Sommaire
- La BCE se prépare à un ralentissement de la croissance ou une récession
- Dans l’environnement de taux actuel, les solutions deviennent plus complexes
- Les taux différenciés permettent aux banques de payer moins d’intérêts négatifs
- Cela leur offrirait un peu d’air et leur permettrait d’octroyer plus de crédits
- La BCE pourrait également reprendre ses rachats d’obligations
La bonne nouvelle est que la BCE dispose toujours de suffisamment d’instruments dans sa boîte à outils.
La Banque centrale européenne (BCE) peut-elle à nouveau remettre l’économie sur de bons rails si nécessaire ? La bonne nouvelle est qu’elle dispose toujours de suffisamment d’instruments dans sa boîte à outils. La mauvaise est qu’ils sont de plus en plus complexes.
Dans le
plan A détaillé dans un autre article, la BCE utilise des instruments relativement simples. Elle peut maintenir ses taux bas plus longtemps et procéder à de nouvelles opérations de financement à long terme (TLTRO). Si cela ne suffit pas, elle devra se tourner vers des instruments plus complexes : les taux différenciés (tiering) ou un nouveau programme d’assouplissement quantitatif.
Les taux différenciés
Toutes les banques européennes doivent conserver suffisamment de liquidités en réserve. Quand elles dépassent le minimum requis, on parle de réserves excédentaires. Ces liquidités sont déposées auprès de la BCE. En période de taux négatifs comme actuellement, les banques doivent donc payer la BCE.
Si la BCE applique des taux différenciés (tiering), elles ne devront plus payer d’intérêts sur leurs réserves obligatoires en compte courant. Mais bien pour leur facilité de dépôts (réserves excédentaires). Le tiering est déjà appliqué au Japon et en Suisse. Cette mesure offrirait un peu d’air aux banques qui pourraient octroyer plus de crédits. Elle peut toutefois être perçue comme le signal que les taux vont encore baisser, ce qui est négatif.
Un nouveau programme d’assouplissement quantitatif ne pourrait être lancé qu’après d’âpres discussions politiques.Koen De Leus
Assouplissement quantitatif 2.0
La BCE a stoppé ses rachats d’obligations. Mais rien ne l’empêche de lancer un nouveau programme d’assouplissement quantitatif. La part de chaque État dans le capital de la BCE détermine la répartition de ses achats d’obligations. De plus, elle ne peut racheter plus de 33 % des obligations d’un pays. Le manque de nouvelles émissions, notamment en Allemagne, a eu pour conséquence que la limite a été atteinte pour plusieurs pays.
Un nouvel assouplissement quantitatif pourrait être calqué sur la capitalisation de marché. La BCE rachèterait ainsi surtout des obligations des pays les plus endettés comme l’Italie.
Un tel programme ne pourrait toutefois être lancé qu’après d’âpres discussions politiques.