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L’impact boursier des scandales au cinéma
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19 JANV

L’impact boursier des scandales au cinéma

19-1-2023
Arne Maes – Senior Economist
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Rédigé le 18-1-2023 08:47
Publié le 19-1-2023 06:00
À leur sortie, les films sur les scandales d'entreprises font chuter les cours des sociétés concernées, même des années après l’éclatement au grand jour de l’affaire. Cet impact est-il persistant ?
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Les scandales d’entreprises, comme une catastrophe environnementale, un drame social ou une crise économique, sont généralement révélés par la presse ou la justice. Ce qui entraîne une chute des cours de Bourses des sociétés concernées. Mais qu’en est-il quand des films revisitent de tels scandales des années plus tard ?

Leur sortie entraîne une nouvelle baisse des cours même lorsque les faits sont déjà largement connus. Et plus le film fait d’entrées, plus la chute de l'action est importante. L'impact des films sur les scandales d'entreprises sur le futur rendement est ainsi fortement sous-estimé. Telle est la conclusion d’une récente étude de quatre chercheurs ayant examiné l'impact de 54 films de ce type sur le cours de Bourse.

L’effet Dark Waters

Le film Dark Waters est sorti fin 2019. Ce long métrage raconte l’histoire d’un avocat ayant dénoncé la pollution d’une petite ville des États-Unis par un grand groupe chimique. L'affaire ne faisait déjà plus l'actualité : le procès a débouché en 2005 sur un accord et le New York Times l’avait à nouveau abordé en 2016.

Avant la sortie du film, certains investisseurs se sont inquiétés de son impact en marge d’une conférence sur les résultats financiers. Mais les analystes étaient plutôt confiants : si le cours de Bourse devait en pâtir, cela ne serait que temporaire.

Pourtant, la semaine suivant la sortie en salle, les actions de la société en question ont chuté de 9,08%. Elles ont encore perdu 1,42% la semaine d’après et ont continué à baisser pendant des mois.
L'effet du cinéma est à cet égard plus puissant que d'autres médias, tels que la presse ou les livres.Arne Maes

Longues séquelles

Dark Waters n’est pas un cas unique. Le rendement anormal cumulé (rendement attribuable à un événement spécial tel que la sortie d'un film) dans les 30 jours suivant la première des 54 films étudiés était en moyenne de -5,86 %.

Plus le film était populaire, plus le cours des actions baissait. Un repli qui dépasse largement la simple correction passagère à une réaction exagérée. Même longtemps après la sortie des films, les cours des actions des entreprises concernées cotent en effet toujours sensiblement plus bas.

Ces films semblent ainsi convaincre des actionnaires que les entreprises concernées ont des normes morales répréhensibles et prennent de grands risques éthiques. Apparemment, l'effet du cinéma est à cet égard plus puissant que d'autres médias, tels que la presse ou les livres.

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