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La difficile industrialisation de l’Inde
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12 AOÛT

La difficile industrialisation de l’Inde

12-8-2025
Koen De Leus – Chief Economist
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Rédigé le 12-8-2025 13:07
Publié le 12-8-2025 13:07
L’industrialisation de l’Inde est freinée par divers obstacles structurels : excès de régulation, problèmes fonciers, restrictions commerciales. Les perspectives semblent toutefois s’éclaircir…
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L’un des principaux obstacles au développement de l’industrie en Inde est le cadre réglementaire rigide du pays. Les grandes entreprises sont aussi freinées par des lois du travail complexes, notamment en matière de restructurations. Cela décourage les investisseurs étrangers et dissuade les entreprises de dépasser une certaine taille, limitant ainsi l’innovation et la productivité.

L’Inde peine ainsi à atteindre les économies d’échelle indispensables pour rendre son industrie compétitive à l’international. Le secteur industriel stagne, tandis que les services connaissent une croissance rapide. La mise en place d’une indemnité de chômage pourrait être une piste pour assouplir le marché du travail.
L’Inde ne dispose pas d’un registre foncier centralisé comparable au cadastre dans les pays européens.Koen De Leus

Acheter un terrain, un cauchemar

Construire une usine en Inde relève du parcours du combattant. La conversion d’une zone agricole en zone industrielle est particulièrement complexe juridiquement. Les tentatives de réforme engagées en 2015 ont malheureusement échoué. Par ailleurs, les données foncières sont souvent incomplètes ou obsolètes, ce qui ralentit les transactions et engendre des conflits juridiques.

L’Inde ne dispose pas d’un registre foncier centralisé comparable au cadastre dans les pays européens. Tous ces facteurs font que les terrains industriels sont rares et coûteux. Cette situation décourage les investisseurs et conduit à une fragmentation des sites d’implantation. Ce qui limite les économies d’échelle et le développement de clusters industriels.
Plutôt que de favoriser la concurrence, l’Inde privilégie une stratégie protectionniste, alors que la compétition est un moteur d’excellence.Koen De Leus

Ouverture et sécurité juridique limitées

L’Inde se montre en outre particulièrement frileuse en matière de commerce international. En protégeant ses acteurs nationaux, elle limite également l’accès au savoir-faire des entreprises étrangères. Plutôt que de favoriser la concurrence, l’Inde privilégie une stratégie protectionniste, alors que la compétition est un moteur d’excellence.

Par ailleurs, le pays s’est retiré de plusieurs traités bilatéraux d’investissement. Pour les entreprises étrangères, cela se traduit par une insécurité juridique accrue et une lenteur des procédures en cas de litige, rendant les investissements en Inde moins attractifs.

L’adoption récente de règles de conformité telles que le Know Your Customer, inspirées des standards européens, constitue une avancée positive. Cependant, l’instauration trop rapide et excessive de nouvelles réglementations peut aussi avoir un effet paralysant.
Un modèle laissant davantage de place au laissez-faire pourrait enfin offrir à l’industrie l’espace nécessaire pour se développer et prospérer.Koen De Leus

Lueurs d’espoir au niveau régional

Le tableau n’est cependant pas tout noir. Certaines régions enregistrent des progrès réels en parvenant à réduire les obstacles pour les entrepreneurs, à attirer des investisseurs étrangers et à accélérer la mise en œuvre des réformes. Par ailleurs, l’impact économique des droits de douane américains plus élevés pousse le gouvernement central à adopter une approche plus ouverte.

La réussite du secteur des services en Inde offre une leçon claire : laisser davantage de marge de manœuvre à l’initiative privée s’avère plus efficace que de vouloir tout contrôler. Plutôt que de centraliser toutes les régulations, Delhi gagnerait à offrir davantage d’autonomie aux pouvoirs locaux. Un modèle laissant davantage de place au laissez-faire pourrait enfin offrir à l’industrie l’espace nécessaire pour se développer et prospérer.

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