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23 MAI

Finances publiques sous haute surveillance

23-5-2024
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
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Rédigé le 22-5-2024 09:53
Publié le 23-5-2024 08:00
L’orthodoxie budgétaire est de retour dans l’UE. Les pays qui ne réduiraient pas leur déficit à moins de 3% du PIB sont menacés de sanctions. Aux États-Unis, la dette publique n’inquiète personne.
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La Commission européenne a réactivé les mécanismes de surveillance budgétaire visant à garantir le retour des déficits publics nationaux sous 3% du produit intérieur brut (PIB). Suspendues durant la pandémie, ces règles font leur retour dans un contexte tendu. Alors que les marchés guettent toujours le moment où les taux d’intérêt commenceront à baisser, il faut à présent tenir compte de la gestion des finances publiques. Un sujet qui était passé au second plan tant les dépenses publiques ont été sollicitées depuis 2020. D’abord pour éviter une récession lors de la crise sanitaire. Puis pour préserver le pouvoir d’achat durant la flambée des prix de l’énergie à la suite de l’invasion russe en Ukraine. Les taux bas qui prévalaient à l’époque ayant éclipsé les craintes liées aux déficits élevés.   

Onze pays de l’UE risquent une réprimande pour dépenses publiques excessives dès l’été prochain, dont la Belgique et la France.Sylviane Delcuve

Plusieurs pays menacés de sanctions

À y regarder de plus près, onze pays de l’UE risquent une réprimande pour dépenses publiques excessives dès l’été prochain. L’an dernier, ces pays ont enregistré des déficits budgétaires supérieurs au seuil de 3% du PIB autorisé. La Commission décidera en juin s’il y a lieu d’ouvrir des procédures dites de déficit excessif (PDE) dans chaque cas. Les pays concernés membres de la zone euro pourraient écoper d’amendes s’ils ne corrigent pas le tir, tandis que les pays n’appartenant pas à la zone euro risquent de voir leur réputation ternie. La France, l’Italie et la Belgique, dont les déficits dépassent les 3% et qui n’ont pas l’intention (ou la capacité) de revenir sous ce seuil au cours des prochaines années, sont presque assurées d’être sanctionnées. 

Avoir les moyens de ses ambitions

Aux États-Unis aussi, l’état des finances publiques s’est dégradé de façon spectaculaire alors que les promesses électorales fusent de toutes parts. Joe Biden veut alléger la fiscalité pour ménages à revenus modestes tout en maintenant les dépenses sociales à un niveau suffisamment généreux. Donald Trump promet de baisser la fiscalité pour les plus aisés et veut réduire les dépenses sociales. Difficile de savoir quel impact tout ceci aura sur la croissance économique et sur les comptes publics. Cela dit, peu s’inquiètent du niveau absolu du déficit ou de la dette outre-Atlantique. L’approche étant qu’il faut privilégier les mesures qui favorisent la croissance et l’emploi, ce qui permettra de réduire naturellement le déficit.

Le gouvernement allemand a décidé de piocher dans ses réserves pour développer une fiscalité plus attractive pour ceux qui travaillent plus.Sylviane Delcuve

Travailler plus pour gagner plus

Il est pourtant salutaire de disposer d’une marge budgétaire lorsque la conjoncture se dégrade. Le cas allemand est très intéressant. Confronté à de nombreux problèmes (hausse du prix de l’énergie, baisse du temps de travail, adaptation de l’industrie aux défis environnementaux, évolution démographique peu encourageante), le pays est tombé en récession en 2023 et les perspectives sont sombres. Pour sortir de l’ornière, le gouvernement a décidé de piocher dans ses réserves pour développer une fiscalité plus attractive pour ceux qui accepteront d’allonger leur carrière. « Travailler plus pour gagner plus » est la nouvelle politique à la mode en Allemagne... Comparativement, la Belgique est loin d’avoir une telle marge de manœuvre.

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