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24 FÉVR

Incertitude et financement des entreprises

24-2-2026
Arne Maes – Senior Economist
Arne Maes Senior Economist
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Rédigé le 23-2-2026 09:47
Publié le 24-2-2026 06:47
Face aux incertitudes géopolitiques et économiques persistantes, les entreprises sont moins enclines à s’endetter. Ce qui pèse sur la dynamique d’investissement et la stabilité de la zone euro.
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Quand la volatilité augmente sur les marchés financiers, les banques et les entreprises réagissent directement. Selon une étude récente, un climat boursier agité pèse tout particulièrement sur le crédit bancaire. Les entreprises sont moins enclines à solliciter de nouvelles lignes de crédit auprès de leur banque principale, surtout pour les prêts à court terme remboursables dans l’année, dont le volume diminue fortement.

Pour compenser, elles se tournent parfois vers les marchés obligataires et lèvent directement des fonds auprès des investisseurs. Mais l’impact de la baisse du financement bancaire demeure plus important. Cet effet peut se faire sentir jusqu’à 8 trimestres après le choc initial, montrant que les turbulences des marchés ont un impact durable sur l’économie réelle.

Incertitudes géopolitiques et économiques

Comme le montre le tableau, certaines sources de financement des entreprises sont plus sensibles à certaines formes d’incertitudes que d’autres. Les risques géopolitiques, tels que les conflits internationaux ou les tensions commerciales, touchent principalement le marché obligataire. Dans un tel environnement, les investisseurs exigent des rendements plus élevés et/ou se montrent plus prudents vis-à-vis de nouvelles émissions. Les banques continuent par contre de proposer des crédits aux entreprises malgré les tensions internationales.
Le flou autour de la fiscalité ou de la réglementation pèse sur la propension à s’endetter et sur l’appétit des investisseurs pour les obligations.
Lorsque l’incertitude découle d’une politique économique peu transparente, l’effet est plus large. Le flou autour de la fiscalité ou de la réglementation pèse à la fois sur la propension à s’endetter et sur l’appétit des investisseurs pour les obligations, poussant les entreprises à réduire globalement leurs besoins de financement.
L’incertitude pèse structurellement sur les investissements privés, quel que soit le mode de financement.

L’incertitude mondiale comme baromètre

L’indice mondial de l’incertitude (World Uncertainty Index), qui mesure la fréquence du mot « incertitude » dans les rapports économiques, offre également des enseignements intéressants. Lorsque cet indice atteint un pic, les grandes entreprises ont tendance à revoir leurs modes de financement, se tournant davantage vers les marchés obligataires. Cela traduit une réorientation de leur stratégie de financement, les entreprises privilégiant le recours direct aux marchés plutôt qu’aux banques.

L’impact net reste toutefois négatif : le volume total de dettes contractées par les entreprises diminue. Au final, l’incertitude pèse structurellement sur les investissements privés, quel que soit le mode de financement.
Pour les investisseurs, c’est un signal important : les entreprises se concentrent actuellement sur leur solidité financière.Arne Maes

Stratégie de financement défensive

Les niveaux élevés observés sur différents indicateurs mesurant le niveau d’incertitude suggèrent qu’un redressement marqué des crédits aux entreprises n’est pas encore à l’horizon. Les entreprises ne se contentent pas de réduire leur volume d’emprunts, elles ajustent également la durée de leurs dettes pour mieux répartir les risques. Cette réorganisation du bilan reflète une stratégie de financement défensive qui ralentit la croissance économique à court terme.

Pour les investisseurs, c’est un signal important : les entreprises se concentrent actuellement sur leur solidité financière plutôt que sur leur développement. Tant que le brouillard géopolitique et réglementaire persiste, les risques sur les marchés du crédit restent orientés à la baisse. Concrètement, il convient de rester prudent dans l’allocation des investissements, surtout vis-à-vis des secteurs très dépendants du financement externe pour se développer.

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