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Investissements durables: risques et opportunités
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5 MARS

Investissements durables: risques et opportunités

5-3-2020
Luc Van Liedekerke – Professor Corporate Social Responsibility
 Luc Van Liedekerke
Luc Van Liedekerke Professor Corporate Social Responsibility
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Rédigé le 4-3-2020 15:07
Publié le 5-3-2020 08:07
Le succès des investissements durables accroît le risque d’écoblanchiment. Les placements pseudo-responsables exploitent trois failles du secteur. Des solutions existent pour y remédier.
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Sommaire

  • Les investissements explicitement durables n’avaient jamais été si importants en Europe
  • Les investisseurs doivent avoir la garantie que ces placements sont réellement durables
  • La transparence, de meilleures données et des contrôles indépendants sont nécessaires
  • Ce sont là les priorités pour les labels, les régulateurs, les auditeurs et le secteur
« La collecte des fonds d’investissement explicitement durables a battu tous les records en 2019 en Europe ». C’est ce qu’écrivait début 2020 Hortense Bioy, directrice de la recherche passive pour l'Europe chez Morningstar. Les chiffres sont en effet impressionnants. Pas moins de 668 milliards d’euros sont investis en fonds durables, un bond de 56% en un an grâce notamment à la hausse des Bourses. Ce succès est également notable en Belgique selon les derniers chiffres compilés par le Forum Ethibel et l’Université d’Anvers. En 2018, les Belges ont investi 27,98 milliards d’euros dans des produits d’investissement durables. Les fonds durables représentent ainsi 14,9% du total des investissements en fonds sur le marché belge.

Risque d’écoblanchiment

Le succès des produits d’investissement durables est en soi une bonne nouvelle. Mais cette médaille a aussi son revers. Le développement rapide du marché accroît le risque que des produits soient présentés comme durables alors qu’ils ne le sont pas. C’est ce qu’on appelle l’écoblanchiment. L’investissement durable demeure un marché immature. Si un produit se révèle faussement durable, cela peut avoir des conséquences sur l’ensemble du secteur. Les tentatives de la Chine de financer des projets dans le charbon avec des obligations vertes en sont une douloureuse illustration. Comment éviter ce genre d’aberration ? Comment garantir aux investisseurs particuliers et professionnels que leurs placements durables le sont réellement ?

Trois failles

Le secteur des investissements durables est exposé à trois failles.
  • Premièrement, il n’y a pas de consensus sur ce qui est durable. Certaines exclusions sont évidentes comme le tabac, les armes ou la violation des droits humains. Mais le principe d’énergie durable par exemple fait débat.
  • Deuxièmement, les données fiables et analyses approfondies font encore défaut. Imaginons le cas d’un opérateur télécom qui se dit durable. Concrètement, il se contente d’utiliser de l’électricité verte pour son siège et sous-traite ses autres activités.
  • Troisièmement, les gestionnaires d’actifs et banques peuvent se montrer négligents. Ils excluent certains pays, mais un examen approfondi révèle que leurs portefeuilles durables y sont quand même exposés.
Si les banques savent ce que leurs clients entendent par durable, elles pourront plus facilement leur proposer des produits adaptés.Luc Van Liedekerke

Solutions

Pour chaque faille, il existe une solution.
  • Une définition précise de la durabilité réduirait la confusion. L’accord européen sur la finance durable constitue un pas important dans la bonne direction. En Belgique, le label Towards Sustainability définit aussi clairement ce qui est durable et ce qui ne l’est pas. Il est aussi souhaitable de dresser le profil éthique des investisseurs. Si les banques savent ce que leurs clients entendent par durable, elles pourront plus facilement leur proposer des produits adaptés.
  • En ce qui concerne les données et leur contrôle, le secteur des investissements durables doit être soumis à des audits externes. C’est le rôle des labels et des grands bureaux d’audit, mais aussi des régulateurs comme la FSMA.

Rôle des régulateurs et des banques

À l’avenir, les régulateurs devront contrôler si le prospectus d’un placement correspond à la réalité et analyser en profondeur les processus d’investissement. Ils devront davantage s’intéresser au fonctionnement et pas seulement s’attarder sur le respect des procédures. En d’autres termes, leur évaluation d’un produit devra être basée sur ce qui est bon pour la société.

Les banques et gestionnaires d’actifs doivent faire un effort de transparence et développer leur expertise en matière d’investissements durables. Ils doivent intégrer leurs engagements éthiques dans leur processus d’investissement. Ils éviteront ainsi les secteurs et pays qui ne respectent pas les critères ESG.

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