Sommaire
- L’UE a mis en place une taxonomie pour les investissements durables
- Elle prend la forme d’une « liste verte » des critères définissant une activité durable
- La liste établit un cadre de durabilité pour la lutte contre le réchauffement climatique
- Suivront l’eau, l’économie circulaire, la biodiversité et la lutte contre la pollution
- De nouvelles règles encadreront aussi les rapports de durabilité des entreprises
- L’UE initie une taxonomie verte comparable au niveau mondial
Afin d’atteindre les objectifs climatiques, nous devons investir massivement dans la durabilité. Les investisseurs professionnels, fonds de pension et gestionnaires de patrimoine sont prêts à y contribuer. Mais ils ont besoin de points de repère. L’alliance Climate Action 100+, qui regroupe 545 investisseurs gérant 52.000 milliards de dollars, demande ainsi plus de clarté. L’Europe y a répondu en développant une taxonomie. Il s’agit d’une liste de critères auxquels les activités durables doivent satisfaire. La liste a été établie par un groupe européen d’experts dont faisait partie BNP Paribas Fortis. Elle couvre les secteurs émettant le plus de CO2 comme l’énergie, l’industrie, l’eau, le transport, les bâtiments, les TIC et les déchets.
La taxonomie européenne décrit un cadre de durabilité pour la lutte contre le changement climatique.
De quoi s’agit-il ?
La taxonomie repose sur des bases scientifiques solides. La première partie du document décrit le cadre de durabilité pour la lutte contre le changement climatique. Une cimenterie ne peut ainsi se prévaloir d’être durable que si elle émet moins de 0,5 tonne équivalent CO2 par tonne de ciment et que toutes les émissions sont captées. La deuxième partie décrit le cadre applicable aux produits et investissements qui nous préparent aux impacts inévitables du changement climatique. D’ici la fin de l'année, l’Europe dévoilera aussi le cadre de durabilité pour quatre autres thèmes : la protection de l’eau et des océans, la transition vers l’économie circulaire, la lutte contre la pollution et la protection de la biodiversité et des écosystèmes.
La liste crée un langage commun pour les entreprises, les investisseurs et les personnes qui veulent avoir un impact positif sur l'environnement.Wilfried Remans
Qui est concerné ?
La liste crée un langage commun pour les entreprises, les investisseurs et les personnes qui veulent avoir un impact positif sur l'environnement. Elle introduit aussi de nouvelles règles concernant les rapports de durabilité obligatoires pour les entreprises. Au total, près de 50.000 grandes entreprises européennes devront établir un rapport détaillé sur leur politique de durabilité, contre 11.000 actuellement. Les PME non cotées en Bourse y échappent toujours jusqu’à présent. Elles sont toutefois impliquées via d’autres canaux comme le secteur bancaire ou les grandes entreprises avec qui elles commercent. À terme, les informations relatives à la durabilité doivent circuler avec autant de fluidité que les chiffres financiers.
L’objectif est de parvenir à une taxonomie verte comparable au niveau mondial.Wilfried Remans
Comment la taxonomie va évoluer ?
Les nouvelles normes permettent d’exclure l’écoblanchiment du système financier. Les banques et gestionnaires de patrimoine peuvent ainsi instaurer des labels de durabilité uniformes pour les produits d’investissement. Le groupe d’experts recommande d’intégrer les obligations vertes. Elles doivent garantir aux investisseurs que leurs capitaux sont utilisés pour des projets réellement durables. Mais l’Europe ne peut pas tout faire seule. C’est pourquoi la Commission européenne a créé une plateforme internationale pour le financement durable. L’objectif est de parvenir à une taxonomie verte comparable au niveau mondial. Ce qui promet de nouvelles discussions animées sur des questions épineuses comme le rôle de l'énergie nucléaire et du gaz.