Ceux qui avaient pensé que Donald Trump se modérerait à l’approche des élections de mi-mandat de novembre en sont, d’entrée de jeu, pour leurs frais. Plus encore que l’année dernière, le président américain menace d’imposer sa loi du plus fort par la voie militaire. Et les taxes douanières sont également de retour sur le devant de la scène, pour autant qu’elles ne l’aient jamais quitté…
Ce qui n’a pas changé non plus, c’est la versatilité du président américain. La semaine dernière, la teneur de ses propos au sujet du Groenland changeait d’heure en heure. Les investisseurs qui s’étaient imaginé baser leurs décisions de placement sur l’évolution de ce dossier se sont donc retrouvés devant une mission impossible.
Et donc, les marchés des actions ont décidé de ne pas s’engager dans cette voie. Ils ont laissé entrevoir de la volatilité, certes, mais ils n’ont jamais cédé à la panique. Après trois semaines de ce régime, pour ainsi dire tous les indices d’actions cruciaux affichent des gains. Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant car en dehors de l’agitation géopolitique, le climat d’investissement semble plutôt positif. L’inflation est sous contrôle pour ainsi dire partout, et tant les autorités que les entreprises projettent des investissements d’envergure. Et, le plus important : les entreprises continuent à engranger des bénéfices croissants. Les bénéfices des entreprises américaines sont en hausse depuis déjà 6 trimestres consécutifs, et le dernier trimestre s’est même soldé par la croissance bénéficiaire la plus élevée des 3 dernières années.
Détail frappant : ces bénéfices ne proviennent plus exclusivement du secteur des technologies de l’information comme c’était le cas jusqu’il y a peu. Les entreprises extérieures à ce secteur font désormais elles aussi état de bénéfices de 10% supérieurs à ceux de l’année dernière, un signe qu’elles commencent également à profiter des gains de productivité que permet l’intelligence artificielle. A cet égard, il se pourrait que nous n’en soyons qu’au début d’un énorme revirement.
Ce contraste entre l’humeur du jour et les évolutions à long terme est encore amplifié par les médias. Dans leur quête insatiable de clics, ceux-ci ont en effet tendance à annoncer la moindre déclaration de Donald Trump comme une nouvelle fracassante. Les progrès lents, mais positifs, dans les domaines de la médecine, de l’intelligence artificielle ou encore des énergies renouvelables sont évidemment moins spectaculaires, mais pour investir sainement, il est préférable de se fier à ces tendances à long terme plutôt qu’à l’actualité...
L’année dernière, par exemple, l’Union européenne a pour la première fois obtenu davantage d’énergie à partir de sources solaires et éoliennes qu’à partir de combustibles fossiles. Il s’agit d’un processus qui s’étend sur de nombreuses années, mais qui n’en est pas moins irréversible. De quoi expliquer le mouvement de rattrapage que laissent entrevoir depuis plusieurs mois les actions de ces secteurs…
Tout cela pour dire que réorienter trop souvent ses placements en fonction des gros titres ronflants qui fusent de toutes parts sur Internet n’est pas toujours la meilleure solution. Répartir ses investissements entre plusieurs de ces tendances et attendre patiemment la fin de l’horizon de placement est souvent l’option la plus judicieuse.
Nous voici arrivés au dernier paragraphe de cette publication. Six années durant, je me suis fait une fois par mois votre guide au pays des placements. Mais devant le constat que tout évolue désormais beaucoup plus rapidement qu’autrefois, nous avons décidé d’abandonner la publication de ce Flash mensuel dans sa forme actuelle.
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