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24 JANV

Risque-t-on un nouveau choc pétrolier?

24-1-2020
Koen De Leus – Chief Economist
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Rédigé le 24-1-2020 09:35
Publié le 24-1-2020 09:35
Il semble que les tensions au Moyen-Orient ne devraient pas déboucher sur un choc pétrolier comme dans les années 70. Mais la situation de l’Irak demeure préoccupante.
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Sommaire

  • Une hausse des prix du pétrole a précédé la plupart des récessions aux États-Unis
  • Les États-Unis sont devenus beaucoup moins dépendants des importations de pétrole
  • Les dépenses énergétiques représentent une moins grande part du budget des ménages
  • Le principal facteur d’incertitude n’est pas l’Iran, mais l’Irak
Les prix du pétrole ont bondi après le raid américain visant à abattre le général iranien Qassem Soleimani et la riposte de l’Iran. Ces tensions au Moyen-Orient pourraient-elles provoquer un choc pétrolier comparable aux années 70 ?

Avant de répondre à cette question, revenons en arrière lors du deuxième choc pétrolier. Le cours du baril avait doublé à la suite de la révolution iranienne de 1979. Quelques mois plus tard, les États-Unis sombraient en récession. Le même schéma s’est répété quasiment lors de chaque récession outre-Atlantique depuis les années 70. Elles ont toutes été précédées d'une envolée des prix du pétrole à une exception près. Il y a donc lieu d'être vigilant.

Une autre époque

Mais plusieurs éléments nous laissent penser que l’histoire ne se répétera pas cette fois. Tout d’abord, les États-Unis sont beaucoup moins dépendants du pétrole importé. Le pays produit désormais quasiment autant de brut qu’il en consomme alors qu’il était auparavant un grand importateur.

Ensuite, les ménages consacrent en 2020 une part bien plus réduite de leur budget aux dépenses énergétiques : à peine 3% aux États-Unis et moins de 4% dans la zone euro. Enfin, les précédents chocs pétroliers ont souvent été accompagnés d’une hausse des taux aux États-Unis, ce qui pesait aussi sur l’économie. Cela ne sera pas le cas cette fois.
Les États-Unis sont beaucoup moins dépendants du pétrole importé.

Modèles économiques

Imaginons que les prix du pétrole s’envolent en raison d’un nouveau conflit ou d’une escalade des tensions. Comme nous avons eu un avant-goût après l’attaque de drones sur d’importantes installations pétrolières saoudiennes le 14 septembre 2019. Les prix du pétrole avaient bondi de 20%. Selon les modèles économiques, une hausse de 10% du prix du brut réduit le PIB des États-Unis de 0,2%. Pour un bond de 20%, l’impact sur le PIB est de 0,3% à 0,4%.

L’économie de la zone euro est plus sensible aux prix du pétrole. D’autant plus qu’elle a déjà davantage souffert des tensions commerciales. La croissance risquerait ainsi de tomber au point mort si le coût de produits pétroliers érode le pouvoir d’achat des ménages.
L’économie de la zone euro est plus sensible aux prix du pétrole. D’autant plus qu’elle a déjà davantage souffert des tensions commerciales.Koen De Leus

L’influence de l’Irak

Les derniers événements laissent penser que ni les États-Unis, ni l’Iran ne veulent que le conflit s’envenime. Déjà fragilisé par les sanctions économiques, l’Iran ne peut pas se permettre de lancer une guerre contre les États-Unis. Donald Trump ne veut pour sa part pas entamer de guerre une année électorale.

L’évolution de la situation en Irak, voisin de l’Iran, demeure plus préoccupante. Elle pourrait se stabiliser au cours des prochains mois. Mais on peut aussi craindre un effondrement complet de l’État irakien avec une délocalisation du conflit opposant les États-Unis à l’Iran. Le foyer de tensions pourrait alors se muer en incendie dévastateur avec des répercussions mondiales.

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