuan s’enfoncer davantage après cette légère dévaluation. En outre, les marchés se sont aussi remis à espérer que la banque centrale américaine abaisserait une nouvelle fois le taux directeur de 0,25% lors de sa prochaine réunion, en septembre. Le raisonnement sous-jacent est que la détérioration soudaine des perspectives économiques depuis la précédente réunion de la fin juillet, dans le sillage de l’escalade du conflit commercial, aura entretemps convaincu Jerome Powell de la nécessité d’une telle intervention. Car si la Fed, vu les niveaux record affichés par la bourse à la fin juillet, n’avait à l’époque pas vraiment de raisons de se hâter d’abaisser les taux, elle pourrait changer d’avis devant une abrupte correction…

Coup de semonce chinois

La riposte chinoise à l’annonce de nouvelles taxes à l’importation américaines ne s’est pas fait attendre bien longtemps. La banque centrale chinoise a laissé le yuan se déprécier légèrement et les autorités ont ordonné aux entreprises chinoises de ne plus acheter de produits agricoles américains. Un coup de semonce par lequel la Chine veut faire comprendre à Donald Trump que s’il continue à évincer les biens chinois du marché en les frappant de taxes à l’importation plus élevées, la Chine est parfaitement en mesure de neutraliser cet effet à travers une dévaluation proportionnelle de sa devise. Le revers de la médaille est toutefois que les importations chinoises de biens étrangers deviennent ainsi plus chères, ce qui est susceptible de peser sur l’économie chinoise. D’autres régions risquent également d’en souffrir, dont l’Europe, puisqu’elles seraient alors submergées de produits chinois meilleur marché et seraient elles-mêmes moins en mesure d’exporter leurs produits à destination de la Chine.

Au besoin, la Chine pourrait encore brandir d’autres armes : dissuader les consommateurs chinois d’acheter des produits américains (pensez notamment aux iPhones, aux véhicules Ford, aux produits de Coca Cola…), priver les entreprises américaines de l’accès au marché chinois – important s’il en est – ou aux métaux rares indispensables à nombre d’applications technologiques. Ou comme ultime arme, jeter en pâture au marché sa réserve colossale d’obligations d’Etat américaines (1.100.000.000.000 USD) et provoquer ainsi une hausse brutale des taux d’intérêt américains. Il n’est donc pas exclu que Donald Trump, qui a besoin d’un accord pour remporter les prochaines élections présidentielles, finisse par faire lui-même quelques concessions pour conclure un accord commercial avec la Chine. Du moins, pour autant que les Chinois soient encore disposés à négocier. Nous sommes curieux de voir si les négociations prévues pour septembre auront finalement lieu…

Les matières premières industrielles plongent, mais les métaux précieux ont le vent en poupe

Le mouvement généralisé d’aversion au risque s’est aussi clairement fait sentir sur les marchés des matières premières. Le pétrole et les métaux industriels ont subi une correction sous l’effet de la crainte de plus en plus cuisante d’une récession. Le minerai de fer subit pour sa part également l’influence de la réouverture de plusieurs mines brésiliennes qui avaient fermé après la rupture des barrages miniers. Les métaux précieux profitent par contre de la fuite vers les valeurs refuges. Le prix de l’or a atteint 1500 USD (contre 1200 en début d’année), son niveau le plus élevé en 6 ans.

Records à la baisse pour les taux obligataires

Les investisseurs sont apparemment toujours attirés par les obligations considérées comme sûres, faisant grimper leurs cours et précipitant les taux d’intérêt vers de nouveaux planchers. Dans la plupart des pays d’Europe, les taux s’enfoncent de plus en plus profondément en terrain négatif. A se demander jusqu’où ira cette bulle…

Les banques sous pression

Parmi les grands perdants de la semaine écoulée se trouvaient à nouveau de nombreux actifs cycliques, mais aussi et surtout des valeurs financières. Nombre de CEO de banques ont indiqué à titre d’avertissement que la baisse persistante des taux d’intérêt ne manquera pas d’affecter lourdement leur rentabilité. Une manière à peine détournée de supplier la BCE de ne pas aller trop loin dans les abaissements des taux qu’elle projette encore. Le marché actions, lui, compte par contre sur un nouvel assouplissement. Voilà qui promet de placer la BCE devant un dilemme des plus délicats… Les actions des banques ont aussi souffert du retour de l’incertitude politique en Italie, où le vice-premier ministre Salvini réclame des élections anticipées.

Que nous réserve l’avenir ?

Nombre de questions cuisantes nous poursuivront encore en automne: les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine reprendront-elles, et y a-t-il encore une chance qu’elles débouchent sur un accord ? La BCE parviendra-t-elle à rencontrer les grandes attentes du marché sans faire trop de mal aux banques ? Pourra-t-on encore éviter un Brexit "dur" le 31/10 ? Autant de raisons de faire preuve de prudence dans le choix de ses placements. Les secteurs défensifs comme l’immobilier, l’industrie pharmaceutique, l’alimentation et les services aux collectivités résistent en tout cas mieux par ces temps houleux. Il est par contre encore un peu trop tôt pour miser sur les secteurs cycliques (en dépit de la baisse déjà raisonnable des cours), et la meilleure opportunité d’achat ne se présentera sans doute que dans le courant de 2020.

Chiffres clés du 05/08/2019 au 09/08/2019

Index Clôture +/- Depuis début 2019
Belgique: Bel-20 3574,42 -4,17% 10,20%
Europe: Stoxx Europe 600 374,714 -3,34% 10,98%
USA: S&P500 2938,09 -0,52% 17,20%
Japon: Nikkei 20593,35 -4,40% 2,89%
Chine: Shangai Composite 2794,55 -3,93% 12,06%
Hongkong: Hang Seng 26120,77 -5,24% 1,06%
Euro/dollar 1,12005 1,28% -2,02%
Brent pétrole 57,54 -9,47% 8,28%
Or 1496,49 5,84% 16,79%
Taux belge à 10 ans -0,23
Taux allemand à 10 ans -0,56
Taux américain à 10 ans 1,72
Source : Thomson Reuters IBES

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Patrick Casselman Senior Equity Specialist
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