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À quoi ressemblera l’après-coronavirus?
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7 MAI

À quoi ressemblera l’après-coronavirus?

7-5-2020
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
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Rédigé le 6-5-2020 13:05
Publié le 7-5-2020 04:05
Les conséquences économiques de la crise du coronavirus sont encore incalculables. L’injection massive de liquidités par les banques centrales, indispensable à court terme, nous ramène en arrière.
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Sommaire

  • Contraction de 8% de l’économie, envolée du déficit public, explosion du chômage...
  • Nul ne peut prédire quand ni sous quelle forme se produira la reprise
  • L’injection de liquidités risque de maintenir les taux à zéro et stimuler l’endettement
  • Le bilan n’est pas très positif non plus du point de vue de l’Union européenne
Les conséquences économiques de la crise du covid-19 sont encore incalculables. L’Europe devrait connaître une profonde récession avec une contraction de 8% de son économie. Le chômage explose. Les finances publiques dérapent avec un déficit attendu à 10% du PIB en Belgique en 2020. Jusqu’ici, le coût de la crise est évalué à au moins 10 milliards d’euros pour les dépenses publiques. Sans même parler des pertes de recettes fiscales (impôts…) et de pouvoir d’achat pour les citoyens. Et nul ne peut prédire quand ni sous quelle forme se produira la reprise. Tant que les écoles ne reprennent pas normalement et qu’on agite le spectre d’une deuxième vague de contamination, beaucoup vont rester chez eux. L’économie ne peut donc pas redémarrer.
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Injection massive de liquidités

La réaction des banques centrales a été très rapide. La Banque centrale européenne (BCE) a injecté des liquidités dans le circuit bancaire et rachète des titres émis pour financer l’endettement public. C’est un retour en arrière par rapport à ce qui avait été entrepris ces dernières années pour normaliser la situation. Le surplus de liquidités risque de maintenir longtemps les taux à zéro, ce qui fragilise la rentabilité des banques. Cela stimule aussi l’endettement des entreprises et se traduit par une forte diminution de la qualité moyenne des emprunteurs. Certaines banques centrales se disent prêtes à acheter des obligations dites pourries, ce qui était totalement exclu jusqu’il y a peu.
C’est un retour en arrière par rapport à ce qui avait été entrepris ces dernières années pour normaliser la situation.
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Pas de solution européenne

Le bilan n’est pas très positif non plus du point de vue de l’Union européenne. Elle se montre incapable de solidarité. Chaque pays y est allé de sa propre politique pour freiner l’épidémie. Et c’est à nouveau la cacophonie pour sortir du confinement qui tue les économies. La Commission européenne a promis 1.000 milliards d’euros, mais on ne sait toujours pas pour qui ni pour quoi. La piste des « coronabonds » semble peu réaliste au vu des déclarations des uns et des autres. Encore une fois, l’Europe ne parvient pas à s’accorder sur des solutions. Cela pose question alors qu’elle traverse sa quatrième crise en douze ans : crise financière en 2008, des dettes souveraines en 2011, des migrants en 2016 et du coronavirus en 2020.
La Commission européenne a promis 1.000 milliards d’euros, mais on ne sait toujours pas pour qui ni pour quoi.Sylviane Delcuve

Vers une prise de conscience citoyenne ?

L’Europe risque de tomber dans le piège japonais : taux d’intérêt nul, dette publique financée par les banques, impossibilité de sortir de ce cercle vicieux. Avec des conséquences en cascade si l’activité ne repart pas. Les banques ont d’ailleurs commencé à provisionner des montants gigantesques pour pouvoir faire face aux débiteurs défaillants. Y aura-t-il un « après-covid » dans le comportement des citoyens ? Ils seront sans doute plus nombreux à vouloir freiner la mondialisation, ralentir le tourisme de masse, réorienter les dépenses publiques vers des besoins essentiels... Une prise de conscience qui pourrait stimuler une reprise plus rapide pour peu que les citoyens soient entendus.

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