Sommaire
- Deuxième économie mondiale, la Chine est la première émettrice de gaz à effet de serre
- La piètre gouvernance continue de freiner les progrès en matière de développement durable
- La pollution de l’air, l’accès à l’eau et la sécurité alimentaire sont les principaux défis
- Les énergies alternatives réduisent la dépendance au charbon et les émissions de CO2
- L’investisseur a doublement intérêt à intégrer les risques de durabilité en Chine
Au cours des dernières décennies, les pays émergents sont devenus des acteurs incontournables au niveau économique et financier. La Chine s’est même imposée comme la deuxième puissance mondiale.
Elle est aussi la première émettrice de gaz à effet de serre à cause du développement fulgurant de ses infrastructures et de son industrie. Depuis le début de ce siècle, l’usine du monde a vu son secteur tertiaire se développer fortement. Ce qui n’est pas sans conséquence. En 2010, la Chine concentrait plus de 40 % des décès liés à la pollution de l’air dans le monde. Les défis comme les risques sont colossaux. Deux bonnes raisons pour l’investisseur d’intégrer les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) quand il investit en Chine.
Gouvernance et pollution
Avant tout, la Chine a un important problème de gouvernance. La corruption lui coûterait chaque année 10 % de son PIB. De plus, les pouvoirs locaux et central concentrent les leviers de pouvoir. Cela freine les initiatives citoyennes ou les ONG et fragilise la lutte contre la corruption.
Il y a pourtant urgence. D’après une étude récente, la pollution de l’air aurait tué plus de 30 millions d’adultes chinois en 20 ans. Plus d’un sixième des terres arables sont pollués, ce qui menace l’autosuffisance alimentaire.
En termes d’objectifs, la Chine vise la neutralité carbone pour 2060. Sous pression, elle s’est aussi engagée à atteindre son pic d’émissions de carbone avant 2030. Ce qui correspond au scénario d’un réchauffement climatique de 2°C.
La Chine a un important problème de gouvernance, la corruption lui coûterait chaque année 10 % de son PIB.
Intensité carbone et approvisionnement en eau
Pour respecter ses engagements, la Chine devrait diminuer sa consommation de charbon de 96 %, le pays absorbant plus de la moitié de la production mondiale. Pour réduire son intensité carbone, le pays s’est doté d’un marché du CO2 et a développé les énergies alternatives. Récemment, la Chine est ainsi devenue le premier producteur d’énergie solaire et de véhicules électriques au monde. À ce niveau, son territoire riche en métaux rares lui donne une longueur d’avance.
Un deuxième défi majeur pour la Chine est l’approvisionnement en eau. Les principales ressources se situent dans le sud du pays alors que les mégalopoles se développent au nord, ce qui provoque des périodes de stress hydrique.
Certaines entreprises accusent un lourd passif au niveau des risques ESG.Caroline Palumbo
Progrès à soutenir et risques à éviter
Dans le classement de l’ONU relatif au développement durable, la Chine se situe à la 48e place sur 166 pays. Ses points forts sont les progrès dans la lutte contre la pauvreté, l’éducation, la protection de l’environnement ou la santé. Mais il reste beaucoup à faire.
Au niveau des investissements responsables, la demande a longtemps été soutenue par les particuliers. Mais depuis quelques années, les places financières exigent un effort de transparence de la part des entreprises. Certaines d’entre elles accusent un lourd passif au niveau des risques ESG. Les intégrer dans le choix des investissements apparaît indispensable. Pour réduire le niveau de risque de votre portefeuille et soutenir les acteurs les plus engagés dans la transition.