Sommaire
- Les « coronabonds » sont le meilleur moyen de financer les dettes liées à l’épidémie
- Ces emprunts mutualisés seraient garantis par l’ensemble des pays de la zone euro
- Ces dettes plus sûres pourraient être financées à de meilleures conditions
- Les obligations corona permettraient de lever de 500 à 600 milliards d’euros
Les pays de la zone euro ont pris des mesures radicales pour limiter l’impact de l’épidémie de coronavirus. La BCE est intervenue massivement pour apaiser les marchés financiers. Mais à plus long terme, ces mesures ne suffiront pas. Les besoins sur le plan médical sont trop importants. Maintenir l’économie européenne à flot représente également un défi colossal.
De plus, il faudra injecter des capitaux pour relancer la production et la consommation quand l’épidémie sera sous contrôle. Individuellement, les États ne peuvent supporter tous ces coûts. Une réponse européenne collective est nécessaire afin de faire face à la hausse des déficits et des dettes publiques.
Les inconvénients du fonds de secours
En principe, les pays peuvent recourir au fonds de secours du Mécanisme européen de stabilité (MES). Cela comporte toutefois quelques inconvénients. Le MES dispose d’une capacité de prêts de 410 milliards d’euros. Cela signifie qu’il peut financer l’équivalent de 2% du PIB des États membres, ce qui est largement insuffisant pour contenir la crise.
Plus problématique encore, le recours au MES implique que les dettes sont à nouveau supportées individuellement par les États. Un pays comme l’Italie pourrait ainsi voir sa dette publique rapidement dépasser 150% de son PIB. Si des pays voient leurs dettes fortement augmenter, cela engendrera inévitablement une nouvelle crise dès que la BCE réduira ses soutiens.
Les dettes sont garanties par l’ensemble des États de la zone euro, ce qui les rend plus sûres.Koen De Leus
Les avantages des « coronabonds »
Les obligations corona sont une meilleure solution afin d’apporter une réponse ferme et crédible à une crise inédite. Elles permettent de mutualiser toutes les dettes liées à l’épidémie de coronavirus des États membres. Les dettes sont garanties par l’ensemble des États de la zone euro, ce qui les rend plus sûres. Elles peuvent donc être financées à de meilleures conditions. Cela soulagerait les pays avec un endettement public élevé comme l’Italie et le Portugal.
L’émission d’obligations mutualisées peut être rendue exceptionnelle et limitée aux dépenses visant à limiter l’impact économique de l’épidémie de coronavirus. Les « coronabonds » permettraient de lever de 500 à 600 milliards d’euros, voire plus.
Le temps presse
Les autorités européennes doivent se décider au cours des prochaines semaines sur la mise en place d’obligations corona. Plus le confinement dure, plus la relance coûtera cher afin d’inciter les ménages à de nouveau consommer et voyager. Par exemple en abaissant les impôts.
Évidemment, de nombreux détails techniques et désaccords politiques doivent encore être réglés. Mais une chose est sûre. Si la zone euro ne parvient pas à trouver une solution collective quand elle fait face à un ennemi commun, elle n’y arrivera jamais.