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Transition énergétique: plaidoyer pour un choc rapide
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22 SEPT

Transition énergétique: plaidoyer pour un choc rapide

22-9-2022
Koen De Leus – Chief Economist
Koen De Leus Chief Economist
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Rédigé le 21-9-2022 13:39
Publié le 22-9-2022 06:39
Les mesures de soutien généralisées pour les ménages risquent d’avoir un effet pervers. L’Europe aurait tout intérêt à encaisser le choc à court terme et à viser l’indépendance énergétique.
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La Banque centrale européenne (BCE) a opéré un virage à 180 degrés ces derniers mois. Les généreuses mesures de relance ont été arrêtées et la BCE a commencé à durcir le ton et relever ses taux. Cette politique est diamétralement opposée au soutien massif que les gouvernements accordent aux citoyens. Comme entre 2010 et 2019, mais dans le sens inverse.

Comment en sommes-nous arrivés là, et quelles en sont les conséquences ? Les prix élevés de l'énergie et l'étroitesse du marché de l'emploi créent déjà une situation où la stagflation (inflation élevée et faible croissance) menace. Les banques centrales relèvent les taux d'intérêt pour freiner l'inflation et refroidir temporairement l'économie. Mais elles sont contrecarrées par les gouvernements qui adoptent des mesures de soutien généralisées pour compenser les prix élevés de l'énergie.

Effet pervers

Il est compréhensible que les gouvernements veuillent soutenir les ménages qui souffrent de la hausse des prix de l'énergie, mais aider tout le monde est contre-productif. Il serait plus logique de cibler les mesures en faveur des personnes aux revenus les plus faibles.

Si le gouvernement aide tout le monde, l'économie ne ralentira pas, car les ménages sont moins affectés par la hausse des prix de l'énergie. Ces mesures ne permettent pas non plus de réduire suffisamment la consommation d'énergie en l’absence de réelle incitation financière. Ainsi, l'inflation continue d'augmenter et la demande toujours élevée de gaz limite la baisse des prix.

À plus long terme, cela pèsera sur la croissance économique, car la BCE sera obligée de maintenir des taux élevés plus longtemps. De plus, ces mesures de soutien ne sont pas gratuites. Tôt ou tard, il faudra bien payer la facture laissée par ces aides sous la forme d’une dette publique gonflée par des dépenses accrues et des emprunts plus coûteux.

Crise prolongée

Si les gouvernements et les banques centrales continuent de tirer dans des sens contraires, la crise risque de jouer les prolongations. Un problème temporaire (prix élevés de l'énergie et forte inflation) déboucherait alors sur une crise de longue durée. Le déficit budgétaire et les taux restent élevés, ce qui renchérit le coût de la dette publique et nous expose. Tôt ou tard, les créanciers vautours se manifesteront et une crise de la dette nous menacera.

Nous n’en sommes évidemment pas (encore) là. Mais la hausse des écarts de taux entre États membres suggère que nous évoluons dans cette direction. Avec les élections en Italie fin septembre et ensuite en Autriche, combinées à la montée des partis populistes, le robinet des dépenses publiques risque de couler à flots.

Choc à court terme

Une autre solution est possible : encaisser le choc à court terme. La transition énergétique aurait de toute façon été coûteuse. Avant la guerre en Ukraine et l’envolée des prix du gaz, beaucoup supposaient que nous pourrions répartir ce coût sur une longue période.

La solution doit provenir d’un projet européen qui transcende les intérêts nationaux. Un projet qui sert l'intérêt général, avec un réseau électrique unifié et une transition accélérée vers l'indépendance énergétique. Cela nécessitera beaucoup d'investissements, ainsi que de la solidarité et l'abandon de tabous, comme garder les centrales nucléaires allemandes ouvertes plus longtemps ou redémarrer les gisements de gaz de Groningue aux Pays-Bas. Mais c'est bien mieux que de continuer à avancer à tâtons et de creuser des puits financiers sans fond.

Nous voyons déjà des signes encourageants ici et là, comme des mesures coordonnées pour réduire la consommation d'électricité aux heures de pointe. Mais une solution durable nécessitera des mesures beaucoup plus ambitieuses.
La solution doit provenir d’un projet européen qui sert l'intérêt général et nécessitera beaucoup d'investissements.

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