Si cela dépendait de Donald Trump, le "Liberation Day", le nouveau jour de fête américain, s’est déroulé comme le reste de l’année boursière en cours: dans un tourbillon de volatilité. L’Europe a fini la session dans le rouge, les Etats-Unis dans le vert. Mais, somme toute, ce n’était là qu’un détail. La véritable réaction, elle, ne s’est manifestée qu’après la clôture de Wall Street.
Jusqu’à hier, les investisseurs en étaient réduits aux conjectures quant au discours que le président des Etats-Unis leur réservait depuis l’iconique roseraie de la Maison Blanche. Les marchés partaient du principe que cet exposé ferait enfin la clarté sur l’ensemble des taxes douanières. Et ce fut le cas, mais pas dans le sens qu’ils l’avaient espéré…
Donald Trump a commencé par annoncer des tarifs douaniers réciproques. Mais alors que les spéculations tablaient sur un taux uniforme pour tous les partenaires commerciaux, presque chaque pays a finalement eu droit à un tarif particulier.
La Chine s’est vu imposer des taxes douanières de 34%, contre 24% pour le Japon et 20% pour l’Union européenne. C’est le Royaume-Uni qui s’en sort le mieux parmi les grandes puissances économiques avec un tarif de seulement 10%. Ce taux de 10% est d’ailleurs le tarif minimum qui sera imposé sur toutes les importations.
A en croire le président des Etats-Unis, l’Amérique se montre plutôt aimable en imposant nettement moins de taxes que les autres pays ne le font à son égard. Une affirmation qui, toutefois, semble reposer sur peu de preuves tangibles…
Ces taxes douanières annoncées érigent de nouvelles barrières autour de la plus grande économie du monde, sonnant d’emblée le glas de dizaines d’années de libéralisation des échanges internationaux. Cette libéralisation avait débuté en 1947 avec le ‘General Agreement on Tariffs and Trade’, le fameux GATT (en français: accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Cette convention internationale avait pour objectif de développer le commerce mondial en réduisant les droits de douane et les barrières commerciales.
D’autres pays prendront devraient désormais lancer des mesures de rétorsion, ce qui intensifiera la guerre commerciale.
Après-bourse, les premières réactions ont été assez négatives. Presque tous les grands marchés financiers ont subi des pertes de 2% et plus. Ce n’était pas le discours que les investisseurs avaient espéré. Pour la plupart des observateurs, les taux proposés sont plus élevés que prévu et ils redoutent leurs retombées sur l’économie américaine et mondiale.
Jusqu'à présent, l’ampleur des corrections observées sur les cours est loin d'être exceptionnelle. Il s'agit d’un type de repli auquel les marchés boursiers sont régulièrement confrontés. Cela est dû en partie à l'instabilité qui caractérise actuellement la politique américaine. Ce qui est une réalité aujourd'hui ne l'est pas nécessairement demain. Néanmoins, cette situation mérite une attention particulière. D’un point de vue économique, les tarifs douaniers sont rarement une bonne idée. Et, aujourd'hui, ils se dressent autour de la plus grande économie mondiale. La volatilité continue de caractériser ces marchés. Nous suivons la situation de près pour vous.
Chiffres clés du 2/4/2025 |
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Index | Clôture | +/- | Depuis début 2025 |
Belgique: Bel-20 | 4344,17 | -0,50% | 1,87% |
Europe: Stoxx Europe 600 | 536,92 | -0,50% | 5,77% |
USA: S&P 500 | 5670,97 | 0,67% | -3,58% |
Japon: Nikkei | 35725,87 | 0,28% | -10,45% |
Chine: Shangai Composite | 3350,13 | 0,05% | -0,05% |
Hongkong: Hang Seng | 23202,53 | -0,02% | 15,67% |
Euro/dollar | 1,09 | 0,43% | 4,84% |
Brent pétrole | 75,47 | 0,59% | 0,98% |
Or | 3125,82 | -0,18% | 19,06% |
Taux belge à 10 ans | 3,29 | ||
Taux allemand à 10 ans | 2,73 | ||
Taux américain à 10 ans | 4,18 |
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