Sommaire
- La BCE a réagi presque aussi vite que la Fed américaine à la crise du coronavirus
- Elle a lancé un plan de rachat de dette publique pour un total de 1.350 milliards
- La BCE vient de franchir une nouvelle étape en dérogeant à sa règle de proportionnalité
- L’objectif est d’éviter que les problèmes d’un pays fragilisent toute la zone euro
En 2008, la crise bancaire a frappé durement nos économies. Il avait fallu sept ans pour qu’un vrai plan d’action soit mis en place en Europe. La Banque centrale européenne (BCE) avait lancé son programme d’assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) en 2015. Il semble que l’Europe a retenu la leçon. Lors la crise du coronavirus, la BCE a réagi quasi aussi vite que la Fed américaine afin d’injecter des liquidités dans l’économie. Elle a d’abord dévoilé un plan d’achat d’obligations d’État de 750 milliards d’euros. Elle l’a ensuite complété d’une deuxième enveloppe de 600 milliards d’euros. Ce sont des montants plus faibles qu’aux États-Unis, mais tout de même conséquents.
On comprendrait mal que la BCE achète de la dette allemande (à taux négatif) alors qu’il y a urgence en Italie.Sylviane Delcuve
L’Italie en première ligne
Une nouvelle étape vient d’être franchie. La BCE a annoncé qu’elle allait déroger, pour la première fois, à sa règle de proportionnalité des rachats de dette publique. Elle a ainsi annoncé qu’elle rachetait proportionnellement plus de titres italiens que le poids relatif de l’Italie dans la zone euro. Il faut saluer ce cap important. On comprendrait mal que la BCE achète de la dette allemande (à taux négatif) alors qu’il y a urgence en Italie. Pendant le confinement, le taux à 10 ans y a doublé, passant en quelques jours de 1% à 2%. Si cette situation intenable n’avait pas été stoppée, elle aurait eu de graves conséquences au sein de la zone euro.
Nouveau mode de fonctionnement
On déduit des discours de la BCE que ce nouveau mode de fonctionnement durera tant que la crise durera. Ce qui compte désormais, c’est de ne pas laisser l’un ou l’autre pays sombrer. Tant mieux, car on ne pourrait pas laisser l’Italie couler sans l’aider. Durement touchée par la crise, son PIB a affiché la plus forte chute des 19 pays de la zone euro au premier trimestre. La dette publique italienne étant plus importante que la dette allemande, il est impossible de sauver l’Italie comme on a sauvé la Grèce. Pour maintenir la cohésion au sein de la zone euro – ce qui est vital -, il faut soutenir l’Italie. Conclusion : l’Europe a retenu la leçon de 2008. Ouf !