Sommaire
- La pandémie puis la guerre, les effets des deux crises se sont renforcés mutuellement
- Le monde est en train de s’adapter à la nouvelle donne mondiale
- Le financement des énergies fossiles et le nucléaire retrouvent des couleurs
- De nombreux pays ont également décidé de doper leurs dépenses militaires
La pandémie puis la guerre, les effets des deux crises se sont renforcés mutuellement. Pagaille dans le commerce mondial, pénuries de matières premières et de produits de base comme les puces électroniques à l’heure du « tout électrique ». Citons aussi la dépendance de l’Europe au gaz et au pétrole russes, du monde aux céréales ukrainiennes. Les flambées de prix s’accompagnent de nouvelles menaces de pénuries. Chacun espère la fin du conflit en Ukraine, même si on voit mal quand et comment cela pourrait s’arrêter. Il n’en demeure pas moins que le monde est en train de s’adapter à la nouvelle donne mondiale. Il y aura définitivement un monde d’après.
Dans le domaine énergétique, plusieurs pays producteurs débloquent des capacités supplémentaires pour compenser la production russe.
Énergies fossiles, nucléaire et renouvelable
Quelques secteurs sont en première ligne pour en tirer parti. Dans le domaine énergétique, plusieurs pays producteurs débloquent des capacités supplémentaires pour compenser les exportations russes. Arabie Saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Norvège et États-Unis ont promis d’aider l’Europe en fournissant davantage de pétrole et de gaz. C’est tout bénéfice pour ces pays vu les cours actuels et cela ouvre de nouvelles perspectives pour un secteur que l’on pensait banni. Le temps où le financement des énergies fossiles avait mauvaise presse semble révolu. Le nucléaire a lui aussi repris des couleurs. Et beaucoup ont pris conscience de l’importance de doper les investissements dans le renouvelable afin d’assurer la transition énergétique.
Du blé et des armes
Dans le domaine agricole, les États-Unis se voient bien devenir le nouveau grenier à blé du monde grâce au Midwest. Ce dernier est capable de compenser en partie la chute de la production ukrainienne. Même l’Inde a débloqué des quotas de blé qui seront exportés.
La violence de l’attaque russe a réveillé les consciences et de nombreux pays ont décidé de doper leurs dépenses militaires et en cybersécurité. Beaucoup d’entreprises actives dans ces secteurs en tireront parti. Ce qui est une bonne chose, car le monde a compris de la manière la plus tragique qu’en matière de sécurité, la naïveté n’était pas une bonne stratégie. Même l’Allemagne a débloqué 100 milliards d’euros pour renforcer sa défense et de nombreux autres pays suivent.
Longtemps considérée comme le centre de décision politique en Europe, l’Allemagne pourrait voir sa position bousculée.Sylviane Delcuve
Une Allemagne affaiblie ?
Longtemps considérée comme le centre de décision politique en Europe, l’Allemagne pourrait voir sa position bousculée dans le monde de demain. Il apparaît aujourd’hui que sa stratégie en matière énergétique était tout sauf prudente et collégiale. Berlin s’est assuré un approvisionnement bon marché en gaz russe. Mais les autorités allemandes ont négligé les risques que cette dépendance excessive faisait courir aux autres pays européens, qui ne bénéficient pas des mêmes arrangements.
Cela survient alors que de grandes décisions de politique monétaire devront être prises pour lutter contre la flambée inflationniste qui menace l’Europe. Les discussions entre États membres et au sein de la BCE pourraient ainsi prendre une tournure différente.