Sommaire
- La sortie du charbon du mix énergétique mondial est cruciale pour le climat
- Les ONG ont parfois un regard très critique envers le secteur bancaire
- Des banques majeures comme BNP Paribas ont annoncé leur sortie du charbon
- Leur présence internationale et intersectorielle leur permet d’accélérer la transition
- Le secteur doit assumer sa responsabilité économique et soutenir les alternatives
Le Climate Finance Day de novembre 2019 réunissait les mondes de la finance durable et de l’entreprise. Ils se sont penchés sur une question cruciale pour le climat : la sortie du charbon du mix énergétique mondial.
Les rapports des ONG sont parfois très critiques envers le secteur bancaire, les accusant de ne pas en faire assez. En 2017, la part mondiale du charbon dans le mix des compagnies électriques financées par les banques était de 38%.
Mais depuis, le secteur a renforcé son engagement. Des banques majeures comme Axa, Crédit Agricole ou BNP Paribas ont annoncé leur sortie complète du charbon pour 2030 en Europe et 2040 dans le monde. La part du charbon dans le mix énergétique mondial a diminué de 3% cette année, du jamais-vu.
Les ONG éveillent les consciences en poussant les différents acteurs à mesurer et à réduire leur impact.Caroline Palumbo
ONG et banques, acteurs incontournables
Cette ambition du secteur bancaire est un message encourageant au vu des difficultés du monde politique à fédérer ses efforts. Ce qui permet aux banques d’aller plus vite, c’est leur dimension internationale et intersectorielle.
Le développement durable passe par l’abandon de modèles verticaux et par le recours à une certaine transversalité. Ce qui est l’essence même de la finance durable.
Cet écosystème met en présence différents acteurs (internationaux) qui agissent comme autant de leviers d’évolution les uns sur les autres. Dans ce contexte, les ONG ont acquis un rôle crucial. Elles éveillent les consciences en poussant les différents acteurs à mesurer et à réduire leur impact. Elles incitent notamment les banques à s’engager.
Les banques les plus avancées ont signé des traités tels que les Principes pour une banque responsable ou le Pacte mondial des Nations unies.Caroline Palumbo
Responsabilité économique et sociétale
Les banques les plus avancées ont signé des traités tels que les Principes pour une banque responsable ou le Pacte mondial des Nations unies. Elles ont des politiques sur le financement des secteurs controversés, un agenda d’évolution, de dialogue voire d’exclusion.
Le charbon fait partie de ces secteurs. Mais les banques ont aussi une responsabilité économique. Ne plus financer le charbon implique de réfléchir à des alternatives tout en veillant à l’équilibre de l’activité industrielle et des factures énergétiques.
Les banques doivent commencer par un autodiagnostic de leur implication dans les secteurs controversés et ensuite définir un agenda strict d’évolution. Elles pourront ainsi participer à la transition vers un monde plus durable.