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L’OCDE face à la crise de l’emploi
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17 JUIL

L’OCDE face à la crise de l’emploi

17-7-2020
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
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Rédigé le 15-7-2020 16:46
Publié le 17-7-2020 05:46
La crise sanitaire entraîne une crise de l’emploi qui pourrait avoir des conséquences graves, avertit l’OCDE. Il faut trouver le moyen d’aider les plus fragiles à (ré)intégrer le marché du travail.
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Sommaire

  • La pandémie de Covid-19 provoque une crise de l’emploi plus grave qu’après 2008
  • Les jeunes, les femmes ou les indépendants sont plus durement touchés
  • Une nouvelle ère se profile, marquée par des changements sur le marché du travail
  • Les aides à l’emploi doivent être repensées pour aider les jeunes à retrouver du travail
La pandémie de Covid-19 provoque une crise de l’emploi bien plus grave qu’après la crise de 2008 selon l’OCDE. Les femmes, les jeunes et les travailleurs à faible revenu sont les plus durement touchés. Des mesures fortes ont été prises rapidement quasiment partout pour atténuer la violence du choc. C’est une très bonne chose. Notamment aux États-Unis où les gens qui perdent leur travail en temps normal n’ont pratiquement droit à aucune indemnité. Les autorités américaines ont débloqué 3.000 milliards de dollars pour notamment permettre à ceux qui perdaient leur emploi de survivre. La question est maintenant de savoir quand arrêter ces aides onéreuses.
Partout, la crise a mis en évidence les différences de précarité entre catégories de travailleurs.

Les indépendants en première ligne

Partout, la crise a mis en évidence les différences de précarité entre catégories de travailleurs. Ceux qui ont un diplôme et ceux qui n’en ont pas. Ceux qui peuvent faire du télétravail et ceux qui ne peuvent pas. Les jeunes, les indépendants, les fonctionnaires… C’est sans doute la première fois que ces différences sont aussi flagrantes. Dans les pays, comme la Belgique, qui comptent beaucoup d’indépendants et de très petites entreprises, la crise fait beaucoup de dégâts. Ces personnes sont très peu aidées. On doit en tirer les leçons. Surtout quand on pense qu’avant la crise du coronavirus, on encourageait largement les gens à se lancer en tant qu’indépendant. Pas sûr que ce soit encore un bon plan en 2021 !

Augmenter la mobilité professionnelle

L’OCDE ne s’attend pas à un retour à la normale avant longtemps. Pour éviter que la situation ne dégénère davantage, l’organisation évoque une série de pistes de changements. Elle recommande fermement d’arrêter les aides généralisées à ceux qui sont en chômage économique. Elle craint en effet que ces aides freinent une mobilité professionnelle de plus en plus nécessaire. Une nouvelle ère se profile, marquée par plus de télétravail, moins de bureaux et de déplacements… Cela réduira structurellement le volume d’emplois de nombreuses activités (nettoyage des bureaux, maintenance des locaux, réunions physiques, voyages d’affaires, etc.). Il importe donc de permettre aux travailleurs de se réorienter vers des secteurs où on recrutera davantage.
Si cette génération ne trouve pas sa place sur le marché du travail, les dégâts seront énormes en termes de croissance économique.Sylviane Delcuve

Repenser les aides à l’emploi

Voilà pourquoi les aides à l’emploi doivent être repensées le plus vite possible. L’emploi est un élément clé de la santé économique d’un pays. Il suffit de voir la réaction des Bourses aux créations d’emplois plus élevées qu’attendu en mai et en juin aux États-Unis. Il faut aussi que les jeunes trouvent le moyen de se lancer dans la vie active dans un monde post-coronavirus. Si cette génération ne trouve pas sa place sur le marché du travail, les dégâts seront énormes en termes de croissance économique. Les jeunes doivent avoir un salaire, car ils sont le moteur d’une économie. Les pays où le chômage des jeunes est élevé sont ceux qui souffrent le plus. Comme ce fut le cas en Espagne après 2011 par exemple.
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