Sommaire
- Relance, emploi, consommation : la reprise s’annonce forte aux États-Unis
- Une embellie dont l’Europe devrait profiter à court terme
- À plus long terme, le bilan européen pourrait s’annoncer catastrophique
- Une éventuelle remontée des taux coûtera cher aux entreprises et aux États endettés
Aux États-Unis, l’administration Biden multiplie les plans de relance et le rythme de vaccination s’accélère encore. Le seuil de quatre millions de doses administrées quotidiennement vient d’être atteint. Et le retour à la vie normale s’organise : les Américains vaccinés recommencent par exemple à prendre l’avion… La confiance des consommateurs s’améliore. C’est un signal extrêmement fort, car la consommation représente pas moins de 66 % du produit intérieur brut (PIB) américain. D’excellents chiffres relatifs à l’emploi ont aussi été publiés pour le mois de mars. L’économie américaine a créé plus de 900.000 emplois sur un seul mois. La reprise s’annonce dès lors forte aux États-Unis et les Bourses en profitent
Et en Europe ?
Sur le plan de la vaccination, l’Europe reste à la traîne, mais la magie de la mondialisation nous permet heureusement de bénéficier des succès des autres ! La confiance des consommateurs s’est améliorée en mars et les prévisions de croissance ont été revues à la hausse par le FMI. Une embellie dont profitent les Bourses européennes. Pour le reste et à moyen terme, quel gâchis, quelle cacophonie, quelle gestion d’une crise qu’on nous dit pourtant « très grave et très sérieuse » ! L’Europe n’a pas agi comme si la crise était réellement majeure. Elle a négocié le prix des vaccins en marchand de tapis. D’autres, comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou Israël, avaient bien compris qu’il y avait une vraie urgence.
Pour le reste et à moyen terme, quel gâchis, quelle cacophonie, quelle gestion d’une crise qu’on nous dit pourtant « grave et sérieuse » !
Plans de relance
Même constat du côté des plans de relance. Les gouvernements européens et la Banque centrale européenne (BCE) font exactement le contraire des États-Unis. Le plan de relance européen démarre mal. Il suffit de voir la polémique née autour du financement des travaux du palais de justice de Bruxelles en Belgique. À l’opposé, Joe Biden a eu une idée de génie avec cette taxe minimum sur les entreprises dans le monde. Même si sa mise en œuvre doit encore être clarifiée, quelle belle idée pour régler la facture de la crise du coronavirus ! L’Europe va rester noyée dans les excédents de liquidités (qui atteignent 4.000 milliards d’euros) et sortira politiquement très affaiblie de cette crise.
Toute remontée des taux de ce côté-ci de l’Atlantique ne reposera pas sur des raisons objectives.Sylviane Delcuve
Hausse du dollar et des taux
Sur les marchés, le dollar s’est apprécié, ce qui risque d’avoir un impact négatif sur la situation des pays émergents endettés en billets verts. Ils pourraient être confrontés à des sorties massives de capitaux et peiner à rembourser leurs dettes. Par ailleurs, si les taux remontent aux États-Unis, ce sera pour de bonnes raisons, l’inflation étant soutenue par la croissance. En Europe, nous risquons de subir une hausse des taux selon le principe des vases communicants. Toute remontée des taux européens ne reposerait pas sur des raisons objectives de reprise économique. Ce n’est pas sain. Les conséquences seront douloureuses pour les entreprises endettées et les États dont la dette aura augmenté d’environ 20 % du PIB à cause du coronavirus.