Menu
La banque d'un monde qui change
Marge des entreprises belges: un constat à nuancer
Trends Suivre Suivre la catégorie
26 JANV

Marge des entreprises belges: un constat à nuancer

26-1-2023
Koen De Leus – Chief Economist
Koen De Leus Chief Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 25-1-2023 11:48
Publié le 26-1-2023 06:00
La marge des entreprises belges a atteint un niveau historiquement élevé. Cette moyenne masque toutefois les difficultés de nombreuses entreprises selon une étude de la Banque nationale de Belgique.
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer
Les indicateurs macro-économiques des entreprises belges sont au beau fixe. Au premier semestre 2022, elles ont même battu un record. Exprimé en pour cent de la valeur ajoutée, leur excédent brut d’exploitation a atteint un niveau historiquement élevé. Au cours du second semestre, cette marge bénéficiaire macro-économique a baissé, mais est restée à un niveau relativement élevé.

Pouvons-nous en conclure que toutes les entreprises réalisent des marges confortables et parviendront à faire face sans encombre à la hausse des salaires et des prix des matières premières ? La réalité est malheureusement beaucoup plus nuancée. La marge moyenne est gonflée par les plus grandes entreprises, le top 1%. Ensemble, elles représentent 56% de la valeur ajoutée totale. Malgré des indicateurs macroéconomiques favorables, au niveau microéconomique, nombre d’entreprises connaissent ainsi d’importantes difficultés.

Grandes différences

Même le taux de marge brute (excédent brut d'exploitation/chiffre d'affaires, calculé sur base du compte des résultats, voir illustration) de l’entreprise médiane masque d’importantes différences.
  • L’entreprise dite au P75 (les 25% des entreprises les plus profitables) a affiché une rentabilité soutenue en 2015-2019 et a amélioré son taux de marge brute jusqu’à 31,4% en 2021. Ce dernier a baissé à un niveau toujours confortable de 29,0% en 2022.
  • L’entreprise médiane affiche une marge brute moitié moindre.
  • L’entreprise au P25 doit se contenter d’une rentabilité encore bien plus faible. Ces dernières années, sa marge brute a été au mieux de 3,5% et a rechuté à 2,2% en 2022.

Constat à nuancer

Il ne faut donc pas mettre toutes les entreprises dans le même sac. Certaines entreprises ont un pouvoir de fixation des prix suffisant pour leur permettre de maintenir leurs marges élevées en répercutant les hausses de coûts sur les prix. Cependant, de nombreuses petites entreprises ne disposent pas d’une position de marché suffisamment forte. Elles réalisent des marges beaucoup plus faibles et ne parviennent pas à adapter leurs prix. Pour absorber la hausse des prix des matières premières et de l'énergie ainsi qu’une augmentation des salaires de 10%, elles doivent non pas couper dans le gras, mais tailler dans la chair.

La Belgique est un pays de PME. Celles-ci ont souvent de faibles marges et peu de pouvoir de fixation des prix. Affirmer que toutes les entreprises réalisent des marges monstrueuses revient à dire qu’une rivière a une profondeur moyenne d’un demi-mètre et que personne ne risque donc se noyer.
250123_graph_fr

Vous êtes client·e Priority Banking Exclusive, Private Banking ou Wealth Management ?

Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne et/ou à notre newsletter hebdomadaire.

Je m’abonne

Votre expert

Koen De Leus Chief Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire