Sommaire
- Il est typiquement humain d’agir et puis seulement de réfléchir
- Une (trop) belle histoire nous convainc davantage qu’une analyse rationnelle
- L’humain pense à court terme, a un comportement routinier et grégaire
- Le reconnaître et agir en conséquence est difficile, car il faut aller à contre-courant
Il n’y a pas si longtemps, les sociologues étaient persuadés que l’humain était rationnel. Le behaviorisme, soit le comportementalisme ou la finance comportementale en bon français, nous apprend que ce n’est pas le cas. Notre façon de penser pâtit de défauts systémiques qui nous poussent souvent à agir avant de réfléchir.
Les neurologues ont découvert que l’humain a deux systèmes de pensée. Le système C aborde les problèmes de manière logique et déductive. Mais cela exige un effort et du temps. Le système X réagit plus rapidement et de façon émotionnelle. Il traite les informations instinctivement. Il résout les problèmes en faisant des associations et des parallèles. Plus ancien et mieux développé, le système X est le choix par défaut.
Des faits ou de belles histoires ?
Sur le plan de l'évolution, cela s’explique assez facilement. Quand on chasse le mammouth ou qu’on doit éviter un serpent, on n’a pas le temps de penser logiquement. Il faut agir instinctivement.
Mais nous ne vivons plus à cette époque. Nous chassons essentiellement notre nourriture dans les supermarchés. Pourtant, nous agissons toujours principalement de manière instinctive et nous laissons davantage convaincre par une belle histoire plutôt que par une analyse fouillée.
C’est pourquoi les investisseurs préfèrent une action de croissance surévaluée avec une belle histoire concernant la croissance future plutôt qu’une ennuyeuse action décotée. Même si cette dernière devrait afficher un meilleur rendement à long terme selon les statistiques.
La perspective de gains à court terme libère de la dopamine, une substance qui nous fait nous sentir bien et à laquelle il est difficile de résister.Koen De Leus
Court ou long terme ?
Même en pleine pandémie, les parcs sont bondés dès que le soleil brille un peu. Comment l’expliquer ? Notamment parce que le plaisir à court terme (le soleil sur votre peau, la compagnie) l'emporte largement sur la perspective d’une bonne santé et d’une complète liberté à long terme. Ce phénomène agit aussi en Bourse. L’illusion de profits à court terme conduit les investisseurs à se précipiter sur des actions sans les analyser en profondeur.
La perspective de gains à court terme libère de la dopamine, une substance qui nous fait nous sentir bien et à laquelle il est difficile de résister.
Le comportement grégaire est aussi un phénomène très marqué. Il est très difficile d’aller à contre-courant même si notre raisonnement est plus rationnel.
Routinier
Les comportements routiniers sont ancrés en nous. Je vais toujours ouvrir ma porte d'entrée sans masque, mais se laver régulièrement les mains est déjà devenu une habitude.
Les habitudes sont souvent bonnes, mais parfois, nous allons trop loin. Beaucoup restent piégés dans des emplois ennuyeux. Nous accordons trop d’importance aux possessions. Les investisseurs restent accrochés à des positions en perte. Les analystes ont la mauvaise habitude de continuer à sous-estimer les bénéfices d'une entreprise qui a connu une réorganisation. Selon les psychologues, pour changer d’avis, un humain a besoin de deux à cinq confirmations du contraire. Dans ce cas aussi, il est préférable de rester rationnel et de se baser avant tout sur les faits.