Sur les marchés de prédiction, les utilisateurs achètent des contrats liés à la réalisation d’un événement futur. Celles et ceux qui anticipent correctement son issue réalisent un gain, tandis que les autres perdent leur mise.
Le prix du marché n’est pas établi de manière centralisée, mais est déterminé par l’offre et la demande des participants. D’un point de vue technique, les pourcentages reflètent donc l’évaluation collective des utilisateurs. Ce concept a l’air intéressant mais en pratique, les plateformes de marchés prédictifs s’apparentent davantage à un pari qu’à un investissement pour l’utilisateur moyen. Le résultat ne dépend en effet pas du développement de la valeur d’un actif mais du déroulement d’un événement spécifique.
Des plateformes comme Polymarket et Kalshi permettent de miser sur le résultat d’élections politiques, de compétitions sportives, d’indicateurs économiques ou même sur la probabilité que Jésus va resusciter avant 2027.
Les marchés prédictifs semblaient plus fiables que les sondages traditionnels.Arne Maes
Sur Polymarket, plus de 3 milliards de dollars ont été misés sur le vainqueur des élections présidentielles américaines de 2024 : Donald Trump ou Kamala Harris. Les marchés prédictifs semblaient alors plus fiables que les sondages traditionnels. Ce succès a généré une vague de nouveaux contrats.
Polymarket est l’un des plus importants acteurs du secteur. La plateforme de prédiction était axée sur les événements politiques à son lancement mais a depuis fortement élargi son offre. En 2026, il est par exemple possible de parier sur la probabilité que la sortie du jeu vidéo GTA VI soit à nouveau reportée ou qu’un CEO connu soit licencié.
Les marchés prédictifs donnent également lieu à des controverses. Un utilisateur anonyme a récemment gagné 400.000 dollars en pariant sur le départ de Nicolás Maduro. Une suspicion de délit d’initié est vite apparue étant donné que le montant a été misé juste avant que les Américains arrêtent le président vénézuélien.
La croissance du volume des transactions attire des fournisseurs de liquidité professionnels qui battent quasi systématiquement les particuliers.Arne Maes
Sur les plateformes de jeu traditionnelles, le bookmaker cherche à équilibrer la cote des différentes issues afin de ne prendre lui-même aucun risque. Les marchés prédictifs fonctionnent différemment. Selon une étude académique, les teneurs de marché passifs ne peuvent pas rester neutres : ils absorbent les déséquilibres résiduels entre l’offre et la demande et restent exposés au résultat final jusqu’à l’issue du contrat. Leur rentabilité ne provient pas tant de la petite différence entre prix acheteur et prix vendeur que de la gestion dynamique des incertitudes des autres participants.
En outre, une enquête menée sur Polymarket montre qu’un volume de transactions plus conséquent attire des professionnels, qui battent de plus en plus régulièrement les particuliers, peu importe l’objet du pari.
Les chiffres donnent à réfléchir. Le risque de perte est très élevé. Environ 69% des comptes Polymarket enregistrent des pertes tandis que 1% des utilisateurs se partage 77% des gains. Plus de 100.000 comptes sur Polymarket perdent au moins 1.000 dollars, soit plus du double du nombre de comptes ayant gagné un montant équivalent. Sur Kalshi, un autre acteur important sur les marchés prédictifs, plus de 70% des utilisateurs enregistrent des pertes depuis novembre 2025.
Cela ne décourage pas les plus jeunes. Près d’un tiers des membres de la génération Z (32%) et un quart des Millennials (24%) disent être actifs sur ces plateformes de paris ou envisagent de l’être. L’explication est socio-économique. 80% des jeunes de la génération Z concernés se sentent à la traîne sur le plan financier et considèrent les marchés prédictifs comme un moyen plus rapide de se constituer un patrimoine que les méthodes traditionnelles, à tort.
Non, les marchés de prédiction sont illégaux dans notre pays. La commission des jeux de hasard les considère comme des jeux de hasard illégaux et a inscrit Polymarket sur liste noire début 2025. Les utilisateurs belges ne peuvent y faire de paris.
Début 2026, Polymarket et Kalshi dominaient le secteur, avec un volume de transactions cumulé de 60 milliards de dollars et des valorisations de respectivement 9 et 11 milliards de dollars.
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