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Préjugés des investisseurs: fondés ou pas?
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10 JANV

Préjugés des investisseurs: fondés ou pas?

10-1-2025
Arne Maes – Senior Economist
Arne Maes Senior Economist
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Rédigé le 7-1-2025 09:02
Publié le 10-1-2025 06:00
Des chercheurs ont étudié le bien-fondé de quelques préjugés sur l’immobilier, les actions, les obligations et les matières premières. Comportent-ils un fond de vérité ou non?
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Grâce aux avancées technologiques, il est de plus en plus facile d’analyser des données historiques, même si celles-ci demeurent imparfaites. Cela permet d’évaluer la véracité de nombreuses croyances et, si nécessaire, de les reléguer au rang de mythes.

Une étude récemment publiée est ainsi consacrée à certaines idées reçues sur les obligations, les actions, l’immobilier et les matières premières. Deux chercheurs de l’Université de Cambridge, en collaboration avec d’autres experts, se sont plongés dans une montagne de données pour clarifier une fois pour toutes la véracité de plusieurs préjugés courants en matière d’investissements, comme :
  • « Les actions ont signé des performances anormalement élevées au 20e siècle.»
  • « Le rendement de l’immobilier est comparable à celui des actions.»
  • « Investir dans les matières premières n’est pas une bonne idée sur le long terme.»

Actions vs obligations

Est-il correct d’affirmer que les actions ont affiché des rendements anormalement élevés au 20e siècle ? En chiffres, il a clairement été bien plus rentable d’investir en actions qu’en obligations au siècle dernier. Aux États-Unis, les actions ont généré un rendement supérieur de 5% à celui des obligations. Au 19e siècle, les actions avaient par contre affiché de moins bons résultats avec un écart de rendement par rapport aux obligations allant de -0,6% à +1,6%. Selon l’étude, « il est probable que les deux siècles aient été anormaux ». Les auteurs suggèrent ainsi qu’à l’avenir, la prime des actions devrait se situer quelque part entre le piètre 19e siècle et l’excellent 20e siècle.

Les données disponibles permettent d’affirmer que le rendement total de l’immobilier (résidentiel) est inférieur à ce qui est généralement supposé.Arne Maes

Immobilier vs actions

Le rendement à long terme de l’immobilier a déjà fait l’objet de nombreuses études. Ces dernières sont toutefois essentiellement basées sur l’évolution des prix des biens résidentiels. Le rendement net total, incluant les coûts et les revenus locatifs, est ainsi bien moins clair. Ces données sont pourtant indispensables pour comparer objectivement les rendements de l’immobilier et des actions sur le long terme.

Les chercheurs de l’Université de Cambridge épinglent tout particulièrement que :
  • les rendements nets de l’immobilier tiennent généralement trop peu compte des coûts d’entretien et d’amélioration ;
  • les analyses sont globalement centrées sur l’immobilier urbain ;
  • les performances à long terme des biens commerciaux, des terres agricoles et des infrastructures ont été insuffisamment étudiées.
Malgré ces lacunes, les données disponibles permettent d’affirmer que le rendement total de l’immobilier (résidentiel) est inférieur à ce qui est généralement supposé, et que, en moyenne, les actions sont plus rentables que l’immobilier.

Un portefeuille bien diversifié de matières premières peut tout à fait générer des rendements intéressants à long terme.Arne Maes

Matières premières

Selon nombre d’études, investir dans des matières premières individuelles n’est pas une stratégie gagnante à très long terme. Suivant les données empiriques, un portefeuille bien diversifié de contrats à terme sur des matières premières peut toutefois procurer un rendement supérieur aux placements de trésorerie à long terme, avec une prime de 3% à 4% par an. À noter que ce niveau de performance a pu être observé pour les différentes longues périodes analysées, à savoir les 50, 100 ou 150 dernières années. En résumé, un portefeuille bien diversifié de matières premières peut tout à fait générer des rendements intéressants à long terme.

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