Les Bourses s’envolent depuis quelques mois, portées par les résultats extraordinaires de quelques géants américains et par l’espoir de baisses prochaines des taux d’intérêt. Le fait que l’inflation s’avère plus tenace que prévu (surtout dans les services) n’y change rien, même si cela a conduit à un report dans le temps des anticipations des premières baisses de taux. Le plus remarquable est que cela n’affecte en rien l’optimisme des Bourses, qui volent de record en record sur fond de détente des taux d’intérêt à long terme. Cette détente est d’ailleurs la plus belle preuve que personne n’est vraiment inquiet quant à l’issue de la bataille menée contre l’inflation.
Nous revenons de loin, après la flambée des prix qui a marqué le monde occidental dès la sortie de la pandémie de covid. Ce retour de l’inflation avait provoqué des resserrements inédits des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique. Non seulement les taux d’intérêt avaient été relevés à plus de 10 reprises, mais les banques centrales avaient accentué le mouvement en réduisant drastiquement leurs injections de liquidités. Aujourd’hui, beaucoup a été accompli sur ce plan puisque les bilans des banques centrales américaine et européenne sont revenus à leur niveau de mars 2021.
La politique monétaire a été au centre de l’attention ces derniers temps, mais la politique budgétaire, l’autre outil de pilotage économique, va revenir au premier plan très prochainement. La situation se présente différemment des deux côtés de l’Atlantique. Aux États-Unis, peu s’inquiètent véritablement du niveau de la dette ou du déficit, surtout en pleine année électorale. En Europe, c’est une tout autre histoire. La Commission européenne a commencé à scruter les chiffres des États membres. Elle veut s’assurer que chacun ramènera bien son déficit sous la barre des 3% selon un agenda précis, sanctions à l’appui.
Il est ainsi de plus en plus souvent question de durcissement de la politique budgétaire, car les déficits ont dérapé quasi partout depuis 2020. Plusieurs pays annoncent d’ailleurs des coupes dans leurs dépenses ainsi que des hausses d’impôts. Il s’agit d’un important changement de cap et il faut espérer qu’il ne sera pas perturbé par une politique monétaire qui resterait stricte trop longtemps. Cela pourrait en effet entraîner des dégâts regrettables sur le plan économique. Les marchés semblent en tout cas confiants. Espérons qu’ils ne se trompent pas.
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