Alors que les taux d’intérêt à long terme remontent depuis quelques semaines aux États-Unis, les chiffres les plus récents traduisent un ralentissement assez franc de l’inflation quasi partout dans le monde. Y compris outre-Atlantique où les pires craintes circulent pour l’avenir. Les marchés redoutent un regain d’inflation dans le sillage de la majoration des droits de douane qui s’appliquent ou s’appliqueront aux importations américaines. Le géant de la distribution Walmart vient d’ailleurs de confirmer que les prix de ses articles allaient grimper. Et ce, même si l’accalmie qui se dessine dans les échanges entre les États-Unis et la Chine devait se confirmer.
Le chaos provoqué par les 100 premiers jours du second mandat de Donald Trump se fait sentir au niveau des taux longs.Sylviane Delcuve
En avril, l’inflation américaine s’est pourtant avérée moins élevée que prévu à seulement 2,3%. L’inflation dans les services a aussi baissé, ce qui indique que la Banque centrale américaine a bien fait son travail et que le choc provoqué par la flambée des prix en 2022 est totalement derrière nous.
Le chaos provoqué par les 100 premiers jours du second mandat de Donald Trump se fait toutefois sentir au niveau des marchés financiers et surtout au niveau des taux longs. Le taux de référence à 10 ans avoisine les 4,5%. Au niveau des tractations commerciales, les déclarations restent confuses à l’heure d’écrire ces lignes. Un accord ramenant les droits de douane à des niveaux moins pénalisants semble se dessiner entre Pékin et Washington. Mais il n’y a aucune certitude et l’inquiétude demeure. Ce dont tiennent compte les marchés au grand dam des finances publiques et de tous ceux qui doivent s’endetter.
La hausse des taux a surtout été marquée aux États-Unis, ce qui prouve que le problème vient uniquement des droits de douane. Les entreprises américaines exploitent d’ailleurs le marché de la dette européenne à un rythme record, attirées par la baisse des coûts d’emprunt et la possibilité de diversifier leurs sources de financement. L’appétit des investisseurs européens en obligations a permis aux entreprises non financières américaines d’emprunter 40 milliards d’euros depuis le début de cette année, contre seulement 30 milliards d’euros sur la période équivalente en 2024. La société mère de Google, Alphabet, le géant des télécommunications T-Mobile US et Pfizer font partie des entreprises ayant levé plusieurs milliards d’euros. Si le rythme d’émissions des entreprises américaines en Europe se maintient, le total annuel dépassera le précédent record de 88 milliards d’euros établi en 2019.
Il est évident que l’incertitude quant à l’ampleur et aux retombées des droits de douane du président américain a poussé de nombreuses entreprises à anticiper. Elles ont rapidement emprunté afin de mettre leur financement à l’abri au cas où un choc économique ferait grimper davantage encore le coût du crédit.
L’avenir paraît bien incertain et comme toujours, les entreprises s’adaptent !
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