Dans le cadre d’une récente étude américaine dédiée à l’impact des quotas de genre sur la représentation féminine, des chercheurs ont analysé 25 années de données portant sur de grandes entreprises européennes.
Depuis 2005, neuf pays ont instauré des quotas au niveau des conseils d’administration, jusqu’à la directive européenne de 2022. Dans ces pays, la part des femmes parmi les administrateurs non exécutifs des entreprises étudiées a fortement augmenté, mais leur présence au niveau des fonctions exécutives (comme CEO ou cadre dirigeant) ne s’est guère accrue.
L’introduction de quotas a entraîné une hausse moyenne de 20 points de pourcentage du nombre d’administratrices non exécutives au cours des six années suivant leur mise en place.
Les entreprises belges comptent en moyenne 41,7% de femmes parmi leurs dirigeants non exécutifs, un pourcentage supérieur à la moyenne européenne de 38,3%.Arne Maes
La Belgique, avec un quota relativement élevé instauré depuis 2011, a connu une évolution similaire. Le nombre d’administratrices non exécutives a fortement augmenté, mais les progrès au niveau des postes de direction sont très limités.
Dans notre pays, 65 entreprises ont participé à l’étude. Les entreprises belges comptent en moyenne 41,7% de femmes parmi leurs dirigeants non exécutifs, un pourcentage supérieur à la moyenne européenne de 38,3%. Cependant, la représentation féminine parmi les CEO (6,1 %) et d’autres fonctions de direction reste faible. Ainsi, en Belgique aussi, les quotas semblent atteindre leur objectif immédiat en renforçant la présence des femmes dans les conseils d’administration, mais leur impact au niveau des fonctions exécutives supérieures demeure marginal.
L’étude démontre ainsi que les quotas relatifs aux conseils d’administration ont un impact concret essentiellement sur les organes visés, mais pas sur la haute direction des entreprises. L’augmentation du nombre d’administratrices est par ailleurs aussi due à d’autres facteurs, tels que la pression exercée par les investisseurs.
Dans tous les cas, l’impact des quotas sur les directions exécutives reste négligeable, même quatorze ans après leur mise en place. La tendance observée en Belgique est comparable aux autres pays européens : la percée au niveau des conseils d’administration n’a pas permis d’améliorer significativement la représentation féminine dans les fonctions exécutives.
Cette constatation met en lumière que les quotas ne permettent de briser que le premier plafond de verre, sans résoudre le problème plus large des inégalités de genre dans les postes de direction.
Les quotas ne résolvent pas la sous-représentation féminine parmi les cadres dirigeants, même après quatorze années.Arne Maes
Les quotas sont efficaces pour accroître le nombre de femmes au sein des conseils d’administration, mais ils ne résolvent pas la sous-représentation féminine parmi les cadres dirigeants — même après quatorze années d’application. S’il veut faire la différence, le monde politique doit envisager des mesures complémentaires, ciblant spécifiquement l’accès aux postes exécutifs. Parmi les pistes possibles : l’instauration de quotas parmi les cadres dirigeants, la mise en place de programmes de mentorat ou encore des réformes structurelles au sein des entreprises. Car il apparaît clairement que les quotas d’administratrices ne suffisent pas à combler les inégalités de genre.
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