Si l’on considère l’évolution depuis le début de l’année, les actions européennes sont toujours résolument dans le vert, contrairement à leurs homologues américaines. Mais si nous nous limitons au dernier mois, force est de constater que les prestations étaient plutôt similaires. Les deux marchés déplorent des pertes plus ou moins identiques, de l’ordre d’un peu plus de 4%.
Si vous vous demandez si les actions européennes renferment des atouts, la réponse est certainement oui. En dépit de leur récent rallye, elles sont toujours moins chères que leurs homologues américaines, et elles profitent pleinement des décisions prises par l’Europe – et tout particulièrement par l’Allemagne – d’augmenter considérablement les investissements publics dans la défense et l’infrastructure.
Néanmoins, nous avons quelques réserves au sujet de l’enthousiasme initial. Les plans de l’Allemagne seront en effet déployés sur une longue période, de sorte que leurs effets ne se feront sentir que progressivement. Et pour ce qui est de la générosité de l’Europe: ce n’est pas parce qu’Ursula autorise les Etats membres à dépenser davantage qu’ils vont automatiquement le faire… Car tout cet argent doit évidemment être emprunté et donc remboursé, et nombre de pays d’Europe sont déjà trop endettés.
Ces dernières semaines, comparer l’Europe et l’Amérique est presque devenu un sport. Et je vous l’accorde, leurs marchés ont en ce moment chacun leur propre dynamique. Du moins pour une part. Mais pour une autre part, ils présentent tout de même encore une forte interdépendance. Si les Etats-Unis se retrouvent plongés dans un scénario de stagflation (c’est-à-dire une inflation élevée et peu de croissance), nous en ressentirons les effets également. Car en fin de compte, l’Amérique reste à l’étranger notre principal débouché, auquel sont destinés plus de 17% des biens exportés par la zone euro…
D’aucuns affirment que ce que nous ne parvenons plus à vendre aux Etats-Unis à cause des mesures prises par Donald Trump, nous parviendrons bien à l’écouler sur d’autres marchés. En Chine, par exemple. Mais la Chine a son lot de problèmes, elle aussi, et tant la consommation que les investissements des entreprises y tournent au ralenti.
Il est fort probable que la performance relativement vigoureuse des actions européennes en comparaison de leurs homologues américaines ne soit pas faite pour durer. En particulier parce que cette surperformance repose en partie sur l’irrésistible ascension des actions du secteur de la défense, dont les valorisations ont dans de nombreux cas déjà bien augmenté.
Si l’on fait abstraction des secteurs de la défense et de l’aéronautique, la performance des actions européennes sur les 5 derniers mois est toujours bonne mais moins impressionnante.
Et ce n’est pas tout. Les cours des actions européennes ont beau s’être envolés ces derniers temps, le bénéfice par action des entreprises sous-jacentes, lui, a fait du surplace. Ce qui signifie que le marché est juste devenu plus cher.
Chiffres clés du 1/4/2025 |
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Index | Clôture | +/- | Depuis début 2025 |
Belgique: Bel-20 | 4365,93 | 0,70% | 2,38% |
Europe: Stoxx Europe 600 | 539,64 | 1,07% | 6,31% |
USA: S&P 500 | 5633,07 | 0,38% | -4,23% |
Japon: Nikkei | 35624,48 | 0,02% | -10,70% |
Chine: Shangai Composite | 3348,44 | 0,38% | -0,10% |
Hongkong: Hang Seng | 23206,84 | 0,38% | 15,69% |
Euro/dollar | 1,08 | 0,08% | 4,40% |
Brent pétrole | 75,03 | 0,33% | 0,39% |
Or | 3131,35 | 0,20% | 19,27% |
Taux belge à 10 ans | 3,25 | ||
Taux allemand à 10 ans | 2,68 | ||
Taux américain à 10 ans | 4,17 |
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