Sommaire
- Les chiffres élevés de l’inflation en novembre aux États-Unis ont surpris
- Des hausses de prix vertigineuses apparaissent à tous les niveaux de l’économie
- Des augmentations de salaire s’en suivront immanquablement
- Mais l’élément neuf, c’est que les prix des services commencent aussi à grimper
Les chiffres de l’inflation du mois de novembre aux États-Unis ont surpris. Elle a en effet atteint un plus haut depuis 40 ans à 6,88%. Il faut remonter à 1982 pour retrouver trace d’une telle flambée ! Ces chiffres montrent que les hausses de prix se répercutent à tous les niveaux et ne sont pas uniquement dues à des problèmes d’approvisionnement. Les prix des services flambent aussi. La publication de cet indicateur au centre de toutes les attentions chamboule complètement la situation. Il prouve que la machine s’emballe visiblement. Au point de contraindre la banque centrale américaine (Fed) à revoir sérieusement sa copie en matière de rythme de retrait de son soutien à l’économie.
Le consommateur final subit l’augmentation de l’indice des prix à la consommation qui a atteint en novembre un sommet de quasi 7% sur un an.
Hausses de prix en chaîne
Lorsque l’on décortique les chiffres pour analyser ce qui se passe à tous les étages du processus de production, c’est encore plus significatif. Le Bureau of Labor américain publie l’évolution des prix à quatre stades de la production industrielle. Ils correspondent aux étapes au cours desquelles les matières premières sont progressivement transformées en produits finis. À chaque stade, on observe des hausses de prix vertigineuses. Elles reflètent les problèmes de goulets d’étranglement qui caractérisent le monde actuel. Le consommateur final subit l’augmentation de l’indice des prix à la consommation (IPC) qui a atteint en novembre un sommet de quasi 7% sur un an.
Prix des services en hausse
C’est ce chiffre que tout le monde retiendra ! Mais le fait que les hausses de prix se répercutent aussi facilement à tous les stades de la production continuera d’attiser l’inflation. Des augmentations de salaire inévitables, au vu l’état du marché du travail dans de nombreux secteurs, accentueront prochainement ces pressions inflationnistes. Depuis le redémarrage des économies début 2021, il a surtout été question de goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement et de flambée des matières premières. Mais l’élément neuf auquel peu ont pensé, c’est que les prix des services commencent aussi à monter. Or, ils n’ont aucun lien avec la pénurie de semi-conducteurs ou les coûts de transport.
Le monde est devenu nettement plus inflationniste en 2021 et ce n’est sans doute qu’un début.Sylviane Delcuve
L’inflation est bien de retour
Les prestataires de services peuvent donc eux aussi augmenter leurs prix sans crainte de faire fuir le consommateur. Aux États-Unis, les prix à la production des services ont progressé de plus de 7% en un an. Conclusion : le monde est devenu nettement plus inflationniste en 2021 et ce n’est sans doute qu’un début. La Fed l’a bien compris, puisqu’elle communique de manière beaucoup plus ferme sur la réduction de son soutien à l’économie. Celui-ci se fera par le biais de retraits plus rapides de ses injections mensuelles dans le système financier. Les prochains chiffres d’inflation seront scrutés à la loupe, car la rapidité avec laquelle ils se normaliseront influencera forcément le sentiment des investisseurs en 2022.