Sur le seul mois de février, les actions européennes ont enregistré des entrées de capitaux mensuelles record selon les données de l’EPFR (ETF et fonds communs de placement). À y regarder de plus près, les Bourses européennes ont bénéficié du désir des grands investisseurs de prendre leurs distances avec Wall Street et son immense secteur technologique, secoué par des inquiétudes d’une bulle potentielle dans l’intelligence artificielle (IA).
Le marché boursier européen offre une exposition différente, avec nettement moins de valeurs technologiques et une plus forte représentation des secteurs traditionnels.
Au niveau économique, si l’Allemagne continue de connaitre un rythme de croissance très faible, le pays est sorti de récession et une hausse récente des commandes d’usines a soutenu les marchés. Les perspectives liées au réarmement de l’Allemagne se propagent à toute l’industrie, ce qui redonne espoir pour la suite. La locomotive allemande 2.0 est peut-être enfin en marche !
Sur les marchés financiers, de nombreux signes montrent que les investisseurs mondiaux cherchent à éviter l’Amérique de Donald Trump. L’enthousiasme pour les actifs américains n’a pas complètement disparu, mais il a changé de nature. Il y a un an, tout le monde semblait convaincu que les promesses du nouveau président de déréguler l’économie feraient des merveilles au niveau de la croissance économique, dopant le dollar et soutenant les actions américaines.
À présent que nous sommes dans la deuxième année du mandat de Donald Trump, la donne semble avoir changé. Un bon moyen de s’en convaincre est de regarder les performances des marchés boursiers et surtout de comparer les États-Unis et l’Europe. Le S&P 500 américain fait grosso modo du surplace depuis le début de l’année 2026, à cause des inquiétudes relatives à l’IA, tandis que les marchés européens et asiatiques s’en sortent globalement très bien.
Dans ce contexte, il est notable que même lorsque la Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane ordonnés par Donald Trump, les marchés américains n’ont pas véritablement repris de couleur.
Dans le reste du monde par contre, l’humeur s’améliore, comme le montrent les chiffres relatifs aux entrées de fonds. L’Europe semble enfin pouvoir en profiter un peu. Les enquêtes économiques de la zone euro ne sont toujours pas brillantes, mais elles sont encourageantes. L’économie américaine, quant à elle, croît beaucoup plus lentement qu’escompté auparavant, au rythme annuel de 1,4% selon les dernières données publiées il y a quelques jours (26.02.2026).
La grande dépendance de Wall Street à la surperformance technologique a été essentielle au miracle boursier américain de la dernière décennie. Mais aujourd’hui, le secteur technologique piétine alors même que les données économiques sont moins bonnes outre-Atlantique et que le pays voit sa politique osciller d’une crise à l’autre. Les investisseurs votent avec leur portefeuille et l’Europe en profite.
Malgré cela, certains restent sceptiques quant à la capacité des actions européennes à générer une croissance bénéficiaire comparable à celle de Wall Street. L’avenir nous dira qui a raison car les turbulences sont nombreuses et imprévisibles.
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